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CHAPITRE IX

L'APOCALYPSE ET LES AUTRES LIVRES DU NOUVEAU TESTAMENT COMPARÉS SURTOUT AU POINT DE VUE DE L'ESCHATOLOGIE.

L'Apocalypse, jusqu'ici, ἃ été trop envisagée par les critiques comme un livre isolé dans le Nouveau Testament. Les études précédentes suffisent pourtant à montrer comme ce livre tient intimement à l’ensemble des enseignements du Christ et des Apôtres. Ce n’est pas, sans doute, un écrit destiné à l’enseignement doctrinal; il ne prétend qu’à exhorter et à fortifier les chrétiens en leur rappelant où Dieu les mène à travers les crises douloureuses de ce monde. Aussi n’apporte-t-il aucun enrichissement substantiel au Credo de l'Église primitive. Mais il suppose et confirme tout entière la dogmatique très développée des épitres pauliniennes; il présage déjà, par sa fameuse mention du « Verbe de Dieu », au chap. xx, la dernière expression qui sera donnée à la Christologie par le [75 Évangile. Dans le n° chapitre de cette Introduction, nous avons relevé les doctrines principales de Jean. Elles embrassent, très reconnaissables sous le va-et-vient des symboles, les principaux enseignements sur la Trinité, y compris la troisième Personne, sur l’Incarnation, la Divinité du Christ, la Rédemption, sur l’Angélologie, la prédestination, le règne de Dieu, la vie de la grâce, l'Eucharistie, l'Église, le Jugement, le Paradis et l'Enfer. Sans être donc, à proprement parler, un livre didactique, l'Apocalypse apporte le plus précieux témoignage, un témoignage à peu près universel, touchant les croyances de la chrétienté à la fin de l’âge apostolique.

Une assez nombreuse école de critiques ἃ reconnu, depuis une vingtaine d'années, l'importance qu'a l'étude de cette Révélation pour la connaissance des origines chrétiennes. Ils l'ont même exagérée, dans l'intérêt de leur philosophie religieuse, et essayé de démontrer, en analysant historiquement le caractère des symboles, que le sytème dogmatique qui transparaïît partout dans les visions johanniques, et qu'ils sont bien obligés de faire remonter au moins à saint Paul, n'était qu'une combinaison syncrétique du pur enseignement de Jésus avec les idées religieuses de l’hellénisme contemporain, dérivées elles-mêmes pour une grande part des vieux cultes orientaux. Gunkel, le premier coryphée de cette école « de l’histoire des religions » ou « des traditions », déclare nettement : « Le Christianisme est une religion syncrétique... La note vraiment caractéris-

tique, nous pouvons dire providentielle, dans le Christianisme, c’est qu'il a connu

son époque classique à cette heure importante pour l’histoire du monde, où il a passé de l'Orient en Grèce. Par là il tient à deux mondes... Destiné à être prêché à des peuples nombreux, il ne fut pas lui-même le produit d’un seul peuple, mais il est né de la grande histoire, très entremêlée, de beaucoup de peuples. — Le judaïsme (dit Bousset), fut la cornue où les divers éléments s’assemblèrent…

C'est là, disons nous avec Pfleiderer, la plus grandiose et plus solide apologie du APOCALYPSE DE SAINT JEAN, £

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