XCVIII INTRODUCTION
Christianisme que l'on puisse concevoir (sur le terrain historique). Car l'on voit que ce n'a pas été un hasard, si cette foi a vaincu le monde et introduit une nouvelle époque dans l’histoire de l'humanité, mais qu’en cela c’est une plus haute nécessité historique qui se manifeste. » Zum religionsgeschichtlichen Verständnis des Neuen Testaments, pp. 95-96, 1903). Bousser, qui a écrit un remarquable commentaire de notre Apocalypse se rallie aux mêmes idées en les mitigeant un peu. Les auteurs de cette école trouvent des points d'appui pour leur thèse dans l’histoire évangélique de l'Enfance du Christ, la doctrine sacramentelle et la christologie de Paul, ailleurs encore, mais principalement dans l'Apocalypse, parce que ce livre, en effet, ἃ visiblement puisé aux traditions orientales. Je n'ai pas besoin de dire au lecteur croyant comment cette apologétique-là doit être jugée. Mais j'en ai dit assez, au chapitre où nous étudiions les symboles apocalyptiques, pour faire comprendre que le rôle des traditions étrangères, d’ailleurs beaucoup plus restreint qu'on le prétend, a été purement matériel. Elles ont pu seulement fournir là un re vêtement d'images à des idées exclusivement chrétiennes. Nous le démontrerons en détail dans plusieurs chapitres du commentaire, notamment à la vision de la Femme et du Dragon, qui est capitale à ce point de vue. Du reste, n'oublions pas qu'en passant par la « cornue » du judaïsme, ces images avaient vu se volatiliser tout leur contenu religieux païen incompatible avec la révélation mosaïque. Justifier l'Apocalypse de toute accointance doctrinale avec le paganisme babylonien, parsi ou grec, c’est donc détruire le plus fort argument historique opposé aujourd’hui à la nouveauté et à la transcendance du Nouveau Testament pris en bloc.
Mais une étude comparée de l'Apocalypse et des autres écrits apostoliques se recommande à un tout autre point de vue à l'apologiste historien. Il ne s’agit plus de réfuter les conceptions subjectivistes de l'école « religionsgeschichtlich », mais d'étudier une des questions les plus brülantes et les plus obscures de nos origines religieuses, à savoir la croyance des Apôtres et des premiers chrétiens touchant l’eschatologie et la date du second Avènement du Christ.
L'ESCHATOLOGIE DE L'APOCALYPSE ET CELLE DES AUTRES ÉCRITS NÉOTESTA- MENTAIRES, DANS SA CONCEPTION GÉNÉRALE.
Ce qu'enseigne aujourd'hui l'Église touchant les fins dernières, c'était déjà la
croyance des premières générations chrétiennes. Mais bien plus présente à toutes les pensées et bien plus vivante dans tous les cœurs était alors l'idée du glorieux Avènement de Jésus-Christ, de la Parousie. Ce jour-là, tous l’attendaient avec une joyeuse ardeur qui éclate presque à chaque page des écrits apostoliques ou de ceux des premiers Pères. La critique, après avoir bien établi ce fait d’ailleurs indéniable, est allée beaucoup plus loin, et elle entend démontrer aussi que les disciples des Apôtres vivaient dans l’inébranlable conviction que la Parousie aurait lieu avant que leur génération ñe’fût disparue.
Cette prévision, que la marche de l'histoire aurait eu si vite fait de démentir,
est attribuée par une nombreuse école rationaliste à Notre-Seigneur lui-même; ᾿
En d ἢ En + D.
a % … DS
paroles du Sauveur étaient bien comprises comme un refus de déterminer l’année, le mois ou le jour exact, mais qu'on ne les Jugeait nullement contraires | à la certitude que la Parousie aurait lieu sans trop tarder. Nul n'ignore les ‘controverses suscitées par cette nouvelle théorie, controverses qui ne sem-