‹ L'ApocalypseChapitre 52 sur 239 · chapitre ΧΙ, et passim · texte numérisé non relu

chapitre ΧΙ, et passim

INTRODUCTION

révéler ni le jour ni l'heure. Il a prédit que la génération contemporaine verrait le « Règne de Dieu venu dans sa puissance », que Jérusalem serait détruite, mais que les guerres et les fléaux imminents n'étaient pas encore la consommation, seulement « le commencement des douleurs » (ὠδίνων). Il faudra, avant son retour, que le Règne de Dieu se développe, et que l'Évangile soit porté par toute la terre. Du temps qu’exigera ce processus, le Sauveur a refusé de rien dire.

Mais, à partir du discours de Pierre au chap. 11 des Actes, jusqu'aux épiîtres johanniques, on dirait, sur la première impression que donne la lecture, que, soit la Parousie elle-même, soit les ultimes signes précurseurs, sont envisagés par les écrivains sacrés dans un avenir assez immédiat. L'étendue et la variété des textes de saint Paul rend plus facile à déterminer chez lui la portée des expressions à tournure eschatologique. Commençons donc par une brève revue de ses Épîtres, qui nous permettra d'interpréter plus rapidement et plus sûrement les indications des autres écrits inspirés.

Paul a toujours eu, semble-t-il, la Parousie à l’horizon de sa pensée. Il l’a toujours invoquée parmi les plus puissants motifs de ses exhortations à la foi et aux vertus chrétiennes, quoique un peu moins souvent et clairement dans les Lettres de la première captivité. On ne peut dire qu’il y ait eu sur ce point aucun changement, ni même aucune évolution visible dans sa pensée. Depuis les épîtres aux Thessaloniciens jusqu’à la deuxième à Timothée, il ne cesse de faire des allusions au retour du Christ, qu’il a vu dans sa gloire au chemin de Damas. Il vit de l’attente de son triomphe entier et éclatant, et nulle idée n’est plus actuelle ni plus agissante dans l'esprit et le cœur du grand Apôtre. C'est par là qu’il fortifie ses disciples contre les tentations du dehors et du dedans, qu'il les encourage et les admoneste, qu'il se console lui-même, par la vue anticipée de la récompense qui l'attend «en ce jour-là », des difficultés et des tristesses de son labeur apostolique (1 Thess. 1, 3 suiv.; τι, 19:1 Cor. x, 8-9; var, 26; x, 11; xvi, 22 (marana tha!); Rom. xinr, 11-12; Philippiens, 1, 1,6, 9; 11, 12-16; 1v, 5; Eph. 1v, 30; Col. τι, 14; Ï Tém. vi, 143 IL Tém. 1, 12, 18: 1v, 1,8: Tüit, n, 13: Heb. x, 95, 37; et nous en émettonsi Si tel ou tel de ces passages peut 5 appliquer également au progrès du Règne du Christ sur la terre, il s’agit pourtant d’abord et principalement, en presque tous, du grand Jour où chacun recevra suivant ses œuvres, où le Christ sera tout en tous, où ses derniers ennemis, jusqu’à la Mort elle-même, seront écrasés à jamais.

Mais l’Apôtre était-il encore animé dans cette attente par la conviction que la Parousie aurait lieu de son vivant même, ou relativement peu de temps après sa mort ? |

Qu'il y eût des hommes qui dussent assister vivants à la Parousie, en sorte que leur corps serait seulement transformé, sans avoir besoin d'être ressuscité, c'est une part aujourd’hui indiscutée de son enseignement eschatologique (L Cor. xv, 51-53, avec la leçon certaine : πάντες où κοιμηθησόμεθα, πάντες δὲ ἀλλαγησόμεθα). Que ce sort lui parût enviable en soi, c’est ce qui résulte avec évidence de IT Cor. v, 1-10, où il exprime la répugnance naturelle à tout homme, et à luimême, devant la perspective d’être dépouillé de son corps; il était plus humain que les spiritualistes à la Platon (où θέλομεν ἐχδύσασθαι, ἀλλ᾽ ἐπενδύσασθαι, ἵνα καταποθῇ τὸ θνητὸν ὑπὸ τῆς ζωνῆς). Mais c’est là constater seulement un fait psychologique normal et général, et de ce seul passage il ne s'ensuit pas que l’Apôire ait regardé

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