‹ L'ApocalypseChapitre 58 sur 239 · LES AUTRES LIVRES DU NOUVEAU TESTAMENT. CXVII · texte numérisé non relu

LES AUTRES LIVRES DU NOUVEAU TESTAMENT. CXVII

plus éclatante à la « résurrection première » des mille ans, qui est la vie de ke grâce.

2° Cette conversion est présentée de telle manière qu “elle doit précéder l’apostasie des temps de l’Antéchrist.

Disons d'abord entre parenthèses qu’elle ne saurait avoir lieu qu'après le châtiment complet d'Israël infidèle, entrainant cette ruine du temple prédite par Notre-Seigneur. Saint Paul paraît faire allusion à cet événement 1 Thess. 11, 16, quand il déclare : « La colère (de Dieu) s’est hâtée, précipitée sur eux, jusqu’au terme » (ἔφθασεν δὲ ἐπ’ αὐτοὺς À ὀργὴ εἰς τέλος). Et s’il fait allusion à la ruine prédite, qu'il ne pouvait ignorer, alors dans quelque temps l’homme d'iniquité ne trouvera plus de « temple de Dieu » matériel pour s’y installer; ce temple de Il Thess. τι, 4, pourrait donc bien être aussi métaphorique que celui d'Apoc. xr. Mais nous faisons là une digression, d’ailleurs utile à notre sujet. Revenons au point principal.

Les temps de la manifestation de l’Antéchrist seront des temps d’apostasie (IT Thess. 111, 1). Qui dit d’un homme ou d’un peuple qu'il est apostat dit qu'il a d'abord été croyant. Il s’agit donc d’une apostasie des chrétiens. Ce n’est certainement pas alors, quand une grande partie du monde aura apostasié, ou sera en train de le faire, que l'exemple du salut des gentils pourra donner de l’émulation aux Juifs, et les stimuler à embrasser eux-mêmes la foi. Il faut donc croire que la conversion d'Israël aura lieu plutôt avant qu'après la manifestation de Τ᾿ « homme de péché », avant cette décadence qui lui permettra de se manifester.

3° Paul n'a pas cru ni espéré que la conversion d'Israël, comme peuple, aurait lieu de son vivant.

En effet, au milieu des sublimes efforts qu'il faisait pour sauver ses frères de race, qu ambitionnait-il comme résultat de son travail personnel en leur faveur? D’en sauver quelques-uns, τινας. « Je vous le dis, à vous Gentils : pour aussi longtemps que je suis apôtre des Gentils, je rendrai glorieux mon ministère, si (par là) en quelque manière (j'arrive à) exciter l'émulation de {ceux qui sont) ma chair, et à en sauver quelques-uns » (Rom. x1, 13-14), L'entrée en masse de son peuple, de « sa chair », dans l'Église ne pouvait donc lui apparaître que comme un fait qu’il préparait de loin, lui qui, dans la 2° Épitre aux Corinthiens, dans la lettre aux Philippiens, dans 1 Pastorales, a entrevu sa mort si droent.

4° Cette conversion des Juifs, en effet, doit être précédée de la conversion des nations (1). |

Israël a été aveuglé en partie, et cela doit durer « jusqu'à l'entrée de la pléni- tude des Gentils » (ἄχρι οὗ τὸ πλήρωμα τὼν ἐθνῶν εἰσέλθῃ, Rom. Χι, 25). Que faut-il entendre par cette « plénitude »? Certainement, pour parler ainsi, l’universaliste qu'était saint Paul ne pouvait pas songer uniquement aux peuples de l'empire, de l’oixouuévn romaine, les seuls que eussent entendu !l Évangile j jusque- -là. N'est-ce pas lui qui a dit, Col. πι, 11, qu'auprès de Dieu il n’y a ni Gentil ni Juif, πὶ Scythe, ni barbare? Et qu'est-ce que cette « entrée » dans l’ Église? Ce serait faire injure au grand Apôtre que de supposer qu'il se contentait de la perspective d’un christianisme professé superficiellement par quelques individus pris dans la généralité des peuples, ou qu'il eût appelé « entrée de la plénitude » le seul fait que

(1) Voir LAGRANGE, Épitre aux Romains, au ch. ΧΙ.

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