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CARACTÉRISTIQUES DE L'AUTEUR. XI

mais encore suffisant pour le faire concorde avec le reste du Nouveau Testa- “ ment en ses passages les plus clairs. Je réserve ici la question de savoir si les —. « 7 esprits de Dieu » du chapitre 1°", et les sept yeux de l'Agneau, esprits de Dieu « envoyés par toute la terre », au chap. v, sont l'Esprit personnel, septiforme, ou seulement l'ensemble des manifestations de la puissance de Dieu ad extra. Toujours est-il, comme je le démontrerai dans le Commentaire, qu'on ne peut s'y contenter de voir des Anges. Et, comme le salut et la bénédiction, au chap. re", sont donnés en leur nom non moins qu’en celui de Dieu et du Christ, je préfère, pour mon compte, y voir le Saint-Esprit personnel, qui paraît être encore symbolisé par 16 « Fleuve » de la Jérusalem céleste (xx). Mais la clausule de chacune des 7 lettres aux églises représente certainement l'Esprit comme un être personnel, égalé à Jésus, quoique distinct de Lui (ec ir et ΠΙ, passim). C’est l'Esprit qui fait les promesses, c’est lui qui unit sa voix à celle de l'Épouse du Christ, de l'Église, pour implorer la venue du Christ {c. xx, 17), comme, dans S. Paul, « il intercède pour nous par des gémissements inénarrables » (Rom. virr, 26). Quand même, en quelques passages, 1 « esprit », ainsi « l'esprit de prophétie » de χιχ, 10, ne serait, au sens immédiat, qu'une personnification de l'Esprit participé, de la grâce, cette personnification suggère pourtant elle-même l'existence d’une personne, cause de tous ces effets dont l'ensemble, par métonymie, est désigné du nom de leur auteur (Cf. LEBRE-

ΤΟΝ, Les Orig. du dogme de la Trinité; Swaere, The Holy Spirit in the New

Testament).

L'Apocalypse contient nécessairement une AxGéLoLocie; cette partie de la doctrine méritera d’être étudiée à part. Disons toujours que les Anges, pour Jean, sont des intermédiaires entre Dieu ou l’Agneau et l'humanité, comme dans l'Épitre aux Hébreux. Il en indique plusieurs catégories, qui jouent un rôle important dans son symbolisme; on retrouve là des noms et des symboles familiers aux derniers prophètes, et à la littérature apocalyptique en général. Mais l’auteur inspiré a beaucoup simplifié l’angélologie des Juifs de son temps, l’a dépouillée de son caractère fantastique et mythologique, et, si l’on fait abstraction de certaines déterminations qui sont de purs symboles, il ne propose con-

“ cernant les Anges que la doctrine la plus sobre et la plus haute : ils commandent aux éléments (χιν, 18; xvr, 5), ils exécutent les jugements de Dieu, offrent à Dieu les prières et les mérites des hommes, luttent contre les Anges mauvais, dont le chef est le Dragon. Tous sont bien inférieurs au Christ, et ne doivent pas recevoir un culte pareil au culte divin (x1x, 10; xxrr, 8-9).

Mentionnons encore, pour compléter ce tee doctrinal, les traces d'organisation ecclésiastique qui se révèlent si clairement dans les sept lettres du début, et le profond enseignement sur l'Église universelle contenu au chap. vir et aux ch. xx1-xxn; les ΘΝ symboliques à l'Eucharistie, dans les ch. 1x et πὶ, la protestation indiquée ci-dessus contre le culte abusif des Anges (cf. Ep. aux

. Colossiens), la réfutation d'hérésies désignées par les noms de Balaam, de Jézabel, de Nicolas. L'enseignement sur la vie future est important : admission des élus au ciel sans l’ « état intermédiaire » tel que l’entendent les Grecs (x1v, 3) ; résurrection des bons et des méchants, éternité des peines de l'enfer,

…. vision béatifique (χνι, 11; xx, 10, 13; xx1x, 4). [l est à remarquer que la loi juive,

m… et la lutte contre les Judaïsants, si âpre entre les années 50 et 60, sont des choses

PRE Pr OCR τον LE ἀν AE CC TEE εὐ von LIRE AA A IL FN

XII INTRODUCTION

oubliées, dont l’auteur ne fait même pas mention. Le péril intérieur actuel, c’est

le relâchement des mœurs, et les menaces de gnosticisme naissant.

Ces brèves indications suffisent à nous montrer sur quel terrain doctrinal se mouvait l’auteur. C’est, à peu de chose près, celui que nous avons appris à connaître par les derniers écrits de saint Paul, adressés aussi à l’Anatolie, et la doctrine concorde absolument avec celle du grand Apôtre, si même elle ne la développe pas.

Voilà ce que nous pouvons de premier abord déterminer sur l'auteur de l'Apocalypse, son caractère et son autorité, sa culture et sa doctrine. Nous ne faisons pas encore appel à la tradition pour identifier ce grand Prophète. Notons toutefois que rien dans ce que nous avons relevé, ne peut nous détourner de le reconnaître comme l’apôtre Jean, fils de Zébédée, tel qu'il nous est connu par l’Évangile et la tradition ecclésiastique; beaucoup de traits, au contraire, favorisent cette identification.

Ce n'est de même qu'après avoir étudié les témoignages de la tradition que nous pourrons déterminer dans quelles conditions, et à quelle date, le prophète Jean se trouvait dans l'île de Patmos. Nous pouvons seulement affirmer, contre

Bousset, qu’il y était en exil. Cette île, qui se trouve dans le groupe des Spo-

rades, sur le chemin d'Éphèse à Rome, à peu près en face de Milet, a pu servir, comme d'autres du même groupe, de lieu de déportation ; et Jean nous dit clairement qu'il était là « à cause de la parole de Dieu, et du témoignage de Jésus- Christ » (Apoc. 1, 9). Il était donc déjà victime de cette persécution, bientôt sanglante, en face de laquelle la Révélation devait ranimer le courage des chrétiens d'Asie.

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