‹ L'ApocalypseChapitre 66 sur 239 · CXXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXXXVI INTRODUCTION

que dans une inscription nubienne du vi° siècle de notre ère; on trouve ἀφίομεν.

dans Luc, xv, 4. (Voir Moulton-Milligan les nombreuses formes irrégulières de ce verbe dans le N. T).

Les formes de la 3° personne plurielle de l’aoriste, en -«v, s'étaient, dans la période alexandrine, introduites en d’autres temps. On a, à l’imparfait, ἠξίουσαν pour ἠξίουν dans une inscription de Magnésie du n° siècle avant J.-C., et, dans le IVe Evangile, xv, 22, εἴχοσαν pour eïyov. Thumb (Die grieschische Sprache im Zeitalter des Hellenismus, 1901) remarque, malgré Sextus Empiricus, que la terminaison -αν pour -ἄσι, au parfait, n'était pas seulement alexandrine, mais

qu'on la trouve en Crète, en Laconie, en Asie Mineure. Mayser (Grammatik der

grieschischen Papyri aus der Ptolemäerzeit, pp. 323-324) en donne de nombreux

exemples pour les n°-1°" siècles avant notre ère, à côté de formes régulières en

-aot. La même indécision se montre chez Jean. Il écrit régulièrement ἑστήχασι, ὙΠ], 2; mais εἴρηκαν, XIX, 3, et yéyovav (non γέγονα, qui n'aurait pas de sens, contre von Soden), xx1, 6; πέπωχαν, xvint, 3. (Cfr, Luc 1x, 36; Act, χνι, 36; Rom. xvi, 7; Col. τι, 1). On trouve même l’imparfait εἴχαν pour etyov, ch. 1x, 8, attesté par A et Ν; seuls B Weiss et von Soden le rejettent; Westcott-Hort l'admettent encore au verset suivant.

La 2° personne singulier du parfait reçoit des formes en -ες au lieu de -«c : χεχοπίαχες, 11, 8; πέπτωχες, 11, D (?); εἴληφες x1, 17. 11, 4, on trouve l’aoriste ἀφῆχες pour ἀφῆκας, d'après N et C. Bousset ne décide pas s’il faut attribuer ces irrégularités à l’auteur ou aux copistes; Moulton admet que cette forme, qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans un écrit littéraire (excepté Mat. x1, 25 dans D, et Act. xx1, 22 dans B), peut être authentique, et serait un bon signe de l’imparfaite connaissance que notre auteur avait du grec. Mayser, du reste (p. 321), signale une fois cette forme chez l’orateur classique Hypéride, et relève dans la syntaxe d’Apollonius d'Alexandrie (n° siècle av. J.-C.) le témoignage des formes εἴρηχες, ἔγραφες, γραψέτω, Les exemples s'en rencontrent surtout hors de l'Egypte et à l'époque romaine.

Un bon nombre de manuscrits, entre autres l’Alexandrinus, qui inspire généralement confiance, donnent plusieurs formes d’aoriste 2 en -«, au lieu de -ov, comme, dans le grec classique, on avait à la fois εἶπον, et εἶπας à la 2° personne, ἤνεγχον et fveyxac; ainsi : ἀπῆλθα, x, 9; χι, 4; (?) ἴδα (pour εἶδα), xvnr, 3, d'après ἃ et Hippolyte; εἶδα encore xvir, 6, d'après N et À, admis de Weymouth et de Tischendorf, Enfin, dans C, se lit le très douteux ἔβαλαν pour ἔβαλον, xvinr, 19. L'aoriste poétique ἔπεσα est employé partout d'après les meilleurs manuscrits, ΧΗ, 8; XIX, ἡ et 10; χι, 16; var, 11; v, 14; vi, 13 1, 17, excepté vi, 16, où l'on

trouve l’impératif nécere; mais W-H. et Bernhard Weiss (1) veulent πέσατε.

Pour en finir, mentionnons les contractions νικοῦντι et νιχοῦντας, 11, 7, 17; xv, 2, qui supposeraient une forme dorienne ou ionienne vxéw pour νικάω, dans À et dans C. Enfin l'extraordinaire aoriste subjonctif δώσωσιν de χιν, 9, que Schmiedel veut

admettre d’après 10 manuscrits, dont Ν et Ὁ, et qui viendrait du barbarisme

ἔδωσα pour ἔδωκα. Mayser, qui constate, dès l'époque ptolémaïque, la disparition de l’aoriste fort pour faire place à des formes en -5x, n'apporte aucun exemple du même fait pour les aoristes 1 en -xx ; mais on trouve ἔδωσα à l'époque impériale.

(1) Dans sa 15 édition de Das Neue Testament.

(ainsi que ἔθησα, dpñox), et il a passé en grec moderne (Weillet, op. laud. p. 316). Ces dernières irrégularités sont douteuses, mais non impossibles à admettre,

B. L'Article.

Jean aime à accumuler les articles. Il est cependant des cas où 115 font défaut là où on pourrait les attendre.

C'est ainsi qu'ils manquent de temps à autre devant les noms suivis d’un génitif; plusieurs grammairiens veulent voir dans ce fait la trace d’un « état construit » sémitique (vid. énfra). Il n’y en a pas devant les noms propres, même indéclinables et à des cas obliques, comme ᾿Ισραήλ (excepté τῷ Βάλαχ, 11, 14 et ὃ Μιχαήλ, χιι, 7; xx, 6 τὸν Γώγ). Si on trouve toujours l’article devant Σατανᾶς, c'est sans doute que « Satan » est ici un nom commun, |” « Adversaire », l’ « Opposant » par excellence. Généralement il manque devant χύριος, employé seul, ou dans l'expression « χύριος ὃ Θεός ». Il manque aussi dans certaines expressions comme ἄχρι θανάτου, εἰς φυλακήν, 11, 10, εἰς πόλεμον, 1x, 7, 9, etc., sept ou neuf en tout, sans que d’ailleurs l’usage soit constant; et, sans raisons assignables, devant ἀγγέλων, χιν, 10; devant αἰῶνας, χιν, 11; αἵμα ἁγίων, xvr, 16, σάρχας βασιλέων χτλ. χιχ, 18, etc. Mais le plus remarquable, c'est son absence devant les infinitifs employés dans un sens consécutif, final, ou explicatif. Cet usage, si grec, et très répandu dans le N.T. (surtout dans Luc, mais encore ailleurs), paraît ignoré de Jean. Un seul passage, et encore très difficile à traduire, au ch. x11, 7 : Καὶ ἐγένετο πόλεμος ἐν τῷ οὐρανῷ, ὁ Μιχαήλ καὶ οἱ ἄγγελοι αὐτοῦ τοῦ πολεμῆσαι μετὰ τοῦ δράχοντος, présente un infinitif avec l’article, au génitif; c’est, pensons-nous avec Moulton, un infinitif épexégétique, qu'il faut rattacher à πόλεμος qu'il explique (Cf. Rom. 1, 24 : παρέδωχεν αὐτοῦς ὃ θεὸς.... εἰς ἀκαθαρσίαν τοῦ ἀτιμάζεσθαι τὰ σώματα αὐτῶν ἐν αὐτοῖς). Je traduirai : « Et il y eut guerre au ciel — Michel et ses anges — (nominatif détaché du contexte, comme une sorte de parenthèse, irrégularité qu'on trouve ailleurs dans l’Apocalypse, p. infra), en sorte qu'ils guerroyèrent avec le dragon. » Partout ailleurs, l’infinitif consécutif ou final demeure sans article. Le cas est assez fréquent, mais beaucoup moins que les propositions à verbe fini commençant par ἵνα (vid. infra). — À part ces anomalies, nous pouvons croire que l’omission de l’article est toujours justifiée et intentionnelle.

Sa fréquence exagérée est du reste beaucoup plus remarquable que ces omissions. C’est ainsi qu’il se rencontre presque immanquablement devant des mots qui pourraient s'en passer, comme γῆ, θάλασσα, ἥλιος (exc. vir, 7; xiv, 7 et xx11, δ). Il précède des nominatifs mis à la place de vocatifs. Un des usages les plus constants de l’Apocalypse est de répéter l’article, en certains cas jusqu’à deux et trois fois, devant l’adjectif, le participe, ou la locution prépositionnelle

… qui suit un nom déterminé lui-même par l’article. Dans le grec ordinaire, … cette manière de parler était fréquente, mais toujours intentionnelle, et destinée

à attirer l'attention sur l'adjectif. Il semble, au contraire, que Jean, la plupart

du temps, en use d'une manière mécanique, à moins qu'il ne veuille par là

donner plus de solennité à son style; au ch. vi, par exemple, il mêlera très indifféremment τὴν σφραγῖδα τὴν δευτέραν,.. etc., jusqu'à τὴν τετάρτην, à τὴν πέμπτην σφραγῖδα... Il met encore parfois l’article, sans visible nécessité, devant le sub-

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