LANGUE DE L’APOCALYPSE, | CLI
Luc (et de Matthieu) : (1, 3; ἘΠ 13; xvr, 15; x1x, 9; xx, δ: xxir, 7, 14), — De même sept (ou huit) doxologies.
᾿ τηρεῖν, au sens d’obserper, pratiquer (λόγον, λόγους, ἔργα, γεγραμμένα, ἐντολάς) (1, 3; π, 26; nt, 8, 8, 10; χιι, 17; χιν, 12; χχιι, 7, 9); au sens de conserver (nr, 10; xvI, 15).
ἦλθεν ἡ ἡμέρα (dpyn, ὥρα) (νι, 17; χι, 183 χιν, 7, 15: xvunr, 10; χιχ, 7).
βρονταὶ φωναὶ ἀστραπαὶ (σεισμός) (τν, 5; vi, 5; χι, 19; xvr, 18).
πηγαὶ ὁδάτων (νι, 17 : ζωῆς π. δι; vint, 10; χιν, 7; χνι, 4; cfr. χχι, 6 : τῆς πηγῆς τοῦ ὕδατος τὴς ζωῆς; XXII, À : ποταμὸν ὕδατος Co; Χχι!, 17 : ὕδωρ ζωῆς)
ὁ ὧν na ὃ ἦν (καὶ ὁ ἐρχόμενος) (1, 4, 8; 1V, 8; χι, 17; χνι, 5).
οὐρανός, V7, ὑποχάτω τῆς γῆς (ν, 3, 13; οἷν. x, 6 : τὸν οὐρανὸν καὶ τὰ ἐν αὐτῷ χαὶ τὴν γὴν καὶ τὰ... καὶ τὴν θάλασσαν χαὶ τὰ,...; XIV, 7 : τὸν οὐρανὸν καὶ τὴν γὴν καὶ θάλασσαν καὶ πηγὰς ὑδάτων) ; |
enfin des énumérations de classes d'hommes très similaires, où il faut surtout remarquer μιχροὶ καὶ μεγάλοι (νι, 153; χι, 18; χπι, 16; χιχ, 5, 18; xx, 12) — προφῆται-ἅγιοι (χι, 18; χνι, G; xvir, 24; cfr. χυπι, 20 : οὐρανὲ καὶ of ἅγιοι καὶ οἱ ἀπόστολοι οἵ προφῆται).
D'autres expressions, plus rares, sont caractéristiques de certaines parties, dans lesquelles se trouvent d’ailleurs nombre des expressions ci-dessus. Ainsi
ὃ μάρτυς ὃ πιστός dans les lettres (1, 5; 11, 13; 11, 14);
περιβάλλειν (-εσθαι) στόλας λευχάς, ἱμάτια λευκά, ἐν fu. λευχοῖς (passim. de 1 à vi);
οἶνος τοῦ θυμοῦ τῆς ὀργῆς (τῆς πορνείας) (χιν, 8, 10; χνι, 19; ΧΥΙΙ, 2; ΧΥ͂ΠΙ, 3; XIX, 15), dans la 2° section de la partie prophétique.
ἐκ τοῦ οὐρανοῦ ἀπὸ τοῦ θεοῦ (xx, 9; ΧΧΙ, 2, 10; mais aussi une ὡ- dans les Lettres, nt, 12).
λίμνη τοῦ πυρός (καί θείου) (xix-xx1, 6 fois).
2° Parmi les formules de transition, extrêmement peu variées, la plus fréquente est μετὰ ταῦτα εἶδον (1v, 1; var, 1, 9; xv, 5; xvitr, 1; xix, 1:) ou bien xal εἶδον xat ἰδοὺ (vr, ter; vir, 9 : μετὰ ταῦτα εἶδον xal ἰδού; x1v, 1,-14); ou bien καὶ εἶδον et χαὶ ἰδού (passim.). 11 en résulte, ainsi que de la pauvreté des particules de relation entre les propositions, de l’absence absolue de périodes, de la continuelle parataxe avec xai, un certain caractère de monotonie et de mécanisme qui s'étend à tout le livre, et que l'écrivain n'a sans doute pu éviter, à cause de sa connaissance toute populaire du grec.
3° Cette impression est aggravée par la répétition continuelle des mêmes mots, ainsi, assez souvent, celle des articles et des prépositions devant plusieurs substantifs coordonnés, ou même du perbum regens devant plusieurs génitifs ou expressions qui le déterminent. De même par les répétitions, souvent peu significatives, de l’article devant les épithètes ou les participes (vid. supra). Il est vrai que l’auteur a bien plus visé à la solennité qu'il n’a fui la redondance; aucun souci de concision n'apparait dans son ouvrage.
4° Il n’est pas besoin de revenir sur ce que nous avons longuement expliqué à propos de la symétrie imposée aux idées d’un bout à l’autre de la Révélation. Notons seulement quelques traits de parallélisme, secondaires, qui ont parfois encore une couleur hébraïque. Toutes les séries septénaires, lettres, sceaux, trompettes, coupes, ont des formules identiquement construites au commencement — et à la fin, pour les Lettres, — de chacun de leurs sept membres : Καὶ
CLII INTRODUCTION
τῷ ἀγγέλῳ... γράψον : rade λέγει 6... Ὃ νικῶν (τῷ νιχῶντι).... (δώσω αὐτῷ.....) Ὁ ἔχων οὖς ἀκουσάτω τί τὸ πνεῦμα λέγει ταῖς ᾿εχχλησίαις — [Ὅτε ἤνοιξεν τὸ ἀρνίον) ; καὶ ὅτε ἤνοιξεν...., --- Καὶ ὃ πρῶτος (6 δεύτερος ἄγγελος, etc.) ἐσάλπισεν --- (Kai ἀπῆλθεν ὃ πρῶτος καὶ ébéyeev..); χαὶ ὃ δεύτερος, etc... 6 ἕβδομος ἐξέχεεν : Charles veut reconnaître une division en stances de trois ou quatre lignes dans la description céleste 1v, 2-8. Le parallélisme est encore beaucoup plus marqué pour l'apparition des quatre Cavaliers à la rupture des quatre premiers sceaux. Enfin, il arrive cà et là que la même idée est exprimée deux fois coup sur coup, sous une forme positive et une forme négative, comme dans les Psaumes (Ex : 111, 16; x, 4.) — Le parallélisme du reste, au moins entre les idées et les figures, est comme une loi de ce style, nous l'avons expliqué.
5° Nous avons noté aussi la singulière instabilité de certaines images, et cherché à en découvrir la raison (chapitre vi de cette Introduction). Jean luimême (comme d’autres Apocalyptiques) semble vouloir insinuer le manque d'adéquation qu'il reconnaissait entre cette imagerie et ce qu’il avait véritablement éprouvé dans ses visions, en multipliant la conjonction ὡς, comme, laquelle, au moins une quinzaine, de fois, n'indique pas une pure comparaison, mais plutôt une approximation (ν. Commentaire).
6° Dans l'usage des temps, on ἃ remarqué la fluctuation que les visions présentent entre le présent, le futur, et l’aoriste (ou parfait). À notre avis, ce n'est pas une négligence de style, ni l'effet du manque de familiarité avec la langue grecque; c'est le mouvement de la pensée, extrêmement rapide et vivante, qui explique tout. Voici un spécimen très caractéristique, au chapitre χι. 1] s’agit de la vision des Deux Témoins. Jésus, qui a commandé à son prophète de mesurer le Temple, lui décrit leur venue et leur action; les lui fait-il percevoir par des images visuelles? Le texte ne le dit pas expressément « 2-13. Il ἃ été donné (ἐδόθη) aux nations (le parvis extérieur); et la ville sainte, elles (la) fouleront aux pieds (πατήσουτιν) quarante-deux mois. Et je donnerai à mes deux Témoins (sic), et ils prophétiseront (προφητεύσουσιν) douze cent soixante jours (— 42 mois)... Ceux-là sont les deux oliviers et les deux flambeaux..…. Et si quelqu'un veut leur nuire, du feu sort (ἐχπορεύεται) de leur bouche et dépore (κατεσθίει) leurs ennemis... Ceux-là ont (ἔχουσιν) 16 pouvoir de fermer le ciel... Et quand ils auront complété leur témoignage, la Bête qui monte de l'Abîme (ὃ ävafaivuy..) guerroiera avec eux (ποιήσει πόλεμον) et les paincra (νικήσει), et les tuera (ἀποχτενεῖ). Et leur cadavre (demeure, gît) sur la place de la grande ville... Et (ils) regardent (βλέπουσιν) (ceux) des peuples, et tribus, et langues et nations, leur cadavre trois jours et demi; et leurs cadavres ils ne permettent pas (οὐχ ἀφίουσιν) de (les) mettre au tombeau. Et ceux qui habitent sur la terre se réjouissent (χαίρουσιν) à propos d'eux, et ils s'enverront (πέμψουσιν) des cadeaux les ,uns aux autres, car ces deux prophètes tourmentèrent (ἐβασάνισαν) ceux qui habitent sur la terre. Et après les trois jours et demi, un esprit de vie (venant) de Dieu entra en eux (εἰσῆλθεν ἐν αὐτοῖς), et ils se éinrent debout (ἔστησαν) sur leurs pieds, et une grande crainte tomba (ἐπέπεσεν) sur ceux qui les considéraient. Et ils entendirent (ἤκουσαν) une grande voix... Et ils montèrent dans le ciel, et leurs ennemis les considérèrent (ἀνέβησαν, ἐθεώρησαν), etc. », plus rien que des aoristes.
Voici comme je pense qu'il faut expliquer ces apparentes anomalies. La pré-
diction des « Témoins », qui n'avait peut-être été d’abord qu'une communication intellectuelle, intercalée dans la vision imaginative de la mesure du Temple {versets 1-2), frappe assez vivement le Prophète pour devenir visible aux yeux de son corps ou de son esprit. Il voit le feu sortir de leur bouche, il les voit fermer le ciel, et, comprenant le sens clair de ce qui lui est ainsi révélé en figures, se rend compte que c'est une réalité présente et perpétuelle, la défense de l'Église par la prédication et les miracles. Il sait, d'autre part, que la perséculion aura raison, au moins pour un temps, de cette action extérieure; alors il parle au futur de la mort des témoins. Mais alors son esprit se transporte dans l'avenir (peut-être une vision se peint-elle même dans son imagination), il port, avec une actualité qui est celle de la vision, et non du fait figuré, ces cadavres abandonnés et insultés, 11 entend l'expression de la joie des persécuteurs; cependant il garde conscience du caractère futur de ces événements, et c'est pour cela qu'il retourne subitement, pour un instant, au temps futur (πέμψουσιν). Mais immédiatement 1] revient à la sensation surnaturelle qui l’a absorbé, et raconte alors à ses lecteurs, les images qui ont défilé devant ses yeux ou son esprit, avec les aoristes ἐδασάνισαν, εἰσῆλθεν, etc. Le mouvement de la pensée et du récit explique assez bien ces fluctuations, pour qu'il ne soit pas besoin de recourir à des confusions grammaticales. Les récits du prophète sont toujours passionnés. IL sait qu'il rapporte une vision passée, qui a trait au présent et à l'avenir à la fois; mais, par instants, tout se met à vivre devant ses yeux à mesure qu'il écrit. Ce phénomène n'est pas moins sensible en plusieurs autres visions.
Il faut noter un point fort important pour l’exégèse et que nous aurons plus d’une occasion d'établir au cours du commentaire; sice va-et-vient de la mémoire et de l'imagination porte le Voyant à mêler le présent et les temps passés, si parfois le caractère visionnel de ces descriptions lui fait employer un présent ou un aoriste pour des événements futurs, nulle part on ne saurait prouver que l’inverse se réalise : il ne parle au futur que lorsqu'il a conscience de narrer des faits qui se réaliseront seulement dans l'avenir, ou qui, s’ils ont déjà commencé, ont encore à poursuivre leur développement. Cette observation est essentielle pour comprendre l'économie de sa Révélation. Bousset, et d’autres, ne l'ont pas toujours bien saisi. Cependant Bousset reconnaît qu'il savait user des temps — ainsi de l’imparfait — avec exactitude et finesse. Alors pourquoi se serait-il servi d'une manière moins juste du futur? Qu'on se reporte à ce que nous avons dit des scènes de pure description, et des phrases ou péricopes purement prophétiques. Jean sait au moins mettre une distinction très nette entre ce qui lui était montré comme présent, figuré actuellement par des images, et ce qui lui était prédit, seulement révélé à ses oreilles ou à son intelligence, comme devant suivre les réalités présentées figurativement à ses sens externes ou internes.
7° La remarque qui a la plus d'importance après cette dernière, a trait à la façon qu'il a de développer les idées conçues ou les scènes contemplées. Il est rare que, d'une seule haleine, il dise tout ce qu'il veut dire. Le même procédé d'exposition apparaît à travers tout le livre, et il est particulièrement sensible aux chapitres x1x et suivants, puis à la vision des Anges des coùpes, et à celle de la Jérusalem céleste (voir Commentaire). Une vision condensée, une brève indication, montre d'abord d’un seul coup, comme un sommaire, le sujet qu’il va traiter; puis l'écrivain revient sur telle ou telle partie de cet ensemble, pour la
CLIV INTRODUCTION
développer avec de longs détails, et une mise en scène particulière, en usant de symboles qui peuvent être nouveaux, sans que d’ailleurs l’idée ait varié; ils ne servent qu'à en accentuer les grandes lignes, à développer des virtualités déjà pressenties. Ce n’est pas, à proprement parler, une progression dans la connaissance de l'avenir, mais un développement plus précis, sous forme de visions nouvelles, mises en relation, par quelques-uns de leurs traits, avec les précédentes. Il n'y a en fait dans le livre que trois ou quatre idées générales, que nous pourrions appeler les « accords fondamentaux »; chacune d'elles se prolonge en harmoniques des sons primitifs, en spirales, en volutes, en ondes concentriques ; — je suis bien obligé d'employer de telles métaphores, la technique littéraire n’offrant pas de termes propres pour nommer un pareil processus, à la fois si simple et si raffiné, qui rentre pourtant dans la notion générale du « parallélisme », forme naturelle de la pensée sémitique. Nous verrons quel parti on peut tirer de cette observation pour déterminer, par des comparaisons avec d’autres livres du Nouveau Testament, l'identité de notre Prophète.
Nous faudrait-il maintenant formuler quelque appréciation d'ensemble?
À tout prendre, ce style, si peu classique, si peu grec, dont nous n'avons guère cherché à dissimuler les défauts, est de l'effet le plus saisissant. D'abord il est assez nerveux, le nombre des substantifs et des verbes dépassant de beaucoup celui des épithètes. Jamais Jean n’est long ni ennuyeux comme d’autres Apocalyptiques. On oublie vite tout ce qu'il y a de recherché dans la solennité du langage; on n'en remarque plus la monotonie grammaticale. Tout ce parallélisme, ces répétitions de mots, ces phrases si uniformément construites, ces accumulations somptueuses, frappent l'esprit et l'imagination comme un marteau qui bat le métal, et y creuse des empreintes ineffaçables ; ainsi la plume de Jean grave dans la mémoire des images d'une magnificence effrayante, mais pour nous pré- Parer à jouir davantage des assurances douces et des prophéties radieuses, de l'encouragement spirituel qui est le vrai but où tendent ces visions terribles. Ce barbare écrivain est, dans son genre, un artiste conscient — et surtout un auteur de génie.
, Ἰϑδδν ον à Ἄν. Δ ét née 27
Il nous semble que les études précédentes, sur le symbolisme, le plan et la langue, créent au moins une très forte présomption, sinon une certitude, en faveur de l’unité de l’Apocalypse : unité de but, unité de doctrine, unité de procédés littéraires, donc unité de main. Les singularités elles-mêmes confirment cette impression, car il est difficile d'imaginer que plusieurs auteurs différents se soient rencontrés en certaines bizarreries de composition ou de langage qui ne se trouvent en aucun autre document littéraire; il aurait fallu qu'ils le fissent exprès. Puisqu’on ne peut sérieusement admettre une hypothèse aussi étrange, il faut bien concéder au minimum qu'il est venu, après les divers auteurs qu'on se figure, un rédacteur dernier qui aurait traité fort librement ses documents, et imprimé sur tous son cachet personnel.
Pendant de longues années, les « Literarkritiker » ont exercé leur ingéniosité sur l'Apocalypse, lui assignant, avec un grand étalage d’érudition, toutes les origines disparates qu’il leur plaisait. Aujourd’hui la critique semble devenir plus raisonnable; et il se pourrait que, pour l’Apocalypse comme pour tant d'autres ouvrages, le règne de ces doctes enfants terribles fût arrivé à son déclin. En effet, les derniers commentaires les plus remarquables des critiques indépendants rendent un juste hommage à la grandeur de l'écrivain, quand même il ne serait à leurs yeux qu'un « éditeur » ou un « Apocalyptique de dernière main ». Bousset, qui croit à l’utilisation d'assez nombreuses sources, admet au moins que l’auteur les ἃ profondément remaniées, qu’il y ἃ mis partout l'empreinte de son génie propre, ainsi que de son langage. Joh. Weiss, qui suppose une Apocalypse antérieure, de la main de Jean d'Asie, combinée avec une autre source étendue par la main d’un troisième écrivain, proclame que ce dernier était un auteur mystique de grande envergure, et non un recouseur de textes, un scribe matériel comme, par exemple, ceux qui ont compilé Hénoch.
Et c'est bien là un minimum qu'il faut concéder, pour peu que l’on ait d’intelligence religieuse et de sentiment littéraire. Les théories qui font de 1" Apocalypse
… une compilation ne mériteraient pas, en soi, une réfutation, mais elles n'ont pas ᾿ς tout à fait fini d'encombrer la scène de la critique. Nous devons donc exposer les ᾿ς principales, pour les discuter ensuite en bloc. Hâtons-nous de dire qu'il en est ᾿ς de moins fantaisistes que d’autres. On comprend par exemple sans trop de peine — que Vischer ait pensé trouver dans l’Apocalypse un écrit juif remanié par un … chrétien, qui y aurait introduit tout ce qui tient spécifiquement à l'Évangile, — L'hypothèse n'est nullement absurde en soi, et l’analogie du symbolisme avec È celui des Apocalypses anciennes pouvait assez facilement prêter à l'illusion. Il ἃ — manqué à ce critique de faire une réflexion : c’est que l’auteur de l’'Apocalypse étant le premier chrétien à composer un écrit de ce genre, il lui était naturel,
€CLVI INTRODUCTION
psychologiquement, surtout s’il était juif d'origine, d'emprunter un style consacré par une longue tradition pour les ouvrages de ce genre, plutôt que de créer de toutes pièces un symbolisme nouveau. C’eût été autrement un miracle psycho-
logique; certains critiques admettent bien en littérature ces générations spon-
tanées ; nous devons, nous, être plus difficiles. Quant aux découvertes de sources dont nous sommes redevables à Vôlter, par exemple, ou à Spitta, ou à Erbes, distinguées dans leurs moindres nuances, datées, attribuées même à des auteurs appelés de leurs noms propres, cela relève de la haute fantaisie scientifique, et ces spéculations érudites sont capables de convaincre — tout au plus — ceux à qui elles doivent le jour.
Procédons par ordre chronologique. Bien que déjà Huco Grorrus (a. D. 1644) eût exprimé l’idée que l'Apocalypse est composée de visions éprouvées et écrites à différentes époques, — opinion où il y a certainement une part de vérité, — du moins attribuait-il tous les divers morceaux à Jean lui-même. Vocez (1811- 1816) divisa le premier l'Apocalypse en quatre pièces différentes (τ, 1-8; — 1, 9it, 22; — IV-XI; — XIHI-XXH1), qui eussent été juxtaposées par Jean le Presbytre. Mais l’ensemble des critiques indépendants, y compris RENAN, reste encore favorable, pendant plus d'un demi-siècle, à l'unité d'auteur. Weizsacker, en 1882 (1), jugea que l'auteur avait pu faire usage de matériaux anciens. Et VôLrer, son élève, dans une série de travaux publiés de 1882 à 1904, est arrivé, après des tâtonnements nombreux, à construire une théorie très originale. Remarquant que la scène du jugement xrv, 14-20, pouvait être la fin d'un Apocalypse, que x, 1-x1, 13 interrompt d'une façon inattendue la série des trompettes, que la christologie du chap. xn est « cérinthienne », que 666, au chapitre x, peut répondre à }1n=— Trajan, etc., il a fini par distinguer deux apocalypses diverses, l'une de Jean (c'est-à-dire Jean Marc), datant de l'an 65, l’autre de l'hérétique Cérinthe, de 70, combinées par un rédacteur du temps de Trajan, et retouchées par un écrivain vivant sous l'empereur Hadrien. En plus, il y aurait à peu près une vingtaine d'interpolations en divers versets.
JEAX-MARC CÉRINTHE ÉDITEUR REVISEUR (2) (62 ap. J.-C.) (70 ap. J.-C.) sous Trajan sous Hadrien 1 159 ΣΕ ESSOR ΣΕ ΟΝ ΣᾺ ΤΣ ἀρ νυ Re οι ον τι 1:9: 2e ΤΣ τ ATEN CPAS RSR RTE SAR EE A RE AT OT TORTUE : A RAD MA Ne Ts Ses en be a ME et ἀν ΤΥ ΤΡ ts PA ET TR LE Te + ΠΤ ΦΗΣΙ εν τ ee SEE SP PEN TEE à ς A AMOR Pate à ra ane cie Me | ce MIE es ORNE EUR ete à LT PE. AMAR S ARR APE Ne Dee GP DAD STATE TS PE ENT k RAR OMR LUS PE Sn ous tee eee de ee CRE OR ETES RCE πὸ RESTES , ER Le 2 mb Te 2 d'éndié L'AGANTIES QT A NE EN] NE SP σε TE RSENTEES Δ ΕΑ ΝΎ τ ΔΑ ΤΑ Ὁ πὶ’ Ὁ RAM EOUL. ΝῊ ον πὸ rer RE Tr etes. cas LOTO + ἘΠ ὃ : TOUL (AV ELS IAB ADISS IR NS eee φρο «0 [VAN ΠΣ ARR Sie LS RME RL EE Me 4 0 SO SES Kb 44-19... LAS ἘΚ ΕΙΣ PATTE 8,15", 18%. 04, ἢ συν
(1) Theologische Literaturzeitung, 1882, p. 78 et suiv. (2) Nous avons trouvé la plupart de ces tableaux tout faits dans les écrits de Bousset, de
Charles et de Jacquier, Les astérisques indiquent les versets qui seraient en partie interpolés ou remaniés.
JEAN-MARC CÉRINTRE ÉDITEUR REVISEUR À (62 ap. J.-C.) (70 ap. J.-C.) sous Trajean sous Hadrien
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En 1886, Viscuer se plaçant à un tout autre point de vue, jugea que les chapitres x1 et xi1 ne pouvaient appartenir originairement à une main chrétienne. Il pourrait, en effet, en être ainsi, au moins pour le chap. ΧΙ, s’il fallait prendre trop à la lettre la métaphore du Temple {voir Commentaire). Partant de là, il en vint à reconnaître dans le livre entier un écrit juif, transformé par un chrétien, qui eût ajouté les trois premiers chapitres, et intercalé, en tout ou en partie, les versets suivants : | |
v, 6*, 8" (un mot), 9-14; — vi, 1*, 16"; — vis, 9-17; — 1x, 11*; — x1, 8 Ὁ c: 15*: — x, 11: 17" (un mot); — χπὶ, δ"; 9-10; — χιν, 1-5; 10"; 12-13; — xv, 3": — XVI, 15, 16*; — χυπὶ 6*, 14; — xvirr, 20"; — xrx, 7"; 9-10: 11*: 13 b: — xx, 4-5”: 6; — xx1, 5b-8, 9"; 14 b; 22"; 28"; 27*; — χχιι, 3* ; 6-21.
WaizsackEer, de nouveau, dont la théorie a été admise en partie par Bousset, considère, dans son Apostolische Zeitalter (1886 et 1892) toutes les anticipations, les doublets, etc., comme des matériaux anciens utilisés, remontant aux temps de Néron, de Vespasien, de Domitien. Ainsi il distingue du corps du livre :
vit, 1-8 (de l’an 64-66); — χι, 1-13 (des débuts de la guerre juive); — x1r, 1-10 (du siège de Jérusalem, quand les chrétiens eurent quitté la ville); — xnr1, sous Vespasien; — xvir, sous Domitien ; — enfin les Lettres, c. 11-111, qui seraient le morceau le plus tardif.
En 1883, le Hollandais WeyLan» distingue trois Apocalypses combinées; l’une Juive, du temps de Titus, désignée par N; l’autre, juive également, du règne de Néron, 2; puis l'écrit d’un éditeur chrétien.
N pa Juif, sous Titus Juif, sous Néron, après la défaite Éditeur chrétien de Cestius Gallus
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MP Tout (— 6-14).