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(Jo. 1, 14; — Apoc. vu, 15; χχι, 8; οἷν. x, 12; χπὶ, 6; σχηνή, Apoc. Χπι, 6; xv, δ: παι, 3).
Notons encore que le 179 Evangile, si « abstrait » qu’il puisse être, dramatise et, pour ainsi dire, « concrétise » dans l'abstraction. La Lumière, l'Amour, sont comme des lieux, des régions où l’on entre, où l’on demeure. De là l'usage du
ἐν « quasi instrumental ». C’est un autre monde, opposé à à celui des ténèbres et du péché. Et ce trait est au moins fort analogue à la conception générale de ᾿ Apocalypse.
L’ « imagination johannique » a une autre note particulière. Si elle concrétise fortement, par le mouvement, les idées les plus immatérielles, elle n’assigne pas de sens immuable à ses métaphores, et fait alentour toutes les variations possibles. Il n’est pas dans les habitudes de l Évangéliste de préciser une fois pour toutes la valeur de ses termes, quand ils peuvent signifier plusieurs réalités voisines. C’est ainsi que même κόσμος ne signifie point partout le monde hostile. ἔπ somme, presque tous ses concepts et ses mots-clés sont « analogiques »; avec le même mot, il passe sans cesse du sens matériel au sens spirituel, et vice versi; Zur, par exemple, au chapitre v, signifiera tour à tour la vie physique, ia vie de la grâce, le bonheur éternel, la vie ressuscitée, sans ordre apparent, d’une façon que détermine parfois le seul contexte (cfr. versets 21, 24, 25, 26, 28, 29). De même vr, où l’idée de l'Eucharistie, du « pain du ciel » commande le choix de toutes les images, allusions à la manne, expressions fortes et réalistes telles que σάρξ, τρώγων; l'Évangéliste, sans perdre de vue un seul instant l'idée de la communion sacramentelle, passe du sacrement à l'Incarnation, à la Passion, du tout aux parties potentielles, du général au particulier, de la grâce invisible à la matière sensible; et il faut beaucoup d'attention pour s’y reconnaître parmi tous ces aspects de « pain du ciel » dont la manne et les pains multipliés au désert furent la figure. Or, les symboles de l’Apocalypse, si variables et si fluctuants sous leurs matérialité apparente, présentent tout à fait la même virtualité conceptuelle. [ls sont sujets aux mêmes glissements. Nous citions tout à l'heure l’Agneau du chap. vur de l’Apoc. qui devient subitement un berger; et il y a bien d’autres exemples de faits semblables; de même, au chapitre x de l'Évangile, Jésus est d’abord le berger qui entre par la porte (x, 2), puis il devient lui-même, dans une παροιμία qui suit sans intervalle, la porte par laquelle entrent et sortent les brebis (v. 7); ensuite il déclare qu'il est « le bon Pasteur » (vv. 11, 14), et s'arrête définitivement à cette allégorie. On sait que, dans l’arrangement des idées du Seigneur, l’auteur lui-même a pu avoir une part (v. ci-dessus).
Ainsi les deux écrits nous offrent les mêmes alternances de symboles. Un trait analogue qu'il faut relever dans l'Évangile, c’est le choix d’un seul et même mot qui ne varie pas avec la réalité qu'il représente suivant les diverses phases de la progression de celle-ci. Jean ne distingue pas, dans son style, entre le germe et l'épanouissement. Ainsi l'unique expression πιστεύειν, croire, sert à marquer tous les divers degrés de foi qu’eurent en Jésus ses disciples et ses auditeurs, depuis l'intuition confiante du chapitre τὴ jusqu'à la reconnaissance de son origine céleste et de sa divinité. Nathanaël — et les autres de même, — ont cru dès leur
premier appel (1, 35, 51); c’est le miracle de Cana qui les fait commencer à croire (11, 11). Il est évident que cette foi s’intégrait lentement, par des déterminations successives qui en élevaient et en approfondissaient l’objet; les Synoptiques montrent assez bien cette évolution ; mais, thez Jean, il faut méditer sur
un contexte étendu pour saisir ces nuances que les mots ne distinguent pas; πιστεύω est un « analogue » dont le sens se proportionne aux personnes, aux circonstances. — Ainsi les visions de l’Apocalypse sont presque toutes des schèmes généraux de situations futures, qui se succèdent sans progression chronologique,
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