‹ L'ApocalypseChapitre 88 sur 239 · III. — pu v° SIÈCLE AUX GRANDS SCOLASTIQUES · texte numérisé non relu

III. — pu v° SIÈCLE AUX GRANDS SCOLASTIQUES

Après la grande époque patristique, l'exégèse de l’Apocalypse paraissait à jamais établie sur ses vraies bases. Quel que fût le détail des interprétations, les grandes lignes au moins étaient tracées d'une main ferme. Grâce à Tyconius, à saint Jérôme, et surtout à saint Augustin, les rêveries millénaristes étaient ruinées. Il était reconnu que la Prophétie a pour principal objet la lutte perpétuelle de l'Église et du Monde, plutôt que la prédiction curieuse des contingences sous lesquelles elle se développera; il manquait seulement à ces auteurs le recul historique suffisant pour bien saisir l'importance accordée par saint Jean à la première phase de cette lutte, contre l'empire de Rome et le culte impérial. De plus, un principe littéraire exact d'interprétation était fixé dans la théorie de la Récapitulation. Aussi l’époque qui suit, jusqu'aux grands scolastiques inclusivement, fut-elle, au moins dans l'Église latine, la plus saine période, au point de vue essentiel, de l’exégèse apocalyptique. Par malheur, des tendances imaginatives nouvelles allaient peu à peu se faire jour, lesquelles, aboutissant à Joachim de Flore et à Nicolas de Lyre, devaient faire dévier le courant de l'interprétation.

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Dans la suite de notre exposé, nous devons encore séparer l'Orient et l'Oc-

1° Écrise crecque. — Les premiers commentaires grecs proprement dits ne remontent pas plus haut que le vr° siècle; cela vient sans doute de ce que l’Apocalypse ne jouissait pas d’une faveur assurée comme chez les Latins. Mais elle fut rendue très populaire par André, évêque de Césarée en Cappadoce.

AnDRÉ DE CÉsarée (νι ou vri° siècle) “Ἑρμηνεία εἰς τὴν ᾿Αποκάλυψιν (Mione, P. G.

CVI).. Comme cet ouvrage cite le Pseudo-Denys l'Aréopagite et ne fait aucune allusion aux conquêtes de l'Islam, il n’a pu être composé qu'entre les années 476 et 637; il est difficile d'en micux déterminer la date. Plusieurs critiques, à cause d'une mention des uns — Gog et Magog, le placeraient vers l’année 515, qui vit une grande invasion de ces barbares; d'autre part, on relève des indices qui feraient croire qu'il discute certaines opinions personnelles d'Œcumenius (v. ci-dessous), ce qui le reporterait au vrr° siècle.

Ce commentaire est fameux, et très précieux pour les exégètes. Non qu'il ait une grande originalité, ni une particulière pénétration; mais il fait connaître beaucoup d’opinions anciennes, ce qui en rend la lecture instructive, outre qu’elle est très édifiante, grâce à l'importance qu’attache André au sens spirituel, qu’il sait rendre avec charme, parfois avec profondeur. La méthode en est éclectique; sur un même point il énoncera plusieurs interprétations, sans toujours choisir entre elles. Π] s'attache cependant principalement aux idées d’Irénée et d'Hippolyte, mais sans millénarisme (Antéchrist de la tribu de Dan, etc.). Il use de la « Récapitulation » par endroits, ainsi pour les Trompettes et les Coupes. Les « 7 têtes » sont sept empires mondiaux, dont les derniers sont Rome et Constantinople; André croit donc aussi à l'approche de la fin des temps.

La popularité de ce commentaire se révèle par la grande influence qu'a eue son texte de l’Apocalypse sur celui des manuscrits postérieurs (v. infra, ch. xv). C'est en somme une utile compilation, pleine de méditations justes et belles, mais il ne vaut pas, au point de vue proprement exégétique, les commentaires latins de la même époque. |

Œcuméxius (vers 600). Cet évêque de Tricca (Thessalie), très connu dans

l’histoire de l’exégèse, publia une ‘Epunveta τῆς ᾿Αποκαλύψεως τοῦ θεσπεσίου χαὶ εὐαγγελίστου χαὶ θεολόγου ᾿Ιωάννου. Le texte complet en a été trouvé par Diekamp, (1901) dans un manuscrit de Messine (cod. San Salvatore 99, 146 de Gregory). L'auteur est nommé en tête: il dit avoir composé son ouvrage plus de cinq cents ans après les visions de Jean. Des textes partiels, où manquent les ch. n-x1v d’Apoc., existent dans des manuscrits de Rome et de Turin, et une citation s’en trouve dans un écrit syriaque du vu: siècle, au British Museum. — Π n'est pas encore publié; c’est une question toujours débattue de savoir s’il est antérieur ou postérieur à André.

ArÉTHAS DE CÉsaRéE (vers 900). Aréthas occupa le même siège épiscopal APOCALYPSE DE SAINT JEAN. 0

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