‹ L'ApocalypseChapitre 92 sur 239 · V. — NICOLAS DE LYRE ET SON ÉCOLE · texte numérisé non relu

V. — NICOLAS DE LYRE ET SON ÉCOLE

. Bérengaud et Rupert avaient vu dans l’Apocalypse la description d'époques distinctes, mais qui n’allaient pas plus loin que la conversion des gentils; Joa-

chim et ses successeurs avaient trouvé, dans chacun des membres de leur récapitulation, des images des grands événements de l’histoire de l'Eglise, mais se sans trop entrer dans le détail. À partir d'Auréolus et de Nicolas de Lyre, nombre d’exégètes, et jusqu’à nos jours, ont considéré l'Apocalypse comme une prophétie complète de l'histoire universelle, ou plutôt de l’histoire ecclésiastique, depuis 16 temps de saint Jean jusqu’à la fin du monde. Pour y reconnaître tant de détails, il fallait bien renoncer aux grandes vues concises compatibles avec la théorie de la récapitulation; la Prophétie fut donc pour eux un exposé suipi, chronologique et sans répétitions, des événements de l'avenir. Cette seconde forme de décadence n’a guère été moins funeste à l’éxégèse que l’apocalyptisme de Joachim ; elle a entraîné tant de confusions dans l'interprétation, tant de fana-

(1) Pour tous ces écrivains, voir Bousser. — Une vie d'homme ne suffirait pas à lire tous les commentaires de l’Apocalypse; mais les trois quarts ne valent pas la peine qu’on les lise.

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