‹ L'ApocalypseChapitre 93 sur 239 · CCXXXII L INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCXXXII L INTRODUCTION

tisme chez les Protestants qui s'emparèrent de la méthode pour la tourner contre l'Église romaine, que l'Apocalypse parut à beaucoup d’esprits sérieux comme un livre qu'on ne peut chercher à expliquer sans courir de divagations en divagations. Co7 nély caractérise très justement ce système du point de vue religieux (/ntrod. IH, p. 728-729) : « Non satis intelligimus quem finem Deus in aenigmätica hac factorum Ecclesiae praedictione habuerit aut habere potuerit. Etenim si in V.T. tota Messiae vita et praecipua regni messianici bona per Prophetas mani festata sunt, statim apparet illis praeparatum et incitatum esse populum electum, ut redemptoris sui adventum desideraret advenientemque cognosceret; ad quid autem haec, quae supponitur, tribulationum et persecutionum revelatio, quae cognosci nequeunt praedictae, nisi postquam jam diu praeterierunt ? Accedit autem quod ejusmodi revelatio vanam quamdam nocivamque curiositatem provocare et alere videatur. Interrogantibus discipulis, quandonam filius hominis ad judicium sit venturus, respondit Dominus : « De die autem illo vel hora nemo scit » (etc.) « videte, vigilate et orate, nescitis enim, quando tempus sit ». lam difficile nobis persuademus Deum nobis postea Apocalypsin dedisse, ut non tantum sciremus, quot aetates adhuc ante judicis adventum praeteriturae essent, sed ipsum annum adventus Domini definiremus. Num forte solis Apostolis et primis Christianis erat vigilandum ἡ Experientia demum docet omnes illos interpretes, qui hucusque systema illud adhibuerunt, ab erroneo profectos esse principio; immo nisi prorsus incertum principium supponatur, non videtur posse adhiberi, Omnes enim supposuerunt se ultima jam aetate Ecclesiae degere... Unum illud certo scimus, Dominum dixisse : « De die illo et hora nemo scit, nisi Pater; vigilate et orate »; reliqua omnia nobis sunt incerta. » On ne saurait mieux dire, et il est bien vrai que, de tous les systèmes exégétiques, c’est celui dont nous parlons qui méconnait au plus haut degré le but et l'esprit de saint Jean. Il a commencé : avec

PerRus AureoLus (Oriol + 1322) Breviarium Bibliorum, et un autre célèbre docteur franciscain,

Nicozas DE Lyre (1329). Postillae perpetuae, sive praevia Comm. in univ. Biblia (Rome, 1471-72). — Il conserve la vieille division en sept âges, et fait commencer au ch. τν l’histoire de l'Église depuis sa fondation jusqu'à la fin des temps : 1° les 7 sceaux, de Jésus-Christ à Julien l’Apostat; 2° les 7 trompettes, de Julien jusqu'à Chosroës et Mahomet; 3° de Maurice à Charlemagne, le Dragon et l'Église, 4° de Charlemagne à Henri IV de Germanie, les 7 coupes; 5° de la querelle des investiteurs à l'Antéchrist: 6° l’Antéchrist; 7° le jugement et la vie future, ou encore l’âge de l'Antéchrist, car il ne se sent pas doué lui-même d'esprit de prophétie pour tout bien distinœuer; plût à Dieu que tous ses successeurs eussent imité cette réserve! — Le chapitre x est relatif à la guerre de Chosroës et d'Héraclius. — La 1'° Bête est le fils de Chosroës, la 2° Mahomet. — Le ch. χιν se rapporte à Pépin et à Charlemagne. — ΧΙΧ 1 sq., la fondation du royaume chrétien de Jérusalem. — Le Millenium commence avec la fondation des ordres mendiants. — L'Ange de xx est Innocent III; Babylone est l'Islam; et les coupes, les croisades;

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xvu-xvit sont l'explication de la septième coupe. Il admet cependant que, à partir de xvir, il peut s'agir d'événements non accomplis, qu'il n’explique pas, n'étant point prophète. Admettant le double sens littéral, il laisse libre de comprendre les 2 témoins par le pape Sylvère et le patriarche Mennas ou par Elie-Hénoch. Même genre d'explications chez Enerus, Lizarazus, CoEzrus Pannonius, etc. Cette méthode eut un grand succès chez les protestants qui l’adaptèrent à leurs vues. Parmi les catholiques, elle fut critiquée par Pauz ΡῈ Buncos (1434). Additiones ad Nic. Lyrae postillas, mais reprise par |

Barr. Hozznauser (1613-1658). /nterprétation de l’Apocalypse (Bamberg, 1784; — Vienne, 1850), qui s'arrête au chap. xv, 4; traduite en français et continuée par le chanoine de Wuizcerer (Paris, 1857), - Les 7 Ages de l'Église, décrits en détail jusqu'à la consommation, à partir du chapitre rv, mais déjà représentés dans leur ordre par les Anges des 7 lettres. — Pas de chiliasme. — L’Antéchrist devait naïître en 1855 et mourir en 1911. — À partir du chapitre XII, il y a une certaine récapitulation, concernant l'Islamisme et l'Antéchrist. — Ce commentaire, dont l’auteur a été déclaré Vénérable, et fut considéré comme doué lui-même de lesprit prophétique, a son utilité au point de vue de l'explication du sens spirituel; la méthode est un peu moins systématique et Ὁ étroite que celle de Nicolas. — DE La CnérarDie (1692) Expli cation de l’Apocalypse, Bourges, s’en tient aussi aux sept âges de l'Église.

Nous verrons plus loin les catholiques dont les commentaires sont demeurés dans cette ligne. Ceux des protestants ont été bien plus nombreux :

* Lurner, qui, en 1522, ne reconnaissait pas l’Apocalvpse pour une prophétie authentique, se mit à estimer ce livre quand il crut pouvoir l'interpréter contre le Pape. En outre de son édition de Purpaeus (1528, vid. supra), il a, dans sa préface au Nouveau Testament de 1534, expliqué à la façon de Nicolas de Lyre, les 7 trompettes (la 5°, Ariens; la 6°, Sarrasins) — Gog et Magog sont les Turcs. — La Papauté et l'Empire alliés sont les Deux Bêtes, car le Pape, avec Charlemagne, a guéri la blessure qui avait emporté l’ancien empire paien.

Les luthériens, en général, suivirent les mêmes errements. Mentionnons : |

* OsranDER (1580). Sacrorum Bibliorum, p. 1, beaucoup plus détaillé. — La Bête, au ὁ. xvir, représente toute l’ancienne histoire romaine — 666 signifie ἐχχλησία ἰταλιχή,

*Hor νὸν Hoenece (1590). Très volumineux commentaire. Commentariorum in Johannis Apocalypsim libri VIII, érudit. — Contre le Pape et les Jésuites,

* Cazovius (1674). Biblia illustrata, ὑ. 1v, s'attache étroitement à Luther, mais

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