LA FEMME ÉPILEPTIQUE
Un autre cas d’épilepsie, dont Apulée s’était occupé, avait donné naissance à une histoire analogue, quoique moins riche d’ornements romanesques. (était une femme, cette fois, que, toujours par des incantations, il avait fait tomber à terre. Décidément, remarque Apulée, c’est un lutteur, non un magicien que vous accusez. Surtout il ne peut se tenir de s’extasier de la sagacité avec laquelle Claudius Maximus a conduit l’interrogatoire. L’accusateur affirmait; le médecin Thémison, qui avait amené la femme à Apulée et avait vu la scène, niait. A la fin : « Quel avantage, avait demandé le proconsul, Apulée attendait-il de ses incantations ? de la faire tomber? et après? est-elle morte? que gagnait-il donc à la jeter à terre? »
En fait, tout ce rapport n’est, d’après Apulée, qu’un tissu de mensonges. Thémison, comme il l’a lui-même déclaré au juge, avait présenté la femme à Apulée ; celui-ci lui avait demandé si elle avait des bourdonnements d’oreille, et de quel côté ils étaient le plus forts ; elle lui avait répondu que c’était l’oreille droite qui la tourmentait, puis aussitôt elle s’était retirée : tout s’était borné là. (c. 48) Quant aux bourdonnements d’oreille, ajoute-t-il, la question posée à la malade n'a pas de quoi surprendre ceux qui connaissent la nature et l’origine des maladies, notamment de l’épilepsie, telles que les expliquent Aristote, Théophraste, et surtout Platon dans son immortel Timée. C’est le sujet d’une longue dissertation (49, 507 — 51, 511), curieux chapitre de médecine, mais qui constitue un hors d'œuvre et n’ajoute rien à la défense. Ce qu’il importe à Apulée qui soit bien établi, c’est que tout s’est réduit, pour les deux malades, à un simple examen médical. Dès lors l’accusation tombe d’elle-même : va-t-on condamner, comme coupable de maléfices, un homme qui n’a cherché qu’à soulager des souffrances? (51, 5r2)