‹ L'Apologie d'ApuléeChapitre 31 sur 81 · ISSUE DU PROCÈS · texte numérisé non relu

ISSUE DU PROCÈS

Malgré tout, Apulée ne dut pas avoir grand mal à établir que la magie n’était pour rien dans son mariage ; mais qu'il fût magicien, c’est ce qu’il n’arriva pas, fort probablement, à faire sortir de la tête des gens. Et lui-même, d’ailleurs, ne devait pas être fâché de passer pour tel, à condition de ne plus se mettre de méchante affaire sur les bras. Ce qui est certain, c’est qu'Apulée laissa dans sa province le souvenir d’un magicien en renom. Formée de son vivant, selon toute apparence, sa légende dura plusieurs siècles ?. k

Au reste, magicien ou non, l'important, pour lui, c'était de gagner son procès ; et là-dessus le doute n’est pas possible : il

fut certainement acquitté. C’est plus tard, en effet, que fixé à Carthage, il touche à l'apogée de sa gloire, devient auprès des gouverneurs l’orateur attitré de la province et le porte-parole officiel de ses compatriotes; c’est alors aussi qu'il arrive aux plus grands honneurs : on lui vote une statue, il est nommé

1 Apulée n’ajoute qu'un mot à l'affaire du testament. On l’accusait d’avoir acheté avec l’argent de sa femme un magnifique domaine, En réalité, il s’agit d’une petite propriété de 6o 000 sesterces, acquise par Pudentilla elle-même. C’est son nom qui figure sur l’acte de vente ; le questeur public et le tuteur (dont l'autorité était nécessaire, mais, à cette époque, pour la forme, quand une femme voulait aliéner des res

mancipii) sont là pour l’attester. (ec. 101),

2? I] m'a paru inutile de répéter ici ce qui avait été bien dit par Monceaux, Apulée, p. 292 ss. Apulte est fréquemment associé à Apollonios de Tyane. S. Augustin en particulier s'attache à le réfuter, à diminuer son prestige. Notons à ce propos une erreur qui a la vie dure, car bien qu’elle eût déjà été rectifiée par Bayle (Dict. crit. s. u. Apulée), elle s’est propagée jusqu’à nos jours, Augustin se serait figuré qu’Apulée avait été accusé devant des juges chrétiens. C’est exactement le contraire. Augustin veut montrer que les païens eux-mêmes tiennent la magie pour coupable. «An forte istas leges Ghristiani instituerunt, quibus artes magicae puniuntur ?... Postremo Apuleius ipse numquid apud christianos iudices de magicis artibus aceusatus est ?» (Q. D. VI, 19). — "Amoukiios nommé comme magicien par Psellus: Weyman, Studien #.

Apuleius p. 323, n. 1.

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