‹ L'Apologie d'ApuléeChapitre 43 sur 81 · MAXIME DE TYR, DION DE PRUSE, FAVORINUS · texte numérisé non relu

MAXIME DE TYR, DION DE PRUSE, FAVORINUS

Parmi ceux qui ont joué ou se sont proposé de jouer ainsi tout à la fois le rôle de philosophe et celui de sophiste, il en est que nous connaissons par leurs œuvres.

Tel Maxime de Tyr, qui a vécu un peu plus tard qu'Apulée. On a rapproché ses dissertations de la diatribe cynique. La parenté est incontestable. Mais ce serait faire injure aux Cyniques de serrer la comparaison de trop près. Leur ironie mordante et agressive, leur trivialité même a une sorte de saveur; et quant aux Stoïciens à tendances cyniques, tels qu'Epictète et Musonius Rufus, l'élévation du caractère s’allie chez eux d’une façon intéressante au souci des réalités pratiques. Quoi de semblable dans le bavardage puéril et incolore de Maxime de Tyr? Jamais galimatias plus prétentieux ne servit à masquer une plus lamentable indigence d’esprit. Il y est pris d’ailleurs tout le premier ; à force d’entasser les images et les comparaisons, il se persuade qu’il dit quelque chose, et se donne à lui-même l'illusion de la profondeur. De très bonne foi, il se croit philosophe, et, comme tel, il a ambition d’instruireet d’être utile. En réalité, il ne procède pas autrement que ne ferait un sophiste de talent médiocre. Pour ne rien dire de ses gentillesses de style, de sa préciosité, de ses recherches de symétrie, il a des plis fâcheux, qui pourraient faire douter de sa sincérité, comme, par exemple, de soutenir des points de vue opposés, et de plaider des causes philosophiques «in utramque partem.t» Les sujets qu'il traite ne sont que des prétextes, et l’occasion de se griser d’un vain cliquetis de paroles. La portée lui en échappe?, et s’il ne les comprend pas, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il sache en tirer parti.

S'il semble régner dans ses entretiens soi-disant philosophiques une certaine unité de composition, ils le doivent à leurs courtes dimensions et à la sécheresse de son imagination. Maxime n’a rien de la brillante fantaisie d’Apulée. Mais il n'est pas plus capable pour cela de dominer une idée et de la développer logiquement. Il abuse des expédients connus : descriptions, anecdotes, accumulation d’exemples#, que lui fournissent tour à tour les poëmes homériques, l’histoire, la biographie, la vie des bêtes, en

1 Diss. 1—4. 21. 22. 29. 30.

2 Cf. Maur. Croiset, Litt. gr. V, p. 582, n, 1.

8 Voy. Diss. 1 (description minutieuse du navire du roi Aétès et récit de son naufrage lamentablement ridicule : image du disciple d’'Epicure) ; 3, qui n’est guère faite

que d’une succession d'exemples ; 7, 10.

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