LES SOURCES DE LA CERTITUDE
Ainsi que les hommes au déclin de l’âge, les sociétés vieilles et lassées reviennent volontiers au berceau de leur enfance. La tradition religieuse servit de refuge, en ce temps, aux tardives espérances d’un monde sur sa fin. Plus un rite ou une croyance étaient anciens, plus ils avaient d'autoritét. De là la popularité renouvelée des grands inspirés de jadis, augustes interprètes des révélations divines: tel Orphée, le fondateur des mystères, tel Zoroastre ?. De là encore, indépendamment des raisons de mode et des besoins de l’imagination, en quête de nouveautés et avide de merveilleux, la faveur des religions de l'Orient, et surtout de l'Egypte, terre antique et privilégiée de la sagesse et de la vérité. Apulée, lui aussi, se réclame d’Orphée#. Pythagore, dont s’est inspiré Platon, et qu'Apulée vénère à l’égal presque de son maître, a pris modèle, nous dit-il, sur les anciens, « egregie doctus et ueterum aemulator # » ; ils’est mis à l’école des prêtres égyptiens, des mages de la Perse, des Chaldéens et des Brachmanes ; et Platon lui-même en eût fait autant, si les circonstances ne l’avaient pas empêché de pousser ses voyages au delà de l'Egypte. Et cette sagesse qui venait de si haut et de si loin, de qui pouvaient la tenir ceux qui les premiers l’avaient eue en
1 Voy. Réville, Réligion sous.les Sévères, p. 175 sq. 2Plut. Def. orac. 10, 415 A.
3 Apol. 27, 453 ; 56, 518.
4 Apol. 31, 465.
De Plat. A,3, 186.