‹ L'Apologie d'ApuléeChapitre 64 sur 81 · VALEUR DE LA DOCTRINE DES DÉMONS · texte numérisé non relu

VALEUR DE LA DOCTRINE DES DÉMONS

On voit maintenant de quel prix était pour Apulée la doctrine des démons. Dire qu’elle rétablit les rapports entre les hommes et les dieux, c'était trop peu dire encore, et c'était s’exprimer en langage vulgaire. Il faut aller plus loin : abaissant les barrières entre l’humain et le divin, elle permet au philosophe de franchir d’un bond les degrés inférieurs de la connaissance, elle l’élève de proche en proche à des notions toujours plus sublimes, elle lui fait entrevoir la possibilité de saisir la réalité une et immuable sous la complexité mouvante des apparences. Rien, dans le platonisme, n’était de nature à séduire davantage Apulée, et voilà pourquoi c’est là ce qu’il en a retenu de préférence.

Remarquons-le toutefois : la philosophie platonicienne, pour Apulée, n’est pas à proprement parler la vérité, mais elle en est

1 cbid. p. 105 (Ruysbroek l’Admirable).

? Ennead. VI, 7, 34 sq. p. 7927 A ; V, 3, 1, p. 512 A. — Cf. Zeller, Phil. der Griech. III, 23, p. 609 ss. Whittaker, The Neo-Platonists, p. 103.

la clef, et Platon joue moins le rôle de maître que celui de guide, de mystagogue et d’hiérophante. La vérité elle-même, ce sont les démons qui en accordent la vision à ceux qui sont dignes de cette faveur ; la mériter et l'obtenir, c’est la marque du philosophe. Le philosophe est un inspiré, le philosophe est un initié, le philosophe est prêtre de toutes les religions, «omnium deum sacerdos.» (Apol. 41, 493)

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