CONCEPTION DE LA PHILOSOPHIE
Nous sommes ramenés de la sorte à l’idée que se fait Apulée de la philosophie. Pour lui comme pour un grand nombre de ses contemporains, la vérité philosophique a le caractère d’une vérité révélée. Pénétrer ces secrets que le langage humain se refuse à exprimer et devant lesquels la raison fléchit, c’est en cela que consistera l’étude de la philosophie. Rien de coordonné d’ailleurs, ni de méthodique, dans cette recherche. La vérité se dissimule derrière un voile épais : profitons de tous les jours, de tous les interstices pour en apercevoir quelque chose, efforçonsnous de la surprendre partout où filtre un rayon de lumière ; mieux que cela : fravons-nous un chemin, s’ilse peut, jusqu’au sanctuaire de la réalité pour la contempler face à face. La philosophie d’Apulée, telle qu’il la conçoit lui-même, n’est donc plus une construction de l’esprit, et la connaissance, privilège d’une élite, est proprement une gnose.
Nous voyons mieux maintenant tout ce qu'implique pour Apulée le terme de philosophe. D’une façon générale, un philosophe, c'est un homme qui se distingue du vulgaire par des connaissances supérieures. Ce qui, dans la vie d’un Pythagore, d’un . Platon, retient surtout l’attention d’Apulée, ce sont ces grands voyages qui leur ont permis d’aller frapper à toutes les portes de la sagesse et de la science, et dont ils sont revenus, chargés de dépouilles et riches de savoir. C’est de lPhéritage accumulé des plus antiques découvertes et des plus hautes révélations que s’est constituée leur philosophie. La supériorité qu’ils ont acquise