‹ L'Apologie d'ApuléeChapitre 68 sur 81 · PHILOSOPHIE ET MAGIE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE ET MAGIE

On pourrait faire encore une autre objection : Apulée, nous l'avons vu, n’est ni un penseur original, ni un isolé au milieu de sa génération. Il partage au contraire les tendances, les aspirations, les idées de son temps. Dès lors, si la philosophie d’Apulée — ou sa religion, c’est tout un — suppose l'exercice de la magie, il n’y a pas de raison pour ne pas voir autant de magiciens dans tous ceux de ses contemporains qui ont les mêmes croyances et la même conception du monde. Laissons, si l’on veut, la foule qui croit sans discuter et pratique sans raisonner. Mais tous ceux qui cherchaient à expliquer la religion traditionnelle et en tiraient une théologie, qui croyaient aux démons et en faisaient, auprès des hommes, les interprètes, les ministres et les manifestations de la divinité, qui attribuaient à la connaissance philosophique le caractère d’une révélation et d’une initiation — tous ceux-là étaient-ils par cela même adonnés à la magie?

Il ne faudrait pas à tout prix reculer devant cette conséquence. Sans doute, il y a des gens, et Apulée est du nombre, dont on peut prévoir d'avance que, par caractère, ils seront plus portés que d’autres à s'intéresser aux sciences occultes et à en appliquer les secrets. Mais, en fait, la magie est plus ou moins pratiquée dans les milieux qui se font de la vérité philosophique une idée

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