‹ L'Apologie d'ApuléeChapitre 76 sur 81 · AUTRE · texte numérisé non relu

AUTRE

que le fidèle répète à satiété qu'il connaît son nom, son vrai nom, ses noms «barbares ». « Oid& oov xœi tà BaoBagixé ovouare, puoradao BagayrnÀ xÿœ* var oo Éou va BagBagixe dvouara. 1» C'Erixaloduai oov va let xaÙ ueythæ xai xqunra drouataæ oc xaioeis dxovor. ? » Q AEÜQO uot…. oÔ OT TO xQuaTTOr Ovou« xoi &oomtor & drowmois…. To yag ôvoud cov yo ds pulæxtiotov &r xaodig 1 êur. ° » Et ce nom rend vainqueur de toutes les puissances ennemies. «€ Ædwgiow tir toù ueyiorov cov drouaros yr@otv.{» Les invocations conçues dans ces termes ou dans des termes analogues sont innombrables.

Cr, chez Apulée, il en est de même. Hermès est un nom vulgaire. Quant au dieu dont la statuette est le symbole matériel, il appelle £aoilsus. Mais ce n’est pas là un nom propre, c’est un simple titre, expression de sa souveraineté. Qu'on demande à Apulée quel il est, ce dieu, voici ce qu'il répond: « En ultro augeo magiae suspicionem: non respondeo tibi, Aemiliane, quem colam Baorléa: quin si ipse proconsul interroget quid sit deus meus, taceo. » (65, 537). Apulée nargue son adversaire; il a l’air de railler, et de connivence encore avec le philosophe appelé à le juger. I faut bien être Emilianus, pour le mettre en demeure de nommer un dieu que Platon lui-même déclare ineffable ! Mais n’est-ce pas jouer sur les mots? D’abord, nous le savons, Apulée dénature le sens de la déclaration de Platon. Mais surtout, que l'esprit n'arrive pas à concevoir Dieu, ni le langage à en donner l’idée, cela ne veut pas dire qu'on ne puisse en prononcer le nom; au contraire, ce nom tient lieu de toute expression intelligible. En réalité, Apulée ne veut pas le livrer, et cela en raison de sa vertu, qu'il perdrait s’il était divulgué 5.

1OWessely, NZP,6p.55, 20.

2id-7P, p.85, 1000:

3 Pap. Lugd. I, 141, 14 ss. Leemans (Cf. Dieterich, Abraxas p. 195; Reiïtzenstein Poimandres, p. 15).

# Dieterich, Abrazx. p. 148.

5 Cf. Foucart, Mystères d’Eleusis, p. 33 ss. « Le nom véritable des divinités qui présidaient aux mystères était inconnu des profanes ; il n’était révélé qu'aux initiés.» (p. 33). Isis se manifeste d’abord à Lucius en lui faisant connaître son nom vulgaire. Il est vraisemblable que cette révélation s’achevait dans la cérémonie d'initiation, par la communication du nom secret de la déesse. Nous avons vu en effet qu’Apulée semble avoir voulu introduire une sorte de parallélisme entre la métamorphose et linitiation.

Mais les textes magiques n’indiquent pas seulement des formules à prononcer, ils prescrivent aussi l’usage d'objets matériels. Et l’un des instruments magiques qui sont recommandés le plus fréquemment, c’est une statuette d’Hermès ?.

Tant de concordances semblent bien établir que la statuette d’Apulée était un objet magique, et servait avec le secours de prières qui étaient de véritables incantations.

Cette conclusion est d’une probabilité qui confine à la certitude. Si elle laisse subsister quelques doutes et soulève quelques objections, il nous paraît aisé de dissiper les uns et de réfuter les autres.

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