ASIE
: OBSERVATION LVIL. — Olile double. Abcès mastoïdien gauche. Ouverture de l'antre et de la caïsse. Mort.
Cari.. (Fernande), vingt mois. Le père est atteint, depuis une époque qu'il ne peut préciser, d'écoulemént intermittent par le conduit. Rien à noter du côté maternel ; un enfant est mort de méningite.
Celle-ci, élevée au sein, a eu la rougeole il y à trois semaines, et durant la convalescence est apparu un écoulement bilatéral. L'otorrhée a cessé à droite il y a trois jours en même temps qu'apparaissait une luméfaction rétro-auriculaire qui a beaucoup augmenté depuis.
Le 29 décembre 1895, incision de l’abcès. Trépanation de l’antre, évidement de cette cavité et de l’aditus qui sont remplis de fongosités ; — ouverture de la caisse dont on extrait à la curette l’enclume et le marteau cariés.
Il y eut quelques jours après l'opération de la température qui disparut après le premier pansement. Mais l'état général resta médiocre par la suite et la suppuration fut toujours abondante.
Le 18 janvier, en conduisant l'enfant au pansement, la mère fit observer que celle-ci était moins gaie, qu'elle mangeait mal et toussait un peu. À l'examen on ne trouve guère que quelques râles de bronchite. Pas de température.
L'enfant est ramenée le 20. Température 39. — Plaie sèche, l'enfant est triste et abattue.
Même état le 21. Teñpérature 39. — La mère refuse de laisser : son enfant. On apprit, par la suite, que la mort était survenue le lendemain.
OBsERvATION LVIII. Fistule mastoiïdienne. Ouverture de l’antre et de la caisse. En traitement.
Loch... (Patrice), treize ans. Cet enfant, fils unique de parents bien portants, est présenté à la consultation le 4 février 1886. À l’âge de dix ans, il a fait une chute dans un escalier et le côté gauche de sa tête a porté sur une marche ; huit jours après apparaissait en arrière du pavillon une grosseur du volume
d’une cerise, et quelques jours après, de l'otorrhée qui fut traitée par des injections boriquées.
Cet état persistait durant trois mois environ ; brusquement la tumeur apophysaire devenait douloureuse : il se formait à son niveau un abcès qui quelques jours plus tard s’ouvrait spontanément ; il persiste, depuis, un trajet fistuleux, avec écoulement concomitant par le conduit.
L'enfant est opéré le 8 mars 1896. On trouve au lieu d’élection une perforation spontanée conduisant dans l’antre que l’on. trouve rempli de fongosités qui obturent également l’aditus et la caisse que l’on ouvre. | Pas de température. Pansements réguliers. La suppuration pendant plusieurs mois fut extrêmement abondante. Il fut nécessaire, pour maintenir ouverte l’ouverture‘postérieure, de: cautériser ou d'enlever à la curette, à chaque pansement, des bourgeons charnus qui avaient tendance à Fobinren et se puits duisaient chaque fois.
En septembre 1897, ces bourgeons a presque totalement et peu après, en octobre, l’orifice postérieur s’épider-
misait ; on put alors apercevoir la caisse, ce qui avait été à peu près impossible jusque-là, ces bourgeons envahissant jusqu'au conduit et saignant abondamment au. moindre attouchement. Elle est obturée par des bourgeons que l’on cautérise; et, par un orifice rétréci correspondant au cadre tympanal, on introduit la | ‘mèche que l’on tamponne fortement.
Depuis cette époque la suppuration va toujours en diminuant, mais la caisse a toujours tendance à s’obturer; avec le stylet on sent un point dénudé au niveau du promontoire (juillet 1898).
: OBSERVATION LIX. — Ofite chronique. Abcès mastoïdien. Ouverture de l’antre et de la caisse. Guérison:
Treg... (Henri), un an. Cet enfant dont les antécédents héréditaires sont bons a eu, il y a un an, un abcès sous-maxillaire il existe, d’ailleurs, à ce niveau un paquet ganglionnaire assez volumineux. L'otorrhée est survenue peu de temps après et à persisté très abondante jusqu’au mois de juin 1896. Elle a diminué depuis.
Les symptômes apophysaires datent de douze jours environ et ont été accompagnés de fièvre, de frissons, d'inappétence. Le %5 juillet, le médecin appelé incisa l’'abeès qui était volumineux. Le soulagement fut immédiat, mais l'incision très petite se fermait le lendemain et le pus se collecta de nouveau. Il existe, actuellement, une poche fluctuante extrêmement douloureuse à la pression ; la tuméfaction gagne, en haut, la fosse temporale. Pas de température.
Le 28 juillet 1896, incision de l’abcès. On arrive sur l'os dénudé qui n’est perforé en aucun point. Trépanation au lieu d'élection. On arrive dans une vaste cavité contenant des fongosités. La corticale est très amincie. En évidant les cellules de l’apophyse le sinus est mis à nu sur une grande étendue. Ouverture de la caisse; curettage de la région squammeuse, L'écoulement du pus à ce niveau est assuré par un drain.
Il n’y eut pas de température. Le 20 février 1897, la guérison était complète, avec large ouverturé rétro-auriculaire et conduit bien dilaté.
Revu le 18 juin même année en parfait état.
OBsERvATION LX. — Ofile moyenne chronique. Abcès mastoidien. Ouverture de l’antre et de la caisse. Paralysie faciale. . En traitement. s
Ched.. (Juliette), cinq ans. Le père est mort tuberculeux, la mère est en bonne santé. Cette enfant a eu la rougeole à dixhuit mois et depuis tousse chaque hiver. Elle a eu la gourme, puis une kératite purulente guérie au mois d'août 1895 avec taies cornéennes ; enfin, en septembre même année, une otite moyenne gauche avec otorrhée abondante qui a persisté depuis.
L'enfant souffre de sa mastoïde depuis plusieurs mois et présente des poussées intermittentes pendant lesquelles l'otorrhée redouble. Dans l’une de ces poussées aiguës, apparue en mai 1896, accompagnée de douleurs violentes et suivie d'un écoulement abondant par le conduit, l'enfant a présenté pendant quelques jours de la parésie de la jambe droite.
Depuis cette époque l’apophyse s'est progressivement tuméfiée, la peau est devenue rouge, œdémateuse.
Die
Actuellement abeès volumineux projetant le pavillon en avant, fluctuation nette, pas de douleur à la pression; mais, lorsqu'on comprime l’abcès, il s'écoule une assez grande quantité de pus par le conduit. Température, 37,2.
Opérée le 2 septembre 1896. Perforation spontanée ; os friable, s’entamant facilement à la curette ; évidement de l’antre, de l’aditus et de la caisse. On ne trouve, comme toute trace d'osselets, que la tête du marteau. NE
Pas de température consécutive, mais on note de la PAR faciale immédiatement après l'opération.
L'enfant, gardée dans le service pendant un an, a été pansée régulièrement deux fois par semaine. À cette époque, la plaie suppurait peu et était en grande partie épidermisée ; on sentait toutefois avec le stylet plusieurs points dénudés, dont un au niveau du promontoire. :
Depuis le mois d’octobre 1897, les pansements sont très irréguliers, l'enfant reste fréquemment dix ou quinze jours sans être conduite au pansement. L'état local n’a pas changé.
A la suite d'observations faites à la mère, l'enfant recommença à être conduite régulièrement au pansement.
En juillet 1898 l’état local est le suivant : vaste cavité bien : ouverte ; il est extrêmement facile de distinguer l’antre, la caisse et l’aditus, ces cavités ayant été conservées à peu près telles que depuis l'opération. L’épidermisation est pr esque totale ; on note cependant deux ou trois points, assez petits mais neltemiolt
dénudés. La suppuration est intermittente. Quelquefois nulle, elle est d’autres fois assez abondante.
La paralysie faciale s’est beaucoup améliorée.
OBsERvATION LXI. — Olite chronique. Olite diffuse du temporal. Ouverture de l’antre et de la caisse. Guérison.
V... (Jeanne), quatre ans. Pas d’antécédents héréditaires. L’enfant a eu la varicelle à huit mois, la rougeole à quatorze; puis, un peu plus tard, de l’impétigo accompagné de conjonctivite phlycténulaire. À deux ans et demi, otite moyenne avec écoulement abondant qui persiste depuis. Les accidents remontent
enr"
à une quinzaine de jours et l'état général est devenu, de jour en jour, plus mauvais.
Actuellement il existe, au niveau de la mastoïde droite, une tuméfaetion volumineuse d’un rouge violacé; douleur violente à la pression. Cette tuméfaction est assez mal délimitée; en arrière elle s’étend jusque vers la nuque ; en avant, elle envahit la face ; la paupière supérieure est à demi fermée; la joue, la région temporale sont gonflées et douloureuses. Par le conduit s’écoule un pus jaune verdâtre, d'odeur repoussante.
L'enfant, d’ailleurs, bien que souffrant violemment, ‘parle facilement ; à l'examen, il ne semble pas exister de symptômes du côté des méninges. Température, 39°,5
Le 28 septembre 1896, on trépane l’apophyse; l’antre et la caisse sont ouverts : ils sont l’un et l’autre remplis de pus, de fongosités et de bourgeons charnus.
A la suite de cette intervention, l’état général fut inquiétant durant plusieurs jours. Malheureusement les détails font défaut, la fiche où était noté l’état journalier et la feuille de température ayant été égarées.
Guérie le 28 janvier 1898, avec large cavité bien épidermisée et vaste ouverture rétro-auriculaire. Le 15 mars, l'enfant est ramenée au pansement ; en un point de la cavité, l’épiderme est soulevé par une gouttelette de pus. Le stylet explorant la surface osseuse à ce niveau ne rencontre pas de point dénudé, tamponnement iodoformé.
22 mars. — La gaze n'est pas tachée de pus, partout l'épi-
derme apparait lisse.
29 mars. — Il existe un petit point non épidermisé, au niveau de la trompe, fournissant un très léger suintement.
Même état jusqu’en juin 1898, époque à laquelle ce suintement disparut.
Revue en juillet 1898. Bon état.
OBservaTiION LXIT. — Ofile moyenne chronique ancienne. Abcès mastoidien. Ouverture de l’'antre el de la caisse. Guérison.
Car... (Julia), sept ans. L'enfant, sans antécédents hérédi-
mr; |
taires, a eu la coqueluche, puis la rougeole à un an. Depuis quatre ans il existe une otite moyenne double. Cest il y à quinze jours qu'a débuté l'abcès mastoïdien avec cessation brusque de l’otorrhée de ce côté. Depuis trois jours on note de la fièvre, de l’insomnie et des douleurs violentes.
Le 9 octobre 1896, opération. Après incision de l’abcès, qui laisse écouler un pus abondant et fétide, on trépane au lieu d'élection et on arrive dans l’antre plein de fongosités ; il en existe également au niveau de l’aditus. Vu l'ancienneté de l'affection et les lésions objectives, on pénètre dans la caisse que l’on trouve remplie de bourgeons charnus ; il n’existe pas trace d'osselets. — Guérison le 28 avril 1897. — Du côté gauche, l’otorrhée, soignée par le traitement habituel, avait disparu rapidement.
OBsERVATION LXIII. — Ofite moyenne. Abcès mastoïdien. Ouverture de l’antre et de la caisse. Séquestre de la face interne de la caisse. Paralysié faciale. En traitement.
Boud... (Isabelle), trois ans. Les antécédents héréditaires sont mauvais. Le père est de santé délicate, sa sœur et deux de ses frères sont morts tuberculeux. La mère, sujette aux bronchites, a eu plusieurs hémoptysies ; elle semble actuellement en bonne santé. Sur sept grossesses il ne reste que trois enfants vivants ; deux nés avant terme n'ont pas vécu, un est mort à quatre
‘ans vraisemblablement de bacillose ; un autre, à peu près au même àge, de méningite. Deux autres enfants se portent bien. ‘
Celle-ci, élevée au sein, tousse facilement ; elle a eu la rougeole à deux ans. L'’otorrhée, survenue trois mois plus tard, en juillet 1896, était abondante et fétide, et fut traitée par des injections d'eau boriquée. |
Il y a six jours, début de la tuméfaction apophysaire, accompagnée de fièvre, de frissons, de céphalalgie, de délire. Actuellement gonflement rétro-auriculaire rouge, bien limité, fluctuant. Pas de paralysie faciale, pas de température.
Le 11 décembre 1896, l’abcès est incisé. On arrive en arrière sur un point érodé de l'apophyse. Après l'avoir ouvert avec