CHAPITRE IT
DE L'APOPHYSE MASTOIDE
L'apophyse mastoïde n'est pas une portion osseuse surajoutée, à évolution distincte, se développant aux dépens d’un point d’ossification propre. Tous les anatomistes, depuis Béclard, s'accordent à la considérer comme une dépendance du rocher. En réalité, elle se forme tout entière aux dépens des deux os qui constituent le temporal, l'écaille et le rocher, ainsi qu'il est facile de s'en assurer en suivant attentivement son développement.
Dans les premières semaines qui suivent la naissance, on voit le petit tubercule situé en arrière de l’orifice : tympanal, et sur Lequel s’insère le sterno-cléido-mastoïdien, devenir plus saillant et plus volumineux. Par une coupe horizontale, passant par son milieu, on constate qu’il répond à la partie inférieure de l'antre et au tissu -spongieux sur lequel repose son’ plancher. Durant les trois ou quatre premiers mois sa croissance s'effectue progressivement, mais il ne rappelle encore que bien vaguement l'aspect que revêtira plus tard l'apophyse.
Vers six mois il existe, en général, une surface osseuse saillante, nettement appréciable au toucher, et dont la forme commence à s’accuser ; la rainure digastrique, en
se creusant, en délimite l'extrémité inférieure qui doit constituer plus tard la pointe de l’'apophyse. On constate, en outre, que cette surface se trouve partagée par la suture pétro-squameuse, bien visible à cet âge, et dont la direction est oblique en bas et en avant, en deux parties sensiblement égales, antérieure et postérieure.
Dans le cours de la première année, ses contours se précisent avec plus de netteté ; il en est à cet âge de par- faitement dessinées ; il en est d’autres, par contre, qui n'apparaissent encore qu'absolument rudimentaires, constituées par un tubercule saillant, volumineux, mais ne donnant qu’une idée imparfaite de l'aspect qu'elle doit revêtir par la suite. Il est facile de s’assurer, d’ailleurs, que sa forme est entièrement subordonnée à la profondeur de la rainure digastrique; celle-ci délimitant son bord postérieur et sa pointe, on comprend aisément que la netteté de ses contours sera d'autant plus précoce que la rainure digastrique se creusera plus tôt. Entre deux et trois ans, il est de règle de trouver une apophyse bien dessinée dont l'aspect ne se modifiera guère par la suite.
Les limites qu’on a coutume de lui fixer, commodes au point de vue descriptif, sont en réalité purement conven-. tionnelles. On lui considère deux bords, antérieur etpostérieur : le premier, vertical, passe à la limite de l'orifice du conduit ; le second, oblique en bas et en avant, commence à l'extrémité postérieure de la rainure digastrique pour venir rejoindre le premier. De ses deux faces, l'une, interne, est courte ; l’autre, externe, convexe, beaucoup plus vaste mais très mal délimitée, comprend toute cette - partie de la région mastoïdienne située entre l’orifice du conduit et la rainure digastrique. Enfin sa base, extrè-
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mement oblique par suite de l'inégalité de ses deux faces, serait représentée par une ligne de section qui, partant de Ja crête sus-mastoïdienne, viendrait aboutir à la rainure digastrique.
Une seule partie de l’apophyse est bien délimitée : c’est celle que l’on désigne sous le nom de pointe de lapophyse et dont les dimensions sont mesurées par l'étendue de la face interne; extérieurement sa limite correspond à une ligne à peu près horizontale, qui passant en avant au niveau de la paroi inférieure du conduit, viendrait aboutir à l'extrémité postérieure de la rainure digastrique. Toute cette région est située au-dessous de l’antre.
Le mécanisme suivant lequel se forme l'apophyse est absolument l’analogue de celui qui a pour résultat le développement de la paroi postéro-supérieure du conduit. Ces deux portions osseuses se confondent et suivent toujours une marche exactement proportionnelle.
L'apophyse mastoïde résulte : 1° de l'élargissement du diamètre transverse de la fosse cérébrale moyenne et, par suite, du développement et de l’abaissement progressif des deux tables de l’écaille, dont l’écartement répond primitivement à la paroi,supérieure de l’antre et qui, en s’abaissant, vient se placer à sa partie externe ; 2° de l'accroissement du diamètre transverse de la fosse cérébelleuse et par suite de la face postérieure. du rocher, ayant pour résultat de reporter en avant et en dehors la région mastoïdienne; 3° d'un écartement progressif des deux tables de l’écaille et du rocher (fig. 40, 41, 42, 43, 44).
Au point de vue anatomique, la face externe de l’apophyse ne représente pas autre chose que la table externe du temporal ayant subi avec l'âge des modifications de forme, dues aux actions musculaires qui s’exercent à ce