I.XVIH INTRODUCTION
de l'Apôtre. « Oui, nous dit co saint Docteur; Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, il veut qu'ils arrivent tous a la connaissance de la vérité ; mais cette volonté, quelque sincère et quelque sérieuse qu'elle soit, ne détruit pas le libre arbitre de ceux qu'elle cherche a sauver (II. «Tous, sans exception, entendront, à certains moments décisifs de leur existence, cette voix de leur Père qui retentira au fond de leur âme et les appellera au Ciel ; mais il sera en leur pouvoir d'y rester sourds et de refuser de se laisser instruire par elle (2). Tous auront leurs jours de salut (5), mais tous n'en profileront pas. Tous se sentiront attirés vers la vérité et vers le bien, mais tous ne s'abandonneront pas a cette attraction divine. C'est surtout depuis l'incarnation du Sauveur que la lumière s'est répandue vive et abondante sur la terre. « Depuis que ce Soleil de vérité » s'est levé sur notre horizon, nous dit encore saint » Augustin, aucun homme n'a plus sujet de rejeter sur » les ténèbres dont il est environné, la responsabilité » de ses égarements (4).»
Il est vrai que, pour le plus grand nombre, il nous est impossible de découvrir les voies mystérieuses par lesquelles la divine miséricorde est arrivée jusqu'à eux: leur résistance en a effacé la trace. Au jour des révéla-
(1) Ve Spirit. et Lit t. xxxin.
•2) Joan. vi, 45.
;:s) II. cou. vi, -2.
(4) In PSAL. XVIII, 7.
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tionv seulement, noua saurons le secret des lattes intimes de la «race, et du travail <le Dieu «lans lei âmes uni semblaient les plus abandonnées de lui. Bien téméraire el bien coupable sérail cotai qui se ferait un sujet d'accusation contre la divine miséricorde, dos refiti mêmes que les hommes opposent a ses «-norts, et do soin qu'ils prennent d'étouffer ses amoureuses sollicitations. Qu'il soit sincère iree lui-même, et il ferra que s il n'est pasehrélien, et parfait chrétien, ee
n'est pas la faute de la grâce. Qu'il julio des autres par lui-même, et qu'il ne pousse pas la folio et l'injustice jusqu ii prétendre atténuer le crime avéré de sa propre rébellion, par l'innocence supposée do la rébellion d'autrui.
Tel est If second i nseignement que nous pouvons liier des paroles de saint Paul. Il suflit rigoureusement pour résoudre le problème qui nous occupe, pour venger la divine Justice et ré. luire l'incrédule au silence.
\vouons-le pourtant: cette solution ne satisfait pas complètement les instincts de notre foi. En présence des merveilles du Calvaire et de la passion d'un Dieu mort pour sauver tous les hommes, le cœur chrétien demeure tristement impressionné par le spectacle des vietimes si nombreuses de l'ignorance, de l'erreur, de la corruption, et il se demande encore, comment les désirs du Fils do Dieu expirant sur la croix, ont pu être jusqu'à présent si imparfaitement accomplis. Comment tant d'âmes créées îi l'image de la Trinité' et rachetées par le Bangda Sauveur, sont-elles restées étran-
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gères à cette copieuse rédemption, et n' ont-elles p;is
pour se sauver des moyens plus abondants ?
Dans cette douloureuse perplexité, recourons encore au divin Apôtre. 11 va nous l'aire connaître une autre condition qui a manque jusqu'ici a la complète exécution de l'œuvre du Sauveur, et dont la réalisation plus lidèle doit amener le salut du monde.
Que nous dit-il en effet? Que nous devons prier pour tous nos frères, parce que Dieu veut le salut de tous. Qu'est-ce a dire, sinon que l'accomplissement de cette miséricordieuse volonté ne déj end pas seulement de la libre coopération de ceux qu'elle cberclie à sauver, mais encore du zèle, des prières, des efforts de ceux qui sont déjh dans la voie du salut, et que Dieu appelle à v ramener leurs frères. C'est la l'explication dernière de l'état déplorable du monde, et le secret de son salut ;i venir.
Pour comprendre l'un et lautre, et entrer tout-li-fait dans la pensée de saint Paul, il est indispensable de recourir a une grande loi, qui, toute mystérieuse qu'elle peut paraître si on l'envisage en elle-même, n'en est pas moins la base essentielle de toute société humaine,, et Tunique explication recevable des principaux problèmes de l'ordre moral ; cette loi, nous la nommerons, a défaut d'un nom plus usuel, la loi de la mutualité.
In regard jeté sur le monde des corps nous apprendra la nature de celte loi. Notre raison nous dit
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que Dieu est la cause première -•( universelle da loul ce
qui existe et de tout ce qui se fait ilans le mon le, «'t que pas un atome ne pourrait so mouvoir, s'il no recevait do lui son mouvement. Et pourtant, de quelque eoié
que nous tournions nos yeux, ils ne peuvent nulle pari d< ouvrir aucune trace de l action immédiate do tour. Partout ce sont des corps <|ui meuvent d'autres
corps, (/est le soleil qui attire la terre: e'oal la terre qui, de son côté, attire les corps placés ii sa surface. C'est l'eau qui nourrit les plantes, ce sont les plantesjqui nourrisaenl L'homme, C'est la lumière qui l'éclairé , l'eau qui le rafraîchit, le feu qui réchauffe. Ainsi Dieu fait tout, et il ne fait rien tout seul. Son action, qui seule suffirait bien sans doute à atteindre d'une extrémité a l'autre, attend, pour se produire et se communiquer, le concours de ses créatures. Et de la précisément résulte tout l'ordre du monde visible: car si Dieu agissait tout seul, et s'il conduisait par lui-même chacune de ses créatures vers sa lin propre, il n'y aurait plus entre elles de liaison, il n'y aurait plus d'ordre, il n'y aurait plus d'unité . au lieu de {'univers, nous aurions lo chaos.
L'ordre physique repose donc tout entier sur l'action mutuelle que les corps exercent les uns sur les autres, et la merveilleuse harmonie qui y règne n'est que le résultat de la fidélité avec laquelle chacun des corps qui le composent transmet aux autres le mouvement qu'il a reçu.
Or, il en est ainsi du monde moral: les eon lilions