‹ L'apostolat de la priereChapitre 28 sur 84 · LXX.il ini nom ctio.n · texte numérisé non relu

LXX.il ini nom ctio.n

île son existence et de son harmonie sont parfaitement analogues. La aussi, il n'y auiait plus de liaison, plus d'unité, plus d'ordre par conséquent , si les volontés libres, qui en sont les éléments, pouvaient arriver à leur fin et conquérir le parfait bonheur indépendamment les unes des autres. Les hommes ne devraient plus rien à leurs semblables, et n'auraient plus rien a attendre d'eux; ils passeraient comme des étrangers qui ne se connaissent point; la charité, le dévouement, l'abnégation et tant d'autres vertus qui sont la gloire de notre nature, ne pourraient plus s'exercer ; il n'y aurait plus de société, puisque la société n'est que l'agrégation d'êtres libres, obligés à s'entr'aider pour atteindre une fin commune; c'est-a-dire que la plus belle œuvre de Dieu, celle qui représente le plus parfaitement, par son unité et sa variété, par son but et son action, l'ineffable société de trois divines Personnes, aurait cessé d'exister.

Voila ce que nous entendons par la loi de la mutualité, et voila en quel sens nous avons dit que la société humaine tout entière reposait sur cette grande loi.

Entre la société et cette loi il y a corrélation essentielle. La possibilité de la société résulte delà puissance qu'ont les âmes d'agir les unes sur les autres, suivant le degré d'autorité, de perfection et d'énergie dont elles sont douées; l'existence de la société résulte de l'obligation qui leur est imposée de s'entr'aider; enfin, son harmonie est proportionnée à la fidélité avec laquelle ce devoir est rempli, et à la constance avec la-

in modui i ion. i wiii

quelle ehacane de cei &m iniqu< i i elles qui

sont placées aii-de-sous délie lo mouvement qu elle ■ reçu du premier moteur.

Sans doute, dam l'ordre moral plus encore qtM dans L'ordre physique, Diei est le principe de tout mourez

ment, do tonte vie et de tout bien : c'est lui qui pousse toutes les volontés et qui Bgil <lans toutes les àmsi : i lui qui atteint d une extrémité I l'autre de l'uni- \e;s moral, et qui prenant une volonté coupable et dé* gradée dans l'abîme de son péché, la conduit jusqu'aux plus liants sommets de la perfection et du bonbeur. Mais, quoiqu'il agisse partout, nulle part il n'agitseul; il veut que ses créatures participent a son action, comme elles participent a son être. Sauf de rares circonstances, où sa sagesse exige qu'il fasse paraître la toute-puissance de son bras, il subordonne son action au i oncours des causes secondes. De cette liaison étroite, de cette continuelle dépendance où elles sont les unes vis-à-vis des autres, résulte leur parfaite unité au sein do leur immense variété; et de là vient que la création morale est, bien plus encore que la création physique. l'image du Créateur et le reflet do sa beauté divine.

Qui ne voit, en effet, que cette faculté laissée aux eau • ses libres, de coopérer à l'exécution des desseins de Dieu dans l'ordre moral, comme les causes nécessaires y coopèrent dans l'ordre physique, n'est pas seulement la condition essentielle de l'existence de la société et de la glorilication de Dieu dans lo monde, mais qu'elle est encore le titre principal de notre propre gloire'!' C'est

!.\\I\ INTRODU< riON.

par là que nous pouvons acquérir des droits à la reconnaissance île notre Créateur, et que nous nous rapprochons davantage de sa divine ressemblance.

Mais, qu'on veuille bien le remarquer, cette puissance de coopérer librement;! l'œuvre de Dieu, entraîne nécessairement la puissance de la traverser. En subordonnant l'exécution de ses desseins au concours de nos volontés, le Tout-Puissant a dû consentir a ce qu ils fussent entravés par nos résistances ; car la coopération qu'il nous permet de lui prêter serait illusoire, si, en la lui accordant, nous n'avions a attendre aucun résultat qui ne fût également assuré en cas de refus. Evidemment il n'y aurait plus alors dépendance mutuel'e, c'est-à-dire qu'il n'y aurait plus de société. Que deviendraient les devoirs de la paternité, si le père était assuré que l'oubli le plus complet de ses devoirs ne saurait porter aucun préjudice a ses enfants? Quel motif aurions-nous de travailler pour les autres, si nous ne pouvions leur procurer aucun avantage qu'ils ne possédassent également sans nous ?

Il estdonc évident que cette loi de la mutualité, cette dépendance où les bommes sont les uns vis-a-vis des autres, cette faculté qu'ils ont de se communiquer ou de se refuser les uns aux autres les avantages de l'ordre moral, est un glaive à deux tranchants, ou plutôt elle est semblable a l'arme que la Fable donnait a Achille, arme qui avait tout à la fois la vertu de blesser et celle de guérir. Le jour où nous sommes entrés dans la société humaine, nous avons é|é investis du pouvoir do

Page 1