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rapprocher ou d'éloigner de Dieu dos semblables, in philosophe a «lit que pu un atome ne se remuait dm i uni \ lis. vins que le contre-coup de ce mouvement m lii sentir jusqu'oui extrémités de l'espace. Ce qui peul •'•tir difficile à concevoir pour l ordre physique, est une vérité évidente pour l'ordre moral. Liées nos semblal)les par de continuels rapports, visibles ou cachés, nous dépendons sans cesse d'eux comme ils dépendent sans • de nou s. Nous pouvons augmenter pour eux, dans une proportion incalculable, les moyens Me salut, mais nous pouvons aussi 1rs diminuer jusqu'à un degré qu'il esl impossible d'assigner.
doute, Dieu ne pouvant refuser à aucune volonté libre les moyens strictement nécessaires pour literie mal et (aire le bien, devra pourvoir, ainsi que nous l'avons dit plus haut, à ce que les hommes, même les pins délaisses de leurs semblables, aient ces moyens à leur disposition, au moins a certaines époques de leur passage sur la terre. Mais pour ce qui est des moyens surabondants de silut apportés aux hommes par le Verbe incarné, cette Providence qui fait tout avec ordre, poids et mesure, exige qu'ils ne leur soient communiqués d'ordinaire que socialement, c'est-a-dire par le libre concours de leurs fi
Du reste, a le bien prendre, cette loi de la mutualité n'est autre chose qu'un des aspects de la grande loi de la charité dans laquelle se résume tout l'ordre moral. i àyes les uns pour les autres, nous dit saint Pierre. m un amour mutuel, i Ce précepte s'adresse a tous les
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hommes. Tous, sans exception, sont tenus de se vouloir mutuellement du bien. Pourquoi cela, sinon parce qu'ils peuvent se faire un bien réel les uns aux autres? Dieu, en effet, ne peut pas nous avoir obligés a l'impossible, et le premier des préceptes ne peut pas être un précepte stérile. Nous pouvons donc nous faire du bien, par cela même que nous sommes tenus de nous vouloir du bien ; mais par cela même que nous sommes libres d'accomplir ce devoir, nous pouvons refuser a nos semblables ce bien qu'ils avaient le droit d'attendre de nous ; nous pouvons leur faire du mal.
La loi de la mutualité une fois admise, le grand problème que nous nous sommes proposé ne saurait plus offrir de difficulté.
Si l'univers n'est pas encore chrétien, si tant de peuples n'ont encore que bien imparfaitement participé aux fruits de l'Incarnation, ce n'est pas que dans le plan de la divine Sagesse' ils fussent exclus de ce festin qu'elle avait préparé pour tous les hommes; mais c'est qu'elle n'a pas trouvé dans tous ceux qui y avaient été appelés les premiers, une coopération assez dévouée pour transmettre a leurs frères moins fortunés les avantages dont ils jouissaient. L'Eglise, il est vrai, n'a jamais cessé de promulguer ce grand devoir; elle n'aurait pu y manquer sans trahir son mandat, dans une de ses parties les plus essentielles. À toutes les générations de ses enfants, elle a redit les recommandations de l'Apôtre et réitéré ses pressantes supplications. En conférant à ses ministres le caractère sacerdotal, elle
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leur a rappelé qu'a l'obligation de paître las brebis fi* clèlea se joignait pour eux le devoir do ramenai an lu rcail les brebis égarées, i lie ne leui a jamais permis d'oublier que le monde entier avait été donné « n héritage h son divin Epoux ''t que son devoir à elle était <l-' le mettre en possession de cet héritage.
Mais il s'en faut bien que ces recommandations de l'Eglise aient été accomplies aussi bien qu'elles raient pu l'être et qui' le pouvoir de rendre la rie aux fanes ;iit été mis en œuvre par tous ceui entre les mains de qui ce pouvoir aurait dû produire les plus merveilleux effets, l Eglise n'a cessé de travailler et de plier pour le salut des Ames; mais combien parmi ses entants, ont refusé d'unir leurs travaux a ses travaux et leurs prières a ses prières! Combien au contraire, parmi ceux qui avaient reçu les dons les plus érainenls du génie, de la force, de l'autorité, au lieu de comprendre l'obligation que cette prééminence leur imposait de concourir plus puissamment a l'œuvre de Dieu, ont mieux aimé se servir pour perdre leurs semblables des facultés qu ils avaient reçues pour les sauver! In plus grand nombre, doués de qualités moins éclatant. >. n ont pris aucun soin de les faire valoir, croyant que c'était assez faire pour Dieu et la société, que de ne pas transformer, comme les autres, en instrument de ruine, le talent qui leur avait été' confié. I.a cause de Dieu et des âmes a été trahie indignement par 'ses serviteurs, en même temps qu'elle était attaquée avec fureur par ses ennemis, oui, voilàfpourquoi l'univers n'est pasen-
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oore chrétien, et est encore si loin de l'être; voila pourquoi, sur un milliard d'hommes environ qui peuplent la terre, plus de cinq cents millions ne connaissent pas le Sauveur. C'est que ceux qui l'ont connu jusqu'ici n'ont pas assez compris le pouvoir et l'obligation qu'ils avaient tous de transmettre à d'autres la lumière; c'est qu'ils n'ont pas assez pris au sérieux cette grande parole qui résume tous les devoirs sociaux : Dieu a confié à chaque homme le soin de son prochain (II.
Qu'on nous permette de rendre cette vérité sensible parun exemple. Prenons trois ou quatre de ces hommes dont l'influence sur les destinées de l'humanité a ét<; tout à la fois plus puissante et plus pernicieuse, Arius, Luther, Calvin , Voltaire.... et demandons-nous quel serait l'état factuel de l'univers, si ces hommes eussent consacré au service de la vérité ces talents et cette influence qu'ils ont malheureusement prostitués a la propagation de l'erreur. Qu'on se figure Luther, avec sa forte imagination, son âme ardente, l'entraînante impétuosité de son langage , parcourant l'Allemagne pourréveiller les peuples de leur sommeil, tirer leelcrgé de son ignorance, cl opérer partout la vraie réforme des mœurs publiques; qu'on se figure en un mot, Luther comprenant et accomplissant sa mission au seizième siècle, comme François d'Assies avait compris la sienne dans le douzième. Qu'on suppose, en même temps,
l] Eccli. X.V1II. 12.
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rnmnii' ui nouveau Dominique et un nouveau midi Louis, Calrin et Henri \ ni, en France ei en Angleterre, emptoyanf pour celte même «musc loi moyens don! ils itiepoeeient. Quelle prospérité pour l'Eglise, et quelle (orée pooi faire entrer dans son sein tout les peuples nouToaui que l'intrépidité des navigateurs découvrait ebaqnojourl Ne poorons-noas pas dire Bans témérité .in»' si ii rébellion protestante ne lïii renne, dans ce uniment décisif pour les destinées da monde, diviseï 1rs forces de l'Eglise, l'univers, a cette heure, serait chrétien?
Faisons maintenant une supposition toute contraire. Prenons ces vases d'élection, ces Imes de héros . qui s'abandonnant sans réserre à l'action de la grâce, lui ont permis de faire en elles et par elles de manies choses, un Vincent de Paul, une Thérèse, un Xavier. s'ils eussent refusés la charité divine le concours qu'ils I *« t ont si généreusement donné, combien la somme du bien sur la terre serait moindre qu'elle n'est aujourd'hui ! Car. remarquons-le bien, elle ne serait pas Beulement diminuée des fruits immédiats de leurs travaux, mais encore des fruits bien plus considérables qu'ont portés les rejetons qu'ils ont laissés ici-bas après eux. Or, qui pourrait dire tous les résultats médiats ou immédiats de l'action de ces grands saints? Qui pourrait compter la postérité spirituelle a laquelle leur parole, leurs travaux, leurs prières et leui s exemples ont donné' la vie de la grâce? Qui pourrait apprécier le vide immense qui se serait fait dans l'armée des élus, si, au lieu