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Gomment le midi de la France ;i-t-il échappé à la funeste hérésie dos Albigeois, et reconquis cette foi vive qui le distingue et qu'il semblait avoir à jamais perdue? Dominique eut recours au ciel; sous l'inspiration de .Marie, il établit la dévotion du Saint- Rosaire; et ce que n'avaient pu obtenir les armes conjurées des princes catholiques, fut le fruit de la prière.
11 est donc bien vrai l'oracle de l'Esprit-Saint : « l'iiez les uns pour les autres, afin que vous soyez » sauvés: la prière persévérante du juste est bien » puissante auprès de Dieu (lj. »
Si quelqu'un, trouvant ces faits trop éloignés de notre époque, désirait les voir continués par i\v^> traits plus récents, nous dirions : Regardez l'Angleterre. Quelques années se sont à peine écoulées, depuis que des prières ont été organisées pour demander au ciel la conversion de ce peuple, dont l'influence rendrait si facile la conversion du monde entier, et déjà l'élément catholique se développe avec une rapidité qui console le catholicisme autant qu'elle épouvante les chefs de l'Eglise anglicane. Des conversions nombreuses, éclatantes, ont ébranlé jusque dans ses fondements l'édifice que la main schismatique d'Henri Y1II avait élevé. Des doutes inquiets se réveillent dans des cœurs naturellement droits ; ils feront place, tôt ou tard, aux clartés lu-
(I) Orate pro invicem ut salvemini : mullum onim valet deprecalio jn-li assidua. Jac. y, ig.
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mineuses de la vérité, que l'on parait rechercher de lionne f.ij ; la science el la réflexion ramèneront l'Angleterre au catholicisme. La prière ;i préparé ce triomphe, ell ■ le hâte maintenant de tous ses vœux, elle le couronnera un jour, ayons-en la douce espérance.
liais qu'est-il besoin d'insister pins longtemps sur ce point, dans un moment où I'Archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires enregistre chaque jour de nouveaux prodiges, et, comme on arbre immense, poi i«- des fruits de saint, non-seulement en France ou elle est née, mais dans tout PuniYers! [i'Archiconfrérie n'est-elle pas née de la prière! N'est-ce pas an pied dc> autels que le saint prêtre, qui a été dans son établissement le digne organe des miséricordes de Marie, en conçut la première idée ! N'est-ce pas dans la prière et par la prière
qu'elle a pris de si rapides, de si merveilleux développements ! N'est-ce pas par la prière qu'elle obtient chaque jour de si consolants résultats? (l'est donc aux pieuses annales de I'Archiconfrérie que nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui désirent se taire une juste idée de l'efficacité de la prière pour le saint des âmes. Là, ils verront ce qu'elle pont pour la conversion des pécheurs les plus endurcis ; là, ils admireront lesmerveill sque la grâce opère sur les cœurs les moins préparés. Les peines les pins cruelles adoucies ou dissipées , les malades guéris ou heureusement disposés à une sainte
m irt , des paroisses entières changées on renouvelées, etc., etc. : tels sont les fruits que cette œuvre, inspirée et bénie du ciel, produit continuellement.
Ainsi le présent, comme le passé, proclame hautement la puissance sans bornes de la prière catholique ; et l'histoire de l'Eglise tout entière justifie !a parole du saint apôtre : « Priez les uns pour » les autres, afin que vous soyez sauvés; car la » prière persévérante du juste est bien puissante » auprès de Dieu (4). »
Aussi, quelque nombreuses que fussent leurs occupations, on vit toujours les saints fidèles à demander au ciel ce qu'ils ne pouvaient trouver sur la terre, la lumière et la grâce , pour eux et pour les âmes qu'ils travaillaient à sauver. Lorsque le jour, rempli par les exigences impérieuses d'un ministère qui absorbait tous leurs loisirs, ne se prêtait pas à leur pieuse ardeur pour l'oraison, la nuit leur venait en aide ; son silence et ses ténèbres favorisaient leurs communications avec Dieu. Nous ne pouvons comprendre comment les François de Sales, les Vincent de Paul, les François Xavier , ks Alphonse deLiguori, ont pu concevoir de si nombreuses et si vastes entreprises pour la gloire de Dieu. Et cependant ces hommes apostoliques, dont les travaux incroyables nous étonnent, nous confondent, consacraient à l'oraison un temps considérable : bien loin
1 Jac. v. Ifi.
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do trouver dans les occupations m multipliées du ministère, une raison pour se dispenser de la prière, il- \ trouvaient un motif de plus pour s'adonnera ce saint exercice. Ils comprenaient que, sans la prière, L'homme apostolique esl un soldai sans armés; il> comprenaient que, Dieu étant le maître des cœurs, ou avance plus la conversion des pécheurs ru plaidant leur cause auprès dece Maine suprême, qu'on
ne pourrait le taire par 1rs an In -s mni'iis.
Pourrions-nous, du reste, nous étonner de cette conduite îles saints, lorsque nous voyous les apôtres eux-mêmes donner à la prière la préférence sur tous les autres ministères? Ne pouvant suffire à leurs diverses occupations, ils choisissent sept diacres, et ils ieur contient des (onctions importantes; mais que se réservent-ils? quel est le ministère qui, à leurs yeux, l'e nportesor ions les autres par son excellence et ses résultats.'1 « Pour nous, disent-ils, nous nous » réservons le soin de vaquera la prière et à la pré- » dication(i). » Parler à Dieu au nom des hommes, parler aux hommes au nom de Dieu; plaider auprès de Dieu la cause des pécheurs, défendre auprès des pécheurs les intérêts de. leur Maître, et leur intimer ses volontés, voilà l'apôtre tout entier : \osvero,orationi et ministerio verbî instantes erinnts.
Bientôt après, nous les voyons se diviser le monde, et le parcourir à pas de géant, pour y établir le
l ACT. VI, 4