‹ L'apostolat de la priereChapitre 45 sur 84 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

TrolBlcme source de lu puissance île l'Apostolat s

l'union nu Cœur <le Ji'kuk.

Il nous reste encore un degré à franchir dans l'abîme des divines miséricordes; il nous reste à reconnaître la principale source de l'efficacité de nos prières, le litre le pins authentique et le plus irréfragable de notre noblesse, l'appui le plus solide de notre espérance, le plus précieux de tous ces dons par lesquels, selon saint Pierre, nous sommes entrés en partage de la nature même de Dieu (1).

Que la prière soit la disposition la plus convenable que Dieu pût exiger de notre faiblesse pour obtenir sa grâce; que l'association accroisse indé Animent la puissance de ce moyen de salut, c'est ce qu'il ncis a été facile de voir. Mais cette prière, par lie du cœur même le plus pur, faite avec la foi la plus vive, l'humilité la plus profonde, la persévérance la plus inébranlable, et portant au ciel l'expression de plusieurs désirs, unis ensemble comme s'unissent dans une même flamme plusieurs aro-

(1) Per quem nobis maxima et pretiosa promissa donaviî, ut perhsec efflciamini divin* consortes natura;. II Pet. i, 4.

D1 i a nui i;î . 109

mates qui B'évapoi enl en un délicieux parfum ; celte prière, quoique foi te dans lesconditions les plus tavorâbles à son succès, doit toujours, ce semble, rester

une (l'iiviv humaine, et par conséquent hors de toute

proportion avec la grâce divine qu'elle doit obtenir.

Il n'en est rien pourtant : la prière est une oeuvre

divine, aussi bien que la grâce qu'elle implore ; elle est divine par la source d'où elle émane, et qui est le Cœur du Verbe incarné; elle est divine par le principe qui la produit dans notre cœur, et qui est l'Esprit-Saint. El c'est précisément parce que ieu le Père reconnaît en elle la prière de son Fils bienaimé et de son Esprit, qu'il ne peut refuser de l'exaucer, et qu'il est comme contraint de se laisser arracher par une sainte violence les dons les plus précieux.

Ce ne sont pas là des métapborcs; ce sont des articles de notre foi aussi incontestables qu'ils sont consolants. Tâchons de nous en rendre compte.

ARTICLE PREMIER

Les prières des chrétiens sont les prières de Jésus- Christ.

Nos prières, avons-nous dit, ont leur source dans le Cœur de Jésus, de sorte qu'elles sont les prières de Jésus-Christ, aussi réellement, plus réellement qu'elles ne sont nos prières. Comment cela? Parce-

Ile l/AfOSTOLAT

que, dans l'ordre du salut, tous les chrétiens ne forment avec Jésus-Chrisl qu'un seul corps, dont il est la tète et eux les membres; d'où il suit que toutes les œuvres surnaturelles ne peuvent naître que de l'inspiration de Jésus-Christ, niélre commencées, poursuivies, accomplies qu'avec son concours.

Oh! qui nous donnera de foire saisira tous les chrétiens ce qu'il y a de réel et de divin dans ce dogme de leur incorporation à Jésus-Christ !

Sans doute, le baptême, par lequel ce miracle a été opéré, ne nous a pas privés de notre individualité ni de notre liberté personnelle; de même que, lorsque nous nous assimilons parlanulrilion les divers aliments, leurs molécules n'en demeurent pas moins distinctes de celles qui auparavant composaient notre corps. Ce qui fait que ces aliments ne font plus désormais qu'une seule chose avec nous, c'est qu'ils commencent à vivre de notre vie, à se mouvoir sous l'empire de notre volonté ; c'est que, en un mot, ils deviennent les parties intégrantes d'un tout qui a son existence propre, ses œuvres propres, ses destinées propres, c'est à-dire de notre corps. Ainsi en est-il des chrétiens qne le baptême a incorporés à Jésus-Chrisl : ils gardent leur existence individuelle ; ils ont même sur les parties purement matérielles de notre corps cet avantage qu'ils sont et ne cessent pas d'être des personnes. Mais, |OUl en gardant, par rapport ;.ux autres chrétiens avec qui ils sont ainsi unis, leur vraie personnalité,

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ils n'en forment pas moins entre nu et avec Jésus Christ , qui est le chef de M corps ili vin. un seul tout qui a des œuvres divines, des facultés divines, des destinées divines.

Personne n'ignore que c'est dans la tête ou plutôt dans la substance cérébrale dont la tète est le principal dépôt, qu'est le siège de la sensibilité et de l'activité «lu corps; c'est là qu'aboutissent toutes les impressions qui viennent affecter les organes; c'est de là «pic part le signal des moindres mouvements qn'exéentent les membres les | lus éloignés; et un membre perd toute sa puissance de sentir et de se mouvoir des que la communication entre lui el la tête est interrompue. Eli bien, celte dépendance, cette union dont l'observation scientifique démontre mieux louslesjours L'intimité, est l'image touchante de nos rapports avec Jésus notre divin chef. Bien avant que la science nous eût dévoilé les mystères de notre organisation, saint Paul se servait de celte comparaison pour nous faire comprendre que, dans l'ordre du salut, nous ne pouvons avoir aucun sentiment, aucun mouvement, aucune vie que par Jésus-Christ, et que toutes nos œuvres et toutes nos prières, dès qu'elles sont surnaturelles, sont vraiment les œuvres et les prières de Jésus-Christ. Et ce divin Sauveur nous avait auparavant enseigné lui-même cette vérité, sous l'image non moins saisissante de l'union qui existe entre la vigne et les sarments : « Je suis la vigne, > avait-il dit à

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