CHAPITRE TROISIÈME
IWltgWI <|iii <lolv«-nl l'i «nllcr pour loin • ri .^li-«- «l«« I' V|Mi-lnlut <le la I»i-I«-i-«-.
Ce il»- sont pas Beulemenl I< *s différentes sociétés particulières qui doivent ressentir l'heureuse influence tir cel esprit il ! zèle el <le ces grandes vues de la loi < 1 1 1 * » propagera l'Apostolat de la Prière; évidemment la plus grande part de ces avantages doit revenir à l'Eglise, c'est-à-dire à la société surnaturelle des âmes, à cette cité divine dont ces grandes vues sont la lumière, et cet esprit de zèle, la vie.
Rien n'est plus opposé aux intérêts de l'Eglise, rien n'est plus étroit et, par conséquent, moins catholique, suivant le sens étymologique de ce mot, que cet individualisme spirituel que l'Apostolat de la Prière tend à détruire. Et comment ne pas déplorer qu'un si grand nombre de ceux qui doivent à l'Eglise toute leur fortune monde, routes leurs consolations, toutes leurs espérances, leur vie même, songent si peu à elle, se préoccupent si peu de ce qui la touche, s'inquiètent si peu de ses dangers, souffrent si peu de ses douleurs? N'y a-t il pas dans
cette indifférence avec laquelle un grand nombre de catholiques envisagent les intérêts de leur mère, un désordre lamentable?
Cette considération, à elle seule, pourrait bien faire sentir l'utilité d'une œuvre qui n'a d'autre but que de remédiera ce désordre et de répandre parmi les chrétiens, avec l'amour de r Eglise, l'intelligence desesiniérètset la connaissance des événemerfts heureux ou malheureux qui la concernent. Mais nous la sentirons encore mieux, si nus réfléchissons avec quelque attention sur la nature de cette sainte société de» âmes et sur les conditions de sa prospérité.
ARTICLE PREMIER
Utilité de l'Apostolat de la Prière pour la conservation et la prospérité de l'Eglise.
Nous avons déjà parlé de l'Eglise : nous avons admiré en elle l'Association par excellence, l'image la plus parfaite de L'ineffable société des trois divines Personnes, ou plutôt l'extension de cette divine société de lumière et d'amour aux anges et aux hommes, par la médiation de Jésus-Christ, véritable Fils de Dieu par sa nature divine, et véritable frère des hommes par sa nature humaine.
Nous ne sommes plus tentés, sans doute, de ne voir qu'une simple figure de langage, que de grands
M Là PRIP.RE.
mets rides de sens, dans la définition que saint Paul non- donne de l'Eglise, quand il la nomme le corps mystique de Jésus-Christ. Noua conn lissons les conditions de l'existence de ce corps, dont le saint baptême nous a faits membres. Nous le savons, ce corps tout à la fois divin el humain, visible el invisible, céleste et terrestre, est destiné à unir la terre an ciel, à composer un seul tout de la création matérielle et de la création spirituelle, à faire vivre les hommes de la vie même de Dieu. Il a pour chef le Verbe incarné, pour à\me son divin ""Esprit, pour organes principaux les Apôtres et leurs successeurs dans l< sacerdoce, pour membres tous les fidèles, pour durée l'éternité.
L'Eglise est em ore, d'après une autre comparaison, fréquemment appelée par saint Paul, cet édifice dont Dieu prépare les matériaux sur la terre, poulies transporter un jour dans le ciel. Jésus-Christ en esi la première base ; les Apôtres en sont les fondements secondaires ; les docteurs, les évoques, les prêtres en sont les colonnes; tous les fidèles en sont les pierres; la grâce en est le ciment ; la charité el les autres vertus en sont les ornements précieux ; la gloire de l'éternité en est enfin le couronnement magnifique.
Enfin, c'est le Sauveur lui-même qui, clans son discours après la Cène, nous dépeint L'Eglise sous l'image d'une vigne féconde, qui étend ses rameaux dans tout l'iinhers. et dont les plus belles ti<?es fleu-
i o l'apostolat
rissent déjà dans l'éternel printemps du ciel, tandis que les autres sont encore sujettes aux orages de la terre. Lui-même en est le tronc, et tous les hommes en doivent être les branches; tous sont appelés à s'unir au divin cep et à produire en lui des fruits de vie.
C'est toujours la même idée que ces touchantes comparaisons nous présentent sous divers aspects : elles nul évidemment pour but de nous faire envisager l'Kglise comme la continuation de l'Incarnation, comme la communication successive aux différentes générations humaines de la sainteté et du bonheur dont le Fils de Dieu possède la plénitude par droit de naissance ; en un mot , comme le complément de Jésus Christ (I).
Or, il suffit de creuser, pendant quelques instants, cette grande idée, pour comprendre quels avantages l'Eglise ne peut manquer de retirer de l'Apostolat de la Prière.
Et d'abord, cette sainte société des âmes est, comme nous venons de le remarquer, tout à la fois visible et invisible.
Elle est visible clans ses membres mortels, dans son existence terrestre, dans son action extérieure. C'est par la parole humaine qu'elle se propage; c'est par des signes sensibles qu'elle confère la grâce dont
(1) Quae est corpus ipsius et plénitude» ejus. qui omnia in omnibus adimpktur. Eph. i. Î3.
DI là l'iUKiih. 191
Jésus-Chrisl lui a confié le dépôt ; c'est par des rites de même nature qu'elle offre son sacrifice. BUe est, bous ce rapport, comme sous tous les autres, l'im parfaite de son divin Epoux, qui lui aussi se servait de moyens extérieurs el sensibles pour opérer ses miracles, répandre sa grâce ei enseigner Ba doctrine.
Mais de même que celte vie sensible de Jésus- Christ n'était que la moindre partie de sa vie, et que les œuvres de ses mains et les paroles de ses lèvres tiraient leur vertu t\r> l'àme sainte qui en était le principe, et de la divinité qui les pénétrait de sa toute-puissance; ainsi la vie extérieure de l'Eglise n'est qu'un faillie rejaillissement de la lumière qui l'éclairé et de la chaleur du Saint-Esprit qui l'anime. Là se trouve toute la gloire de la tille du Roi , au dedans (1). De leur union avec l'Esprit de Dieu ses membres tirent leur force et leur fécondité, ils ne peuvent vivre qu'à la condition d'être constamment en communication avec leur divin Chef et de recevoir sans cesse de lui cette grâce surnaturelle qui est comme le sang de ce grand corps.
Mais si telle est la nature de l'Eglise, sa conservation ne saurait dépendre seulement de l'action extérieure de quelques-uns de ses membres : ceuxlà même dont l'existence est le plus 'cachée et dont l'influence ne s'exerce que par dc> moyens spirituels, par la prière et le sacrifice, doivent contri-