CHAPITRE QUATRIÈME
Opportunité <lo I* Aposl ola i <lo lu I*i»lè»*e.
Nous l'avons compris, on ne saurait courir aucun danger à s'oublier soi-même pour Dieu; avec lui on ne peut s'appauvrir par excès de générosité. Pour les biens spirituels comme pour les biens corporels, il est un renoncement qui reçoit le centuple ici-bas, en attendant la récompense infinie que le Ciel lui réserve; c'est celui que l'Apostolat de la Prière nous met en état de pratiquer, en nous rappelant les grands intérêts de Dieu, de l'Eglise et des âmes. En échange des prières et des sacrifices qu'il nous fait l'aire, il nous assure, nous l'avons vu, les mérites les plus abondants, les satisfactions les plus efficaces et les consolations les plus douces: il est pour les sociétés où il s'établit, un principe d'union, de paix et de prospérité, et pour l'Eglise un gage de renouvellement et de triomphe.
Mais ces prérogatives de la prière inspirée par le zèle n'ont rien de propre au temps où nous vivons; elles sont aussi éternelles, aussi immuables que les promesses du Sauveur qui en sont le fondement. On pourrait même dire qu'elles ressortent de la nature ri^s choses; car la prière étant le plus divin de tous
i kPOSTOLi r Dl LA PRIERE*
1rs instrumente, et le zèle !«• plus di\in de i« >ns les mobiles, il esl impossible qui le cœur humain mette en œuvre cette double force, sans se remplir de toute la plénitude de Dieu 1 1 1.
Nuis pourrions sansdouti nous contenter de i ei puissants n otifs, sans expliquer davantage l'importance spéciale que nous mettons à inculquer aux chrétiens de dos jours le grand devoir de la prière. Celui qui montre à ses semblables une mine précieuse, encore trop peu exploitée, serait-il condamné à se justifier de ce service! Il esl vrai qu'en nous poussanl à redoubler d'ardeur, ces considérations si encourageantes par elles-mêmes sont une sorte de reproche pour notre négligence passée. Mais c'est le reproche plein d'amour que le Cœur de Jésus adresse depuis dix-huit cents ans à tous ceux qui l'aiment. « Je suis venu apporter le l'eu sur la terre; et que désiré-jej sinon qu'elle en soit t loul entière embrasée (2)?» Tant qu'il y aura dans lemonde un seul peuple étranger à la connaissance et a l'amour du Sauveur, ces paroles devront faire rougir les chrétiens, en leur prouvant qu'ils ne font pas encore tout ce qui est en leur pouvoir pour rendre efficaces les miséricordieux désirs de leur Dieu.
Il ne sera dune jamais hors de propos de rappeler
i n impleamini Inomnem pleniiiulinom dh. eph. m, 19. aem veni înittero in terram,et qufd volo nisi ut arcendatur? la c. m, 19.
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aux enfants de l'Eglise ce grand devoir; mais ajoutons que jamais ce soin ne tut plus opportun que de nos jours. Plus que jamais il est urgent de faire un grand effort pour répondre enfin généreusementaux désirs du Cœur de Jésus, et plus que jamais nous avons lieu de nous promettre (pie eel effort sera couronné d'un magnifique triomphe. Un regard jeté sur l'état présent du monde nous convaincra de ces deux vérités; d'un côté nous comprendrons que jamais il ne fut plus facile à l'Eglise d'obtenir la pleine possession de l'héritage que son divin époux lui a acquis par sa mort; et de l'autre, nous ne pourrons nous dissimuler que si le inonde entier n'entre pas dans le bercail du bon Pasteur, il va tomber en proie à la plus horrible barbarie.
De là naissent deux sortes de motifs également propres à stimuler notre ardeur pour l'Apostolat de la Prière: motifs d'espérance et motifs de crainte.
ARTICLE PREMIER
Motifs d'espérante
Deux sortes de promesses ont été faites à l'Eglise de Jésus-Christ. Les premières sont de tous les temps, et leur accomplissement ne saurait être entravé par aucune puissance, soit humaine, soit infernale : ce sont les promesses d'immortalité que lui a faites son divin fondateur, quand il lui a dit
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que 1rs portes de l'enfor ne prévaudront jamais contre «'llf. Les autres promesses dépendent, pour leur réalisation plus ou moins prochaine, du concours des hommes : i e sont celles qui annoncent h l'Eglise la soumission entière de tous !<•< peuples à son maternel empire, el le concours empressé de toutes les tribus «-t de toutes les races vers la montagne sainte d'où elle doit leur dicter ses lois.
st des espérances basées sur ces dei nières pro-
s, qu'il est question eu ce moment. Nous ne
craignons pas d'alïinncr que l'Eglise n'eut jamais
plus de raison de croire à leur prochaine réalisation.
Pour qu'on n'en doute point, esquissons le vaste et intéressant tableau de la statistique religieuse «lu dix-neuvième siècle.
Commençons par l'Europe.
Qui ne sait les conversions nombreuses, éclatantes, qui s'opèrent tous les jours dans l'hérétique Angleterre? Qui n'a pas entendu parler du changement prodigieux qui se manifeste, depuis quelques années surtout, dans Les doctrine- de ses plus savants docteurs? Quel est le cœur catholique qui n'a pas tressailli de joie en voyant luire, pour l'ancienne terre lints, l'aurore de jours meilleurs, et les premiers rayons de la vérité éclairer de nouveau ce grand peuple?
In travail analogue ne cor.nncnce-t-il pas à remuer la Germanie?
Une voi\ éloquente partie des degrés du Irone
pontifical, nous disait, il y a quelques aimées, les espérances que l'antique empire de saint Henri faisait concevoir à l'Eglise. L'œuvre insensée du réformateur du dix-huitième siècle tombant de toutes parts en ruines ; le catholique allemand se désabusant du rationalisme qui l'avait séduit, et ranimant sa foi un instant obscurcie; le clergé ouvrant les yeux sur les mana'uvres qui avaient pour but de le séparer du siège de Rome ; les associations de charité et de zèle se multipliant; une vie nouvelle s'inliltranl dans ce corps affaissé partant de convulsions intellectuelles: tels sont les motifs de ces espérances.
Et depuis qu'un illustre Cardinal prononçait ces paroles, que de progrès se sont accomplis! Nous avons vu les associations catholiques tenir dans les principales villes de l'Allemagne leurs solennelles séances, que le fanatisme hérétique avait vainement essayé d'empêcher; nous avons admiré des œuvres nombreuses entreprises pour rehausser la splendeur du culte divin, propager l'instruction chrétienne, moraliser les ouvriers, fonder partout de nouvelles églises. Chose plus étrange et plus consolante encore! nous avons vu des religieux dont le nom était devenu un opprobre, parcourir comme des triomphateurs ces contrées où naguère ils étaient proscrits, et donner dans la patrie de Luther des missions qui rappellent les jours de saint Vincent Ferrier et de saint Antoine de Padoue ! Les plus vastes églises
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ai trouvées trop étroites pour contenir Ja foule ilholiques et des protestants, rivalisant d'ardeur pour entendre la v< i\ des ministres de Dieu.
Ni peut-on pas, sans illusion, voir dans ce mouvement qui se tait sentir sur tous les points de l'Aile* magne, la promesse d'un complet retour vers la vérité! La science et la bonne foi ont déjà conduit plusieurs de ses illustres savants au bercail de Pierre; espérons que l'impulsion partie de si haut ne s'arrêtera pas là, et qu'ébranlés par desj beaui exemples, bien d'autres viendront rendre à la vérité un hommage qui les honore.
La Russie elle-même, centre el foyer du schisme, ne nous offre-t-elle pas de précieux gages d'espérance dans les Dobles qualités qui distinguent ses enfants? N*a-t*elle pas pu déjà sesconfesseurs. et du sein de ce champ semé d'ivraie, ne voyons-nous pas s'élever des tiges bénies, destinées, on peut l'espérer, à répandre un jour le bon gTaio chez des nations plus malheureuses encore que coupables?
11 ne serait pis difficile, en parcourant les autres parties de l'Europe, d'y rencontrer partout, h côté du mal, quelque motif de confiance pour l'avenir et de consolation pour le présent. L'énumération en serait trop longue.
Mais je ne puis taire ce que nous admirons en fiance. Sans doute l'impiété \ l'ait encore de terribles ravages; une mortelle indifférence a pris dans un trop grand nombre d'esprits la place de L'incn -
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dulité moqueuse du dernier siècle; et la corruption, cette gangrène des cœurs, qui semblait être jadis le triste privilège de la population des villes, a envahi jusqu'aux, habitants des campagnes. Toutefois, au milieu de cette décomposition morale qui menace de tout détruire, quel mouvement s'opère sous nos yeux! C'est dans ce royaume, encore très-chrétien, que naissent chaque jour et grandissent, malgré mille obstacles, une foule D'institutions religieuses* consacrées, les unes au soulagement des pauvres et des malades, les autres à l'instruction de la jeunesse; celles-ci à préserver ou à réparer l'innocence, celles-là à continueren France l'œuvre apostolique des missions. ("est là que l'Association de la Propagation de la Foi a pris naissance et s'est développée avec le plus de succès; c'est au sein denotrecapitaleque s'est élevée l'Archiconfrérie du Cœur Immaculé de Marie, dont les membres se comptent déjà par millions, et dont les miracles surprenants attestent par toute la terre etla bonté de Dieu et la puissante intercession de sa Mère Immaculée. C'est en France que des cœurs généreux, pris dans tous les rangs de la société, depuis les lasses les plus élevées jusqu'aux plus indigentes, luttent avantageusement contre le torrent des mauvaises doctrines et le torrent non moins funeste des mauvaises mœurs. C'est dans notre pays que l'on voit croître et se développer, avec un succès inespéré, ces associations de Saint-Vincent de Paul, de Saint-François-Régis, et les cercles catholiques, qui.
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comme autant de centre* d'acri n, fonl cooler dans le cœur d'nne Bociété malade, la vie de la foi el de la charité destinée à la guérir.
Si, portant nos regards pins loin, nous considérons ces missions lointaines qui semblèrent un instant disparaître dans le gouffre creusé par une Irop fatale révolution, que iN- nouveaux motifs d'espérancesN tirent à nous !... L'Eglise ne fait, pour ainsi dire, que de se relever du milieu des ruines sous lesquelles on avait prétendu l'ensevelir ; on la croyait suffisamment occupée à panseï ses plaies, et voilà que, non contente de rentrer en possession du terrain qu'elle occupait avant la fâcheuse catastrophe qui mit presque ;'i néant toutes ses conquêtes spirituelles, elle étend plus loin encore qu'auparavant son action vivifiante et réparatrice ; ses entrailles maternelles se sont émues et dilatées, elle embrasse dans son cœur catholique et ca providence universelle tontes les nations el toutes Ira îles, et poursuit sur un plan pins vaste que jamais l'œuvre ré nératriee que lui confia le Sauveur dn monde. Grand nombre d'évêchés et de vicariats apostoliques récemment établis dans des pays jusqu'à cejourà peine connus, assurent an\ entants nom eau-nés de l'Eglise, une succession durable de pasteurs vigilants et de zélés missionnaires; et si, comme tout porte à le croire, l'œuvre suit, en grandissant, les proportions qu'elle a gardées depuis quarante ans. quel bel ivenirest promis à la religion, puisque, d*un côté,
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les vocations se multiplient sans cesse, ainsi que les corps religieux qui se dévouent au ministère su- Mime des missions, et que. de l'autre, on voit diminuer sur bien des points les besoins des contrées catholiques, mieux pourvues de pasteurs.
Nous ne l'igorons pas, de grandes difficultés restent à surmonter; mais, témoins des merveilles que le Seigneur opère de nos jours, pourrions-nous ne pas espérer qu'il eu opérera d'aussi éclatants à l'avenir,et qu'après avoir commencé l'œuvre il voudra bien l'achever?
La Chine a vainement essayé de relever la barrière presque insurmontable que depuis si longtemps elle opposait aux efforts de nos apôtres. Les armes de la France, devant lesquelles elle était une fois tombée, viennent de la renverser de nouveau. Ses ports, désormais ouverts au commerce, laisseront aussi une entrée libre et franche aux doctrines salutaires du catholicisme. Les récents triomphes imposerontaux mandarins, plus efficacement que les traités ne l'avaient pu taire, le respect de la vérité et de la conscience. La semence précieuse jetée depuis longtemps dansce vaste empire, arrosée des sueurs, des larmes et du sang de tant de dignes ouvriers qui l'ont évangélisé; cette semence, dis -je, commence à germer, et se développera au soleil de la liberté religieuse. Bientôt, nous avons droit de l'espérer, les conversions s'effectueront en masse; déjà, sur plu* sieurs points du Céleste Empire, nos prêtres, trop
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peu nombreux pour recueillir l'abondante moisson qui s'offre àeux, el préparer au baptême les paient qui sollicitent la grâce de la régénération, appellent à grandscrisdes compagnons el des aides, sans lesquels ils tomberont bientôt accablés sous le poids d'un travail excessif.
\u moment où nous écrivons ces lignes, le Japon, si longtemps fermée l'Evangile, vient enfin d'ouvrir à l'influence de l'Europe une porte qui ne saurait être tellement étroite, que le zèle catholique ne trouve le moyen de la franchir.
D'un autre côté, la France, malheureuse dans une première expédition en Cochinchine, a compris la glorieuse nécessité qui posait sur elle de protéger les chrétiens exposés, par suite même de l'appui qu'elle avait essaye de leur donner, à la plus affreuse de toutes les persécutions que les annales de l'Eglise aient eu à enregistrer jusqu'à «jour. Un traité a été conclu; la sécurité la plus complète a été promise aux disciples de l'Evangile. La France, nous l'espérons, ne permettra pas que ce traité devienne une lettre morte; elle maintiendra les glorieux résultats acquis par le sang de ses e-ifants: et ces belles coutiers, longtemps victimes d'une horrible oppression, nous devront bientôt les plus précieux de tous les biens: la vérité, la grâce, la liberté, la civilisatiou évangélique. Sous notre influence, le sang versé pour la foi portera ses fruits; les chrétiens, poursuivis jusqu'à ce jour comme des îu'-tes fauves, seront
réo mpensés de leurs longues souffrances, et les
païens, déjà convaincus de la vérité de notre sainte foi par le témoignage de tant de martyrs, abandonneront en foule leurs monstrueuses erreurs.
L'immense presqu'île de l'Indoustan nous offre un spectacle non moins consolant : c'est le vieux culte de Brahma perdant tous les jours de son crédit dans l'esprit des classes instruites, à mesure que la civilisation européenne se propage dans ce pays. Ce monument colossal élevé à l'erreur, privé de ses appuis politiques, mis à nu dans sa révoltante absurdité, rainé intérieurement par ses contradictions palpables, attaqué par la vérité toujours forte et puissante, ne saurait résister longtemps, et prépare une immense ruine.
L'Océanie, elle aussi, a ses apôtres ; et ses îles nombreuses, dociles à la voix des envoyés de l'Eglise, retracent la ferveur et la simplicité des premiers chrétiens, et rappellent ces réductions fameuses du Paraguay, théâtre autrefois de tant de vertus et de bonheur. Qui ne serait ému jusqu'aux larmes en voyant ces peuples dont l'ignorance seule fait le malheur, entourer avec un naïf empressement le missionnaire, recevoir de sa bouche la parole du salut, et abjurer à ses pieds les erreurs et les crimes de l'idolâtrie?
C'est en vain que l'Afrique oppose au dévouement catholique ses feux meurtriers, ses déserts arides, sos régions inconnues et la férocité de ses habitants.
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Le pied du missionnaire b foulé en bien desendroits cette terre inhospitalU re e1 maudite. 1/ tbyssinie l'a vu; il ;i planté sa tente au Sénégal el dans la Guinée ; il a entrepris, non sans succès, la traite précieuse et bienfaisante des âmes, el « es noirs que jadis on avait
peine à regarder con les hommes, tant ils étaienl
abrutis, onl commencée recevoir le bienfait de la civilisation chrétienne.
Enfin, il n'esl pas jusqu'au Juif, reste malheureux du peuple autrefois élu de Dieuel rejeté depuis pour son obstination déicide, qui n'offre de nus jouis des consolations à L'Eglise, el ne lui laisse entrevoir l'accomplissement de la grande prophétie qui annonce sa conversion future 1 1.
Il est «loue bien vrai <)u*il \ a dans l'Eglise, en ce moment surtout, un travail de vie et, pour ainsi dire, d'enfantement, qui se tait apercevoir sur tous Les points du globe.
Ce travail répond à un mouvement analogue qui se produit dans la société humaine, et qui nous fournil on motif également solide de bien augurer de l'avenir; je veux parler du mouvement irrésistible qui pousse tous les peupl< s du monde à se rapprocher el à s'unir.
i >n n'en saurait douter, tous les courants sociaux poussent le genre humain vers l'unité; l'unité est l'aspiration, le besoin, la nécessité de notre siè
i. Rom, si, S -
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cle. G'esl dire que notre siècle éprouve un pressant besoin de la vérité et de l'Eglise, car il n'y a d'unité
réelle possible que dans l'Eglise et par la vérité. Dans l'Eglise seule est l'unité des doctrines, parce qu'en elle seule est l'autorité doctrinale; hors de son sein il n'y a (pie des opinions, et par conséquent des dissensions et des luttes. Dans l'Eglise seule est l'unité des intérêts ; car elle seule montre aux hommes. au-dessus des intérêts terrestres essentiellement hostiles, un intérêt éternel commun à tous, qu'ils ne peuvent assurer que par le sacrifice de leur égoïsme. Dans l'Eglise seule est l'unité de famille du genre humain; car elle seule, avec le dogme d'une commune origine, maintient le dogme d'une commune destinée; elle seule apprend aux hommes à se considérer en Jésus-Christ comme de véritables frères, et comme les fils adoptifs du Père céleste. Donc entre la société humaine, qui veut à tout prix l'unité, et l'Eglise qui seule peut réaliser cette unité, il ne peut y avoir aucun dissentiment sérieux; il ne peut y avoir tout au plus qu'un malentendu. Que ce malentendu cesse, que la société sache enfin ce que veut l'Eglise et ce qu'elle veut elle-même, et la réconciliation ne pourra manquer de s'opérer.
Lisons l'histoire, et nous verrons qu'à toutes les époques où les peuples se sont rapprochés, à toutes les fondations des grands empires, Dieu a fait de miraculeux efforts pour couronner cette unité extérieure par l'unité intime et bien autrement salutaire