DE LA PRIÈRE. 2S
de la vérité. Nabuchodonosor, Cyrusel Uexandret ces chefs prédestinés de trois monarchies qui poi dèrent successivement L'empire de la terre, reçurent des lumières qui leur auraient suffi pour convertir le monde, s'ils eussent été complètement fidèles. L'Incarnation du Verbe, cet immense effort pour réunir tous les enfants de Dieu, a coïncidé avec la vaste unité fondée par les armes de Rome. I »»'|<i ii> ce temps, les siècles les plus remarquables par leur tendance à rapprocher les nations, le quatrième, le treizième, le seizième, ont été remarquables aussi par le nombre, la vertu, L'éloquence et les miracles dos saints que l>i<'ii a suscites dans son Eglise. Qui doutera qu'en ce moment, où L'unité des peuples devient infiniment plus étroite, el où La société a plus que jamais besoin de l'Eglise et de ses saints, Dieu ne nous accorde son concours? Ne se manquerait-il pas à lui-même, si, après avoir promis de donner toutes Les nations en héritage à son Fils, il négligeait La magnifique occasion qui se présente (le le mettre en possession de cet héritage Irop longtemps dilapidé ? Non; ce n'est pas Dieu qui restera en arrière. Faisons seulement notre devoir; prions, soupirons, travaillons, et nous verrons la rédemption d'Israël et le salut du monde (h.
(1) Les considérations indiquées dans cet article ont été plus complètement exposées dans l'ouvrage Intitulé: le* Bfpérwwts 'le TEgliée
ARTICLE II
Motifs de crainte.
Cependant il ne faut pas que L'espérance nous aveuglé sur les dangers véritables que court en ce moment la société. Si nous avons des motifs sérieux de compter beaucoup sur les secours de la divine miséricorde, nous avons des raisons également gra- U's de redouter fortement les vengeances de la divine justice.
L'Orient n'était peut-être pas plus coupable que ne l'est en ce moment l'Europe, quand il fut abandonné aux ténèbres du schisme et livré en proie au glaive vengeur de Mahomet. L'Afrique avait ses Augustin et ses Fulgence, ses vierges et ses martyrs, ses saints, en un mot, plus nombreux peut-être que les nôtres, quand ses florissantes Eglises furent envahies et ravagées par des flots de barbares. Quelle assurance pouvons -nous avoir qu'un pareil sort ne nous soit pas réservé, si nous poussons plus loin notre obstination, et si nous ne mettons pas fin sans délai à une révolte trois fois séculaire ? Et quelle raison n'avons-nous pas de craindre que la société ne s'enfonce de plus en plus dans son aveuglement, tant que d'affreuses calamités ne l'en tireront pas comme malgré elle? Les résultats si incomplets et si passagers des dernières épreuves ne nous donnent-ils pas
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lieu de penser que, pour opérer une sérieuse rénovation dans un corps tout gangrené par la cupidité el la mollesse, il ne faudra rien moins qu'un déluge de Bang '.
Ne fermons pas les yeux sur ces motifs de crainte; ayons, au contraire, assez de courage pour les envier de sang-froid. Cette vue calme et réfléchie de nos dangers Btimulera notre ardeur, el fortifiera la résolution où nous devons être de seconder de toul notre pouvoir l'action de ta divine miséricorde qui cherche à nous sauver.
Pour bien apprécier les dangers de la situation présente de la société, nous allons nous poser deux questions.