CHAPITRE PREMIER
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Hooêentite m vobis, quod ei in Christo Jesu (1). N'ayez d'autres sentiments que ceux de Jésus-Christ. Ge mol de saint Paul esl l'abrégé de toute la spiritualité chrétienne.
[miter Dieu a toujours été lo premier devoir comme la souveraine gloire de l'homme. Et quand le tentateur promettait à nos premiers parents (m'en mangeant du fruit défendu, ils seraient semblables à [Heu, il M taisait que détourner vers un but coupable la plus sainte et la plus essentielle aspiration de leur nature.
Dieu en effet ne nous a créés à son image et à sa ressemblance que pour que nous rendions cette ressemblance de plus en plus parfaite; il ne nous a communiqué le pouvoir qu'il a de connaître la vérité et d'aimer le bien, que pour que nous nous unissions à lui, en le connaissant comme il se connaît, et en l'aimant comme il s'aime.
Mais combien ce glorieux devoir de ressemblera Dieu est devenu pour l'homme d'une obligation plus
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étroite et d'un accomplissement plus facile, depuis que Dieu est devenu homme et que le modèle dont nous ne pouvions atteindre la sublimité s'est abaissé jusqu'à nulie petitesse! Jadis l'homme devenu chair avait forcé l'Esprit de Dieu à s'éloigner de lui; en Jésus-Christ, c'est le Verbe de Dieu qui s'est fait chair pour nous attirer à lui et nous ramener à son Père. Qu'est-ce qui pourrait désormais nousarrèter? Quelle est la perfection où nous désespérerons d'atteindre à la suite de ce guide miséricordieux qui, en même temps qu'il nous montre le chemin, nous donne la force pour le suivre;qui sou.ient notre faiblesse et nous relève de nos chutes? Ce que le tentateur nous avait présenté comme une trompeuse séduction est devenu pour nous une réalité et une obligation aussi facile que glorieuse. Pour devenir des hommes vraiment divins, il nous suffît de marcher sur les traces de l'Homme-Dieu , de modeler sûr lui nos sentiments, notre langage et nos actions. L'imitation de Jésus-Christ résume donc toute la perfection chrétienne ; mais elle résume aussi tout l'exercice de l'Apostolat de la Prière.
Nous ne l'ignorons pas en effet : la vie de Jésus- Christ a été et est encore une vie tout apostolique. Descendu du ciel pour le salut du monde, il n'a eu autre chose en vue durant toute sa vie mortelle ; il n'a autre chose en vue encore^dans sa vie de gloire au ciel et dans sa vie de sacrifice au tabernacle; sur son trône comme dans sa prison d'amour,
HP. là PRISAI
aujourd'hui comme il J B <li\-huit sied»1?, il est toujours Jésus, toujours Sauveur. La gloire de Dieu sou Père, qui est la fin derrière de tous ses travaux el It-hiit suprême de toutes ses aspirations, est insépaiu\ de la sanctification »1< s hommes .ses res. il a donc le même zèle pour celle-ci que pour celle-là. C'est pour ers deux tins, qui pour lui n'eu sont qu'un. , qu'il n'a cessé surla terrede soupirer, de travailler de souffrir, et qu'il ne cesse encore de prier dans le séjour de sa gloire, et de s'immoler sur l'autel.
Si donc nous voulons L'imiter parfaitement, nous n'avons qu'un seul moyen: désirer comme lui le salut des âmes; prier, travailler, souffrir dans ce but! Nos sentiments ne ressembleront à ses sentiments, et nos œuvres à ses œuvres, qu'autant que ce seront des sentiments et des œuvres apostoliques. Jésus- Christ a voulu passer par drVers Ages et par différents états, afin de fournir à tous les âges et à tous les états le [modèle parfait des vertus qui leur conviennent. Mais il est nue vertu qu'il exerça également à tous les moments de sa vie et dans toutes les positions: c'est le zèle. H est une œuvre à laquelle il subordonna toutes les autres œuvres :1a rédemption des hommes. Donc tous ceux qui veulent sérieusement marcher à sa suite, quelque position qu'ils occupent, doivent joindre le zèle aux vertus propres de leur état, et faire servir toutes leurs actions au succès de celte grande n uvre.
L'APOSTOI. \.
Jésus-Christ, en leur en imposant l'obligation, leur en fourni ( les moyens. Pour comprendre que rien n'est moins difficile que l'accomplissement de ce devoir, il suffit de nous rappeler ce que nous avons dit plus haut.
Il est indubitable que le Verbe incarné n'opéra pas moins efficacement le salut du monde par les plus humbles travaux de sa vie cachée que par les œuvres les plus éclatantes de sa vie publique. Toutes ses actions furent également méritoires, parce qu'elles furent animées par une intention également pure et par un zèle également ardent. Il nous apprend par là que ce ne sont pas seulement quelques œuvres de choix que nous pouvons revêtir de cette efficacité et de ce mérite, mais les actions môme les plus indifférentes par elles-mêmes, nos moindres soupirs, notre vie tout entière, en un mot. Pour cela, qu'avons-nous à faire? Revêtons-nous de son esprit, confondons nos intérêts avec ses intérêts ; que le zèle devienne pour nous comme pour lui le principe de tous nos mouvements, qu'il nous fasse tendre au même but et agir dans le même sens ; alors nous aurons atteint la perfection du christianisme, alors aussi nous exercerons dans toute sa perfection l'Apostolat de la Prière.
On comprend déjà en quoi consiste généralement l'exercice de cet Apostolat. Unir, aussi fréquemment etavecautant d'ardeur que possible, nos intentions avec les intentions du Cœur de Jésus; offrir