PE LA PRIERE
protecteurs le moyen d'étendre bien plus loin leur influence el d'augmenter ta somme de gloire qu'il» doivent rendre à Dieu, non-seulement de tout l'éclat de notre propre sainteté, mais encore de toute la sainteté des âmes que nous conduirons avec nous au ciel.
L'Apostolat de la Prière ne nous unit donc pas seulement au Cœur de Jésus, il établit encore une société plus intime entre ceux qui le pratiquent, et les membres glorieui de ce divin Chef. 11 nous donne à leur intercession un droit spécial. Ce que nous avons dit de la piété chrétienne en général, ce que nous avons démontré par rapport à nos divers exercices de piété, nous p iuvons le dire également de nos rapports avec les saints du ciel : ces rapports ne porteront tous leurs fruits que lorsqu'ils seront animés de l'esprit de l'Apostolat.
Tout ceci s'applique indistinctement à tous les amis de Dieu et à tous les princes de sa cour. 11 est manifeste pourtant qu'il en est parmi eux dont la protection est plus efficace et que nous pourrons par conséquent invoquer avec plus de confiance. Ce sont ceux qui ont témoigné sur la terre un plus grand dévouement i N'otre-Se'.gneur, et qui ont travaillé et souffert d ivuntage pour son Eglise.
Ce sont, parmi les justes même de l'ancienne loi, David el Isaie qui ont prédit si magnifiquement le règne de Jésus-Christ, Daniel dont les prières et les larmes ont hâté son avènement.
U'iest le divin précurseur, Jean- Baptiste , qui a aplani les voies par lesquelles le Messie devait se montrer aux hommes, et qui a préparé les cœurs à le recevoir.
Ce sont tous les membres de la famille du Sauveur, saint Joachim. sainte Anne, sainte Elizabcth, ces suintes femmes qui, unies à Marie, accompagnèrent Jésus-f.lirist dans tous ses voyages, pourvurenl à sa subsistance, le consolèrent dans sa passion du lâche abandon des disciples, et inaugurèrent ainsi le glorieux Apostolat delà femme chrétienne.
Ce sont surtout les Apôtres, les fondements de l'Enlisé qu'ils ont cimentée de leur sang; et, entre tous les apôtres c'est saint Pierre, le porte-clefs du royaume céleste; saint Paul, l'apôtre des nations et !•' grand héraut de l'Evangile ; saint Jean, l'apôtre du Cœur de Jésus, le fils adoptif de Marie.
Ce sont les grands Papes qui ont soutenu ou relevé l'Eglise par leur fermeté et leur zèle, saint Léon, saint Grégoire- le-Grand, saint Grégoire VII, saint Pie V.
Ce sont les héritiers de la charité et de la vertu des Apôtres, ces hommes [ uissants en œuvres et en paroles, qui ont porté le flambeau de la foi chez les infidèles ou qui l'ont rallumé chez les chrétiens, saint Dominique et suint François d'Assise, saint Vincent Ferrier et saint Antoine de Badoue, saint Ignace et saint François Xavier, saint Philippe de Néri et saint François de Sales, sont Vincent de
Paul cl sahil Uphonsc de Ligori, el tant d'autres grands son rteurs <!<• l'Eglise et des Ami -
sonl enfin ces femmes héroïques <l< >n t le ce m a brûlé d'un rôle qui m- h' cédail «mi rien au zèle «les plus ardents \potres, et qui ont rendu au>>-i h lise les plus éminents services, sainte Catherine dé Sienne <'t sainte Colette, sainte Gertrude et sainte Thérèse, sainte Madeleine de Pazzi et sainte Françoise de Chantai,
On le comprend, nous ne pouvons songer à faire une liste complète les Saints pi se sont distingués par leur zèle, et qui' les Vssoj iés de l'Apostolat peuvent invoquer avec pins deconfiance. Il suffit d'atoir indiqué les Carmes principales sous lesquelles ce zèle i'est manifesté et les litres divei*s auxqui l> nous pouvons solliciter leur concours, [/instinct du Saint-Esprit fera le reste.
Enfin une dernière dévotion qui ne s'allie pas moins avantageusement que les précédentes avec l'Apostolat de la Prière, c'est celle qui s'adresse aux élus qui ne jouissent pas encore de la vue de Dieu. quoique leur éternelle prédestination soit déjà assurée; ;i ces saintes âmes dont quelques-unes peuvent être plus agréables à Dieu que le plus grand nombre des bienheureux . et qu'il retient pourtant enchaînées dans les cachots de sa justice, la dévotion auu âmes du purgatoire.
j02 l'apostolat
Si ces saintes âmes ne peuvent pas être proprement l'objet de notre Apostolat, elles en peuvent être les puissants auxiliaires. Il est vrai que, leur salut étant assuré, et le degré même de leur éternelle gloire irrévocablement fixé , nous n'avons plus à exercer notre zèle par rapport à leur sanctification ; mais nous pouvons liàtcr pour elles le moment où elles iront jouir de leur éternelle félicité. Et n'est-ce pas là une œuvre bien digne de notre Apostolat? S'il a pour but de promouvoir tous les désirs du Cœur de Jésus, et d'ouvrir aux âmes les portes du ciel, nous n'avons aucun motif d'en arrêter l'exercice aux portes du purgatoire. Il n'y a que les murs de l'enfer qui soient inaccessibles à son influence.
Mais ces âmes peuvent être surtout les auxiliaires de notre Apostolat. Elles le peuvent déjà, avant même que nos suffrages ne lésaient fait sortir de leur prison, puisque, animées de la même charité qui rendra au ciel leurs prières si puissantes, elles ont déjà le droit de les adresser à Dieu avec laconliance d'être exaucées. Il n'est qu'un droit qu'elles .lient perdu en sortant de ce monde, celui de satisfaire méritoirement; niais si la justice divine se doit à elle-même d'exiger l'entier paiement de leurs dettes, la divine Bonté n'a aucune raison de repousser leurs supplications.
Mais c'est surtout lorsque, par la vertu des indulgences que nous gagnerons pour elles, ces saintes aines auront vu les portes du ciel s'ouvrir devant
DE IV lt« I ERF. Stifl
elles, qu'elles seront disposées à prier pour nous, ,i recommander à Dieu toutes nos intentions, et à appuyer notre apostolat. Nous ne manquerons pas de nous prévaloir de cet avantage ; nous gagnerons pour les aines du purgatoire autant d'indulgences que nous pourrons. Mais nous mettrons à l'application de ces indulgences cette condition, que les am a dont elles abrégeront les souffrances, nous obtiendront de Dieu un accroissement de zèle, qu'elles s'intéresseront à la propagation de l'Apostolat de la Prière, et qu'elles prieront avec nous pour le salut des pauvres pécheurs.
§ IV. Pratiques utile» JKHW renouveler le.< intention» de l'Apostolat.
Jusqu'ici nous n'avons pas mis en avant une seule pratique propre à l'Apostolat. Nous nous sommes contenté de laire connaître les moyens d'animer de l'esprit de l'Apostolat les diverses pratiques en usage parmi les chrétiens pieux. Nous pourrions en rester là : car, nous l'avons dit, et nous ne craignons pas de le répéter, l'Apostolat de la Prière est tout entier dans cet esprit.
\ est-il pas à craindre pourtant que si cet esprit ne prend corps dans aucune pratique spéciale, il ne s'évanouisse peu à peu, et que par là-mème nos ieuvrea ne se trouvent privées du mérite incompar.ilile dont il devait les doter? Pouvons-nous oublier que nous ne sommes pas de purs esprits, et que par
conséquent ce qui est purement spirituel ne saurait ni toucher vivement notre cœur, ni demeurer longtemps dans notre pensée! Notre expérience de chaque jour ne nous prouve-t-elle pas que notre mémoire a besoin de signes pour retenir les choses inênie que les signes ne peuvent exprimer, et que les idées qui ne se rattachent à rien de sensible s'effacent bientôt de notre souvenir? Noire-Seigneur Lui-même n'a-t-il pas accepté cette condition de notre humaine faiblesse, et ne s'est-il pas cru obligé de revêtir des formes visibles les opérations les plus invisibles de sa grâce! Si nous devons éviter de Surcharger l'Apostolat de pratiques qui en rendent l'adoption trop difficile, ne serait-ce pas tomber dans un autre excès et en rendre l'exercice plus difficile encore, en ne fournissant aucun signe auquel cet exercice put se rattacher.
Voilà ce que nous avons dû nous demander. Aussi, quelque répugnance que nous éprouvions à entraver en aucune manière la liberté des âmes que nous appelons à l'Apostolat de la Prière, nous n'avons [tas cru pouvoir nous dispenser d'indiquer certains moyens de se renouveler dans l'exercice de cet Apostolat, chaque jour, chaque semaine et chaque année. Mais ces moyens eux-mêmes vont nous être fournis par les pratiques les plus familières aux personnes pieuses.
Chu'juc i'>nr il est de la plus haute importance de renouveler i sprcssément, dès le matin, L'offrande de toutes les œuvres de la journée pour les intentions du Cœur de Jésus »'i pour les fins de l'Apostolat. Cette offrande peut suffire pour donner à toutes nus oeuvres le rpérite excelle] i <i"' accomgagne l'exer*
(ire de lu charité et du zèle, .1 Ul Beulfi r.mditioll (JUC
nous ne la rétracterons pas, en laissant délibérément [)énétrer dans notre volonté des intentions oon?
h aires. .Mais si on négligeait tic renouveler cette offrande chaque jour, on aurait un juste sujei «le craindre GjueL'intentiQD dv lète cessai de les animer de si vertu.
Pour renouveler <■<•'(• intention, on peut adopter la formule suivante ou toute autre semblable:
s Mon Dieu, je vousoffie toutes les actions de cette journée en union avec celles de Notrc-Seigneur Jésus Christ, de la très-sainte Vierge et de tous les Saints, pour tontes les intentions pour lesquelles votre divin Fils s'est immolé sur la Croix, et va s'immol t encore aujourd'hui sur l'autel clans toutes les parties du inonde. «
On pourrait même se contenter i l'appliquer au renouvellement quotidien des intentions de l'Apos toîat qui so it ! is intentions mêmes du Cœur de Jésus, la prière prescrite mx associés de ce divin
30o L'&VOSTOIjAT
Cœur, à savoir le Pater, Y Ave, le Credo avec celte aspiration : 0 Cor Jesu duloissim Um . fac le magis ac magis diligam ! ou en français : Cœur aimable de mon Jésus, faites que je vous aime de plus en plus! Cette prière, à laquelle sont attachées des indulgences considérables (I), est en effet la mieux appropriée aux tins de l'Apostolat. Le Pater embrasse ces lins dans toute leur ampleur : il nous élève au ciel, siège principal de notre commun Père, et de là il nous fait envisager tous les intérêts de son immense famille. Ce n'est pas en notre nom seulement, c'est encore au nom de Jésus-Christ notre frère, que nous demandons au Père céleste, pour tous ceux qui sont encore éloignés de la patrie, la sanctification de son nom, l'avènement de son règne, l'accomplissement de sa volonté, le pain qui nourrit l'âme, et le pardon des offenses qui la souillent, la préservation du mal à venir et la délivrance des maux déjà contractés, en
(1) A tous ceux qui récitent c^tte prière chaque jour, soit qu'ils aient été agrégés dans la Confrérie du Sacré-Cœur, soit qu ils n'aient pas la facilité de s'y faire agréger, est accordée une indulgence plénière: rie premier vendredi ou le premier dimanche de chaque mois; 2° un jour de chaque mois à volonté; 33 le jour de la fête du Sacré-Cœur ; 4° à l'article de la mort, pourvu qu'ils invoquent, au moins de cœur, le saint Nom de Jésus. — De plus, ils gagnent une indulgence de GO jours pour chaqueœuvre de piété faite pendant le jour. — Pour gagner le trois premières indulgences, il suffit de se confesser, de communier et de prier aux internions du Souverain Pontife; mais la visite d'une église n'est pas nécessaire. P. M vuuel, le Chrétien éclairé, p. -249, !• édition.
DR LA l'IUKHF.
un mot, tout ce que la charité peut nom porter a demander pour tous ceux qui peuvent avoir besoin de nos prières Ne sont-ce pas là toutes Les intentions de l'Apostolat, et pour nous renouveler dans ers intentions est-il besoin d'une autre formule?
Par VAve Maria, que nous récitons ensuite. nOUS mettons notre Vpostolat sous la protection de Marie Heine des Apôtres. Pas plus que dans le Pater nous ne bornons nos désirs à nons-inèims; c'est pour tous les pécheurs aussi bien que pour nous, c'est en particulier pour ceux qui sont arrivés à l'heure décisive de la mort, que nous prions Celle qui est pleine de grâce, et qui, à cause de sa plénitude mémo , est toujours disposée à venir au secours de ceux qui en sont dénués.
Enfui, pour nous encourager à tout attendre de la miséricorde du Père céleste, par la médiation de Jésus et l'intercession de Marie, nous récitons le Credo, tableau raccourci, mais bien touchant, des merveilles que la charité divine a opérées pour notre salut. Nous voyons cette divine charité, après être sortie une première t'ois d'elle-même par la création, oeuvre de Dieu le Père, en sortir de nouveau par l'incarnation de Dieu le Fils, faisant naître ce Verbe éternel d'une humble Vierge, le poussant à souffrir, a mourir, à descendre dans le tombeau, pour expier nos fautes; puis l'en faisant sortir victorieux et le ramenant au ciel dont il prend possession en notre nom. — Enfin nous voyons la charité
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divine consommant dans la personne du Saint-Esprit -es merveilles précédentes, sanctifiant par lui l'Eglise, unissant en un seul corps tous les hommes par la communion des Saints, les délivrant de la mort de l'âme par la rémission des péchés, se préparant à les délivrer de la mort du corps par la résurrection, et mettant le comble à tousses bienfaits en les faisant entrer dans la plénitude de la vie et du bonheur de Dieu. Que manque-t-il à ce tableau qui va de l'éternité à l'éternité, et qui embrasse l'histoire complète de la charité divine? Comment pourrions-nous songer à tant de merveilles et de sacrifices accomplis par la divineTrinité pour le salut des hommes, sans nous sentir stimulés à offrir toutes les actions et les souffrances de notre journée pour ces immenses intérêts?
Mais nous ne nous contenterons pas de cette offrande faite le matin. Elle pourrait suffire sansdoute pour faire de toutes nos œuvres des oeuvres apostoliques, et pour les revêtir du mérite qui accompagne ce genre d'oeuvres. Mais ce mérite sera d'autant plus grand que l'intention à laquelle il est attaché sera renouvelée plus fréquemment et avec plus de ferveur. Nous avons donc tout à gagner à ne pas laisser passer un temps considérable sans nous la rappeler. Cela sera facile si nous nous habituons à animer de cet esprit tous nos exercices de piété, la sainte Messe, le saint Office, le Rosaire, les Chemins de Croix, les visites au Saint-Sacrement, VAiu/r/vs. Ce
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seront là» comme aulanl de moniteur* • ] n i 1 1 us rappelleront les besoins des limes et les désirs de Cœur de Jésus, tes objets pieux qui nous entourent, les crucifix, les images des Sdints, pourront nous rendre le même service. L'horloge, en nous nnrquant les divisions du temps, nous fera Bouvenlr qu'à chacune des set ondes qui viennent de s'écouler pendant l'heure précédente, .1 chacune de celles qui vont s'écouler pendant ITiëure Buivante, une ftme paraîtra devant Dieu, pom \ entendre la sentence qui fixera éternellement son sort.
Combien d'autres industries encore ne suggérera pas le zèle pour rivaliser en quelque sorte avete le Cœur île Jésus, et pour ne pas oublier davantage ses intentions qu'il n'oublie nos intérêts. Nous le presserons sans relâche de nus amoureuses sollicitations. Nous lui dirons souvent: Olésusji
offre celte action \ >-ni (ûUtesles intentions pour lesqucllcsvous vou.s Itntrèàh . fftif, sur Pcnitel,
àDieuvotrePère ! Nous ajouterons cette aspiration à nos autres prières; nous la répéterons au commencement et dans le courant de nos diverses œuvres. Nous pourrons aussi répéter souvent, en lui donnant le même sens, l'aspiration encore {dus courte à laquelle lesouverain Pontife Pie IX a attaché une indulgence de 100 jours: Mon Jêsi/s ! mîséricofdei Et tout cela peut se faire sans contention, sans trouble, sans nuire aux devoirs que l'on a à remplir, au contraire, de manière à rendre beaucoup plus facile et plus parfait l'accomplissement de nos devoirs.
Et puis, que de touchantes pensées, que de brûlantes aspirations l'Evangile, les épîtres des Apôtres ne fournissent-ils pas aux aines animées de l'esprit de l'Apostolat! Tantôt nous rappellerons à Xotre-Seigneur les paroles par lesquelles il nous a exprimé le désir dont il est embrasé pour notre salut : Seigneur, lui dirons-nous, n'avez-vous pas dit que vous étiez venu apporter le feu à la terre, et que vous ne désiriez rien tant que de l'en voir embrasée (ly? N'êtesvous pas venu pour que les hommes aient la vie, et pour qu'ils l'aientavec abondance (2J? Pourquoi donc sont-ils encore en proie àla mort?X'êtes-vous pas îe bon Pasteur, l'unique porte par laquelle les brebis doivent entrer dans le bercail du salut (3)? N'avezvous pas reçu mission de ramener toutes les brebis égarées, de manière à ne former plus qu'un seul bercail (4)? Quand donc accomplirez-vous cette mission? Quand donc les hommes seront-ils un ensemble et avec vous, comme vous êtes un avec votre Père (5)?
(l) Ignem veni mittere in terram, et quiet volo nisi ut accendatur? Luc. xn, 49.
;2) Ego veni ut vitam habeant et abundantius habeant. Joan. x, 10.
(3) Ego sum pastor bonus. Joan i, 2. — Ego suni ostium ovium. Joan. x, 7.
(4) Alias oves habeo quae non sunt ex hocovili; et illas oportel me adducere ut fiât unum ovile et unus pastor. Joan. x, 16.
(5) Ut omnes unum sint, sicut tu Pater in me, et ego in te, ut et ipsi in nobis unum sint, Joan. xvii, 21.
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— Voyez, pourrons-nous encore lui »li i «-, en lui envoyant les paroles qu'il adressai! a Bes apôtres, voyez ces régions déjà blanchies parles ardeurs de L'été, et qui n'attendent plus que la fauta du moissonneur, c'est tous qui «'ii êtes le Seigneur; envoyez donc des ouvriers pour les moissonner I ). Nous pomronsencore emprunter les paroles des sœurs de Lazare, el lui dire en montrant cette pauvre humanité «l<»ni Lazare était l'image; Seigneur, voilà que ces hommes que VOUS aimez sont malades; ils sunt morts. Seigneur, et du sein de leur tombeau, ils exhalent une horrible inlcclion (2). Puis nous nous adresserons à Dieu le Père, et nous lui dirons: o Dieu, qui avez tant aimé le monde, que vous avez pour son salul livré votre Fils unique (.1), vous qui voulez que tous les hommes soient sauvés et arrivent à la connaissance de la vérité i), ah! détruisez enfin les obstacles qui s'opposent à l'accomplissement de cette volonté miséricordieuse ! Vous qui avez promis de soumettre à ce Fils bien-aimé tous les confins de la terre (5), et
[J Videle regiones quoniam albitsuntadmessein.JoAN.lv, 35.— Rogate ergo Dominum inessis ut mitlat operarias in messeui suani. Luc. x. i.
(2 Domine, eccequem amas inlirmalur. Joan. xi. 3. --Domine, jam fœlet, quatriduanus estenim. Ib. 39.
(3] Sic vDeusj dilexil mundum ut Filium suum unigenitum daret.JoAN. m, 16
(i Qui (Deus vuit omnea bomines salros fieii. I Tiw. m i.
5 !'-. il 6.
31S i M'OàiuLAr
qui avez ordonné à tous les hommes de l'écouler (h, remplissez enfin vos promesses. Glorifiez-le comme il le mérite, et glorifiez-le en lui (2), et faites éclater sa gloire par son triomphe, comme il a fait éclater la vôtre par son sacrifice.— Voilà ce que nous pourrons dire et faire chaque jour.
Chaque semaine il sera utile de consacrer plus >nr eialemcnl un jour à l'Apostolat, et de prendre quelque moyen pour se retremper dans l'esprit de zèle, si on avait eu le malheur de fc laisser s'affaiblir.
Le jour le plus convenable pour cela seiail le vendredi, jour déjà consacré par toutes les âmes pieuses au souvenir delà Passion et au culte du Sacré-Cœur, et spécialement désigné par le souverain Pontife pour gagner l'une des deux indulgences plénières accordées chaque mois aux Associés.
Les personnes qui ont la salutaire habitude de faire une revue hebdomadaire de l'état de leur àme joindront à cette revue un examen spécial sur la manière dont elles s'acquittent de l'Apostolat ; sur le soin de renouveler leurs intentions, chaque jour et à chaque heure du jour; sur la fidélité à réciter la petite prière du Cœur agonisant après V Angélus, et à offrir Y Angélus lui-même pour les fins de l'Apostolat.
1; MaTTH. XVII, b.
(2) JOAK.XVII, 4, 5.
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Ce jour-là aussi on aura ses tins plus arésentesd ni l'offrande du Saint Sacrifice; on ne sera nullement obligé sans doute d'exclure les antres intentions qu'on pourrait voira cœur; mais on donnera la première place aux Intentions du Cœur de Jésus, le moyen infaillible d'obliger ce Cœurinfinimi otgénéreui de s'occuper de nos intérêts et d'accomplir la promesse qu'il nous b faite, quand il nous a «lit : • Cherches; avant tout le règne de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera accordé par surcroît (i). »
ijuant aux personnes auxquelles leur position ne laisserait pas !»• temps d'assister à la messe I rendredi, et de faire ce jour-là la revue dont nous avons parlé, elles pourraient transférer ces exercices au Dimanche.
Chaque rnowonoffrira plusspécialementunecommunion aux intentions de l'Apostolat. On choisira de préférence, pour faire cette communion, le premier vendredi du mois, afin de répondre à l'invitation du lion Maître, qui a lui-même demandé à la vénérable Marguerite-Marie cette marque de reconnaissance, pour l'immense amour dont son Cœur brûle pour nous. Dans cette communion on demandera pour tous les membres, et surtout pour les zélateurs de
i Mattm. vi, 33.
-Il l'apostolat
l'Apostolat, un accroissement de zèle et de toutes sortes de vertus. Chacun des Associés priera pour les intentions de tous les autres, avec d'autant plus de ferveur et de confiance qu'il aura la certitude qu'au même moment ils prient tous pour ses propres intentions. Le Cœur de Jésus deviendra ainsi un divin rendez-vous, où touteslesàmes, qui se sonteonsacrées à la défense de ses intérêts, se rencontreront chaque mois, et s'uniront, sans même se connaître, par 1rs liens du plus ardent amour,
Ce jour-là aussi on pourra, en faisant la revue générale du mois, se demander compte des progrès de son Apostolat pendant le mois précédent, et des moyens à prendre pour le rendre plus fructueux durant le mois qui commence. Le principal de tous ces moyens est la fixation des bonnes œuvres qu'on se propose d'accomplir pendantee mois, et leur répartition entre les différents besoins des âmes et les différents intérêts de l'Eglise. Pour faciliter cette distribution, nous avons détaillé dans un tableau placé à la fin de l'ouvrage ces différents intérêts. Ce tableau, qui indique approximativement le nombre immense des pauvres âmes qui attendent leur salut de nos prières, ne peut manquer d'exciter lezèleet d'agrandir les vues des chrétiens qui y fixeront fréquemment leurs regards. On y trouvera les principales fins de l'Apostolat partagées en sept, suivant le nombre des jours de la semaine, afin que ceux qui goûteraient cette méthode puissent consacrer un jour à chacune
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d'elles, el parcourir ainsi en une semaine le cercle entier des intentions du Cœur de Jésus.
Mais pour Caire mieux s i sir encore L'importance ili chacune de ces internions, chaque mois i un, d'entre elles .v«Ta plus spécialement recommandée aux Associésde L'AposJolal il ms le \Iessa icrdu Su, - Çq m- de Jésus, bulletiu mensuel de cette Association! Quelquefois cette intention sera suggérée par Les événements extraordinaires, qui menaceraient d'un danger pressant le corps de l'Eglise, ou quelqu'un de ses membres principaux. .Mais, sauf ces cas urgents, nu suivra, dans L'indication des intentions mensuelles, L'ordre même des besoins de L'Eglise, el mi s'efforcera de les exposer assez complètement; pour que les associés de l'Apostolat ne demeurent étrangers à aucun des grands intérêts de ce corps djyin, dont ils ont l'honneur d'être les membres, el auquel leurs prières doivent contribuer à rendre tonte sa vigsear. Du reste, en exposant ainsi les besoins de L'Eglise, nous aurons exposé également les besoins delà société, que le triomphe de l'Eglise peut seul .régénérer, et délivrer des immenses dangers qui la menacent ( h
i Ou pait qu'une In lulgenoedooeul jours a été attachée par le souverain Ponti fe à toutes tes oeuvres faites par les \ de l'Aposto! u, suivant l s recommandations qui leur seront adressées chaque mois par le Directeur de l'Association. Pour faciliter le trnin de cette Indulgence dans le? communaui
grégations on envoie • toutes celles qui en font la demande.
Chaque année, à la fête du Sacré-Cœur et à celle de l'Immaculée Cjnception, tous les Associés offriront la sainte Communion, et ceux qui sont prêtres celé breront la sainte Messe, pour la prospérité de l'Œuvre et les tins importantes qu'elle se propose. Chacune de ces deux fêtes pourra être précédée d'une nenvaine destinée à ranimer le zèle des membres de l'Apostolat.
des billets sur lesquels sont indiquées, avec l'intention du mois, les principales œuvres qui peuvent être offertes à celte intention. Chacun des Àsssoeiés pourra, la veille du premier vendredi, marquer sur ce billet les œuvres qu'il a accomplies durant le mois, elle porter ensuite avec lui à la sainte Communion, pour offrir ces œuvres au Cœur de Jésus. Dans les Communautés on pourrait déposer ces billets, le premier vendredi, dans une corbeille placée devant l'image du Sacré-Cœur. Ce seraient autant d'aumônes faites à son amour et en quelque sorte te budget mensuel voté à sa miséricorde. A la fin du mois, on pourra faire sur un tableau plus grand, qui porte le nom de Trésor du Sacré-Cœur, le relevé des œuvres inscrites sur les billets, et le laisser pendant tout le mois exposé audessous de l'image du Sacré-Cœur.
Les billets dont on vient de parler portent, sur l'un des côtés, l'indication des mystères du Rosaire, afin de faciliter l'organisation de l'Apostolat suivant la forme du Rosaire vivant.
Les personnes qui désireraient se procurer, soit des billets du Rosaire de l'Apostolat, soit de grands tableaux, pourraient s'adresser, par lettre affranchie, au Directeur de l'Apostolat de la Prière, à Vais, près le puy (Haute-Loire).
\ini> ce n'esl [mis seulement dam ces deui circonstances que le zèle des Associés devra se retremper. L'Eglise de célèbre pas dans le coarenl de
l'.niiifc un seul mystère qui ne suit éminemment propre à renouveler et à développer l'esprit <le \'\postatat. Qu'est* ce en effel que le cycle ecclésiaslique tout entier .' Qu'i -i oe que cette touchante série de commémorations, joyeuses, dooloureoi mi glorieuses, qui, oominençanl le premier dimanche (l»T\\eni. se olôl ■ lafôte de loue les Saints, sinon l'histoire en action de l'Apostolat ée Jésus-Christ, comprenant sa pn paration, durant les quarante sièeles d'attente, figurés par les quatre sémaines,,ée l'Avent, son accomplissement commencé à Bethléem, •m terminé au Calvaire, enfin sa consommation par la Résurrection, l'Ascerision, la Pentecôte, l'Assomption de Marie, et le i ommMifSMf ni do tous les Saints! En renouvelant chaque année ces divins mystères, l'Eglise (ait en grand ce que fait en petit chaque chrétien quand il récite son Rosaire. Elle se rappelle les travaux accomplis par son divin Fondateur pour son salut; elle l'en remercie; mais en même temps elle s'eicite à les reproduire pour coopérer avec lui à la Rédemption de ses enfants.
Ces sentiments de l'Eglise doivent être partagés par tous les vrais chrétiens. Chacune des fêtes que nous célébrons doit donner de nouvaux accroissements à notre zèle, et nous exciter à pratiquer avec plus de générosité notre Apostolat.
limant l'Avent, nous nous unirons aux saints Patriarches, pour faire violence au ciel, et le conjurer de répandre sur la terre les grâces du salut.
V Noël, la vue du Très-Haut Rabaissant jusqu'aux anéantissements de l'enfance, pour nous élever à sa hauteur, nous excitera à tout attendre de sa bonté, et à tout sacrifier pour coopérer au succès de son œuvre:
L'Epiphanie nous montre, avec un incomparable éclat, la puissance de l'Apostolat de la Prière pour conduire les âmes à Dieu, puisque c'est cet Apostolat exercé par Jésus et Marie qui attire les Mages du fond de l'Orient, et leur fait accomplir les plus héroïques sacrifices.
Puis vient le Carême, souvenir du jeûne de Jésus- Christ, et, à la iin du Carême, la lugubre comniémoraison de ses douleurs. Est-il nécessaire de dire coml ien la vue de toutes ces privations endurées de tous ces tourments soufferts, de tout ce sang répandu pour les âmes , est capable de nous exciter à prier, à travailler, à souffrir aussi pour elles r
Les joies de la Résurrection et de l'Ascension succèdent aux angoisses de la mort et aux ténèbres du tombeau. Ce sont les fruits glorieux de l'Apostolat de Jésu.;-Christ. La certitude de participera sa gloire, dans la mesure de notre participation à sa charité et à son zèle, a bien sans doute de quoi nous encourager.
pf. i \ rniPnr. .'M^
L'Esprit-Sain l, attiré sur les tpôlres par leurs prières unies à celle de Marie, et des saintes femmes, nous montre une f<>i^ de plus la puissance des saints désirs. La certitude que ce divin Espril ne quittera plus l'Eglise, el « [ 1 1 ' î 1 fera jusqu'à la fln son habitation dans les Imes des fidèles, pour leur apprendre à prier comme il faut, fournil nue base inébranlable à notre confiance dans l'effiacité de nos prières.
Enfin le triomphe de la Sainte Vierge, notre mère et des Saints, nos frères, l'assurance qu'ils prient Avec nous et pour nous, la société intime que nous formons avec <'ii\ el avec tous nos frères delà terre, la loi qui nous garantit une pari d'auUmt plus largi aux fruits immortels de cette société que nous aurons l'ail plus d'efforts pour y faire participer nos semblables, ne sont-ce pas là des stimulants nou\au\ et bien puissants pour nous consacrer tout entiers à cel Apostolat !
iinsi de quelque côté que nous tournions nos regards, partout nous trouvons des motifs puissants d'embrasser l'Apost< lai de la PTière, el des moyens efficaces de nous renouveler dans son esprit, Ce n'est pas chose étonnante si, comme nous Pavons montré1, l'Apostolat n'est autre chose que la pratique complète du grand précepte de la charité, qui résume la religion tout entière, et si son espril n'est que l'esprit du Cœur de Jésus.
ARTICLE II
Exercice de l'Apostolat de la Prioiv tîans les œuvres de pénitence.
Nous voici arrivés à l'application la plus pratique des principes précédemment établis, à la garantie souveraine de l'efficacité de notre Apostolat , au moyen principal d'établir entre notre cœur et le Cœur du divin .Maître cette parfaite union qui est le but suprême de ce livre et de l'œuvre dont ce livre contient l'exposé.
Le lecteur ne peut avoir oublié la grande vérité qui a servi de base à toute notre doctrine, à savoir que la vie du chrétien doit être une reproduction, ou, mieux encore, une extension delà vie de Jésus- Christ. De là nous avons eu le droit de conclure que ia vie de Jésus-Christ ayant été une vie tout apostolique, celle du chrétien devait l'être également, et que l'Apostolat de Jésus-Christ, qui ne s'est exercé que pendant un petit nombre d'années par la prédi. cation et les ministères extérieurs, s'ôtant exercé pendant sa vie entière par la prière et les œuvres les plus ordinaires, il n'était pas un seul disciple de ce divin Maître qui ne put et qui ne dût travailler au salut des âmes, en sanctifiant comme lui toutes ses œuvres par le zèle et la prière.
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Nous avons maintenant à tirer de ce grand principe nue nouvelle conséquence.
Gel \postolal intérieur, quia été l'oeuvre de la vie entière du Sauveur , et qui esl par conséquent la charge de l'Eglise entière, est-ce seulement par [es désirs qu'il s'est exercé ' N'i st-ee pas aussi par le sacrifice .
L'existence terrestre du divin Maître, qu'a-t-elle été autre chose qu'une immolation perpétuelle, un martyre non interrompu de trentre-trois ans, dont la Croix sur laquelle cette douloureuse existence s'est terminée u'a été que la manifestation extérieure? Vota vita Christi cru. r fuit et mortyrMMn(l). Si m \ir a été une vie tout apostolique, n'est-ce pas surtout parce qu'elle a été une vie toute de sacrifice? Ht nVst-ce pas en effet le saeritice, la réparalion douloureuse du péché, que la justice divine réclamait connue condition de l'effusion des places célestes sur la terre coupable'.' N'est-ce pas par conséquent de ces douleurs, dont ellesétaient toutes Imprégnées, que les prières de .lesus-f.hrist ont tiré surtout leur infinie efficacité! Elles ont été pour Dieu le l'ère un encens d'agréable odeur; comment en douter alors que, semblables à la fumée de l'en- (vus, dles ont été produites dans le César de son Fils par le feu de la souffrance, dont ce divin Cœur était consumé !
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Mais, s'il en est ainsi, qu'en devons- nous conclure? que la vie du chrétien doit être aussi une vie de souffrance ; que s'il veut obtenir des grâces pour ses frères, il doit les acheter au prix de ses douleurs; et que. chez lui, comme chez son divin Maître. l'Apostolat de la Prière est inséparable de l'Apostolat du Sacrifice.
Le voilà donc, dans toute sa sévérité et dans toute sa grandeur, le lot que Jésus-Christ propose aux cœurs qui veulent se donner pleinement à lui. mériter toutes ses faveurs et partager toutes ses gloires: comme fin, la gloire de Dieu et lesalutdes âmes; et comme moyens, la prière et le sacrifice.
L'union du sacrilice et delà prière, la fécondation du sacrifice par la prière et de la prière par le sacrilice, voilà le dernier mot de la perfection chrétienne; c'est de l'intelligence pratique et de l'exécution généreuse de ce grand enseignement que dépend la réalisation des inappréciables avantages que la divine libéralité a proposés à nos ambitions, et que nous avons placés sous les yeux de nos lecteurs. Ah ! puisse le Cœur du divin Maître nous donner la grâce de le bien comprendre !
Du reste, cet enseignement si austère ne doit effrayer personne. Ce n'est pas l'imitation des mortifications extraordinaires des Saints que nous présentons à nos lecteurs, comme la condition de la pratique sérieuse de l'Apostolat de la Prière. Sans doute, Dieu ouvre à notre générosité une large voie
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pour nous rapprocher tous les jours davantage du Sacrifice de ^m divin Fils; il se charge pourtant de faire lui-même le nécessaire, el ce qu'il demande surtout de nt'iis c'est que nous m lui opposions pu mit' inutile résistance. Il nous foui oit, sans que rooé ayons la peine de les chercher, Loua les matériaux do L'immolation qu'il nous demande. Il dispose tout pour que, bon ^ré, malgré, notre \ie soit une rie de souffrances; pour qu'elle devienne une vie de sacri* Bces ei de rédemption, il suffit d'accepter ci s sourf-* frances avec générosité.
C'est ce que l'Apostolat de la Prière, nous rendra facile. Sous ce rapport encore, au lieu de nous imposer de nouvelles obligations, il ne fera qu'ajouter nu noiivciii mérite aux devoirs que noua serions tenus d'ailleurs d'accomplir. Cette Leçon CSl trop importante pour que nous ne nous efforcions pas de nous en bien pénétrer.
D'où vient cette connexion si étroite qui unit inséparablement le zèle avec la mortification, cl l'Apostolat de la Prière avec l'Apostolat du Sacrifice ?
Elle naît d'abord de l'objet même sur lequel s'exerce notre zèle. S'il ne s'exerçait que sur des aines pures, et s'il n'avait d'autre but que de promouvoir le bien, l'ardeur de ses désirs pourrait n'être
mêlée d'aucune amertume. Qu'Adam et Eve n'eussent pas été bannis du paradis terrestre, que leurs descendants eussent hérité de la justice originelle dont ils avaient été revêtus, que le péché n'eût pas introduit la mort parmi les enfants des hommes, le zèle aurait sans doute trouvé dans cette société bienheureuse, une ample matière à sou exercice, mais il n'y aurait trouvé aucun sujet de douleurs ; si la religion eût encore été fondée sur le sacrifice, ce sacrifice n'aurait été que le joyeux hommage de la reconnaissance ; il n'eût point été la douloureuse expiation du repentir.
Il n'en est pas ainsi malheureusement : si sur la terre le bien lutte contre le mal, le mal tend partout à détruire le bien. De quelque côté que le zèle tourne ses regards, il ne voit que désordres, bassesses, mépris insolent des droits de Dieu, mensonges, scandales, esprits qui s'aveuglent, cœurs qui se corrompent , âmes méchantes qui luttent contre Dieu, âmes faibles qui se laissent entraîner par Satan. Yoilà le spectacle que le zèle a sans cesse devant les yeux. Ce spectacle lui inspirera de brûlants désirs, sans doute ; mais comment ne lui causerait-il pas en même temps d'amères douleurs? Tl demandera à Dieu de porter remède à ces maux par sa grâce; mais la sincérité de ses prières sera en raison de la peine que lui feront éprouver les désordres dont il est témoin. On désire en effet la cessation d'un mal on raison du déplaisir qu'il
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i Mise. La lui ii H* que l'on éprouve à su tue est comme une pression qui Lui jaillir du ■ œur les désii i eflbrts qui lendcnt à le détruire. Ces désirs seront d'au tan l plus \ii> el ces eflbrts d'autanl plus énergiques, que les angoisses produites parla pression de la baine seront plus douloureuses. Ces angois ont été la vraie cause de la passion du Sauveur; il cet impossible de l'aimer véritablement sans les partager. L'amour de Dieuia fait éprouver à tous les Sainis, comme à David, de douloureuses défaillances à la vue des violations le la loi divine il . Comme il n'en es! pas un seul qui n'ail priépour les pécheurs, aussi n'en est- il pas un seul à qui la Mie du péché n'ail arraché <\c> larmes.
L'Apostolat du Sacrifice est donc inséparable de l'Apostolat de la Prière, en ee sens que le premier est le Bigne infaillible de la sincérité du si cond et ta mesure de son énergie; il esl quelque chose de plus encore, il est le principal instrument de son efficacité.
Ge que l'on désire vivement, on ne néglige aucun moyen pour l'obtenir ; et si l'on est hors d'état de le réaliser complètement par soi-même, au moins laiton ce que l'on peut pour en préparer la réalisation.