‹ L'"Apothéose" de RenanChapitre 14 sur 27 · Revue des Deux Mondes, lô octobre · texte numérisé non relu

Revue des Deux Mondes, lô octobre

gence et du travail allemands. » Et comme ses convives hasardaient une objection patriotique, « Renan, la figure toute rouge, s'écria: Périsse la France ! Périsse la Patrie ' î... » Voilà pourquoi le gouvernement du 4 septembre se hâta de rendre à ce professeur germanisant la chaire d'où l'Empire l'avait chassé ; voilà pourquoi le gouvernement actuel a voulu honorer aux frais de l'État cet ennemi de la République, de la démocratie et de la France ; pourquoi, le 7 octobre, les ministres réunis sous la présidence de M. Sadi Carnot, ont résolu de faire décerner les honneurs du Panthéon à ce bon citoyen ; pourquoi enfin, derrière le char funèbre (le même qui servit aux obsèques de M. Thiers), marchaient MM. Le Rover, président du Sénat, Floquet, président de la Chambre des députés, et tous les ministres : MM. Loubet, de Freycinel, Ribot, Burdeau, Bourgeois, Rouvier, Yiette, Ricard ; seul, M. Jules Roche manquait à cette fête dont il eût été un bel ornement, en sa qualité d'ancien séminariste et de catholique apostat.

Le général Borius, en grand uniforme, représentait M. Garnot, que sa grandeur attachait au rivage, de l'autre côté de la Seine. D'ailleurs Mme Carnot avait pris soin, le 5 octobre, de témoigner ses sympathies et les condoléances de sa famille à Mme Renan. En 1857, on s'en souvient,

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