‹ L'"Apothéose" de RenanChapitre 15 sur 27 · Journal des Concourt · texte numérisé non relu

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les catholiques se montrèrent douloureusement surpris de ce que l'impératrice s'était officiellement informe»" de la santé du poète Béranger mourant.

C'était une faute mais, selon toute vraisemblance, l'impératrice agissait par ordre ; et puis Béranger avait chanté Napoléon le Grand, l'armée, la France. Mais Renan?... Notre gouvernement n'a eu qu'une seule raison de le glorifier ; la seule raison qu'il n'ait pas dite : c'est que Renan fut l'ennemi de Jésus-Christ. Le chroniqueur de la Revue des Deux Mondes le déclare avec un courage et une franchise dignes d'éloges : « Si M. Ernest Renan n'était pas Fauteur de la Vie de Jésus et n'avait pas aiguisé ses polémiques contre le dogme, contre la divinité de Jésus-Christ,... aurait-on songé à le porter au Panthéon ' ? » — Pour que la revue où Renan publia Y Histoire d'Israël fasse un tel aveu, il faut que cette vérité crève les yeux ; elle est évidente, elle est palpable. On pourrait néanmoins affirmer que le gouvernement avait une autre raison de célébrer ces funérailles aux frais de l'État : c'était presque un devoir de justice. L'argent volé par l'État aux prêtres courageux, aux évèques vaillants, aux menses épiscopales, aux congrégations religieuses, pouvait-il être mieux employé qu'en cette circonstance ? Ce bien d'Église ne devait-il pas être dépensé en l'honneur d'un homme qui toute sa vie s'est défini lui-même : « un curé manqué » ?

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