L. Veuillot. le Rat
contre l'intolérance des fanatiques et les sottes parodies des pharisiens1. » Et ses œuvres? l<is Débats ne nous disent point s'ils les défendront contre les rats; au cas où ils se chargeraient de ce soin pieux, on aura de la besogne dans la petite rue des Prétres-Saint-Germain-l'Auxerrois.
Le lendemain, autre panégyrique : Renan est une de ces « intelligences souveraines,... l'honneur d'une nation et comme la fleur d'une race ». Renan, métamorphosé en fleur ( le narcisse des Débats), répand son parfum, et ce parfum pénètre toute la rédaction : « Tout ce qui constitue notre personne morale est imprégné de l'esprit de Renan. » Le surlendemain, nouveau thrène sur « la grande lumière qui vient de s'éteindre » ; ce n'est plus une fleur, c'est un soleil et c'est un héros. Ce « grand homme charmant, bon, exquis », était un des convives du dîner mensuel ; or, malgré ses rhumatismes, il arrivait toujours à l'heure exacte, et il avait beaucoup d'esprit ; non toutefois au point « d'écraser les humbles » ; car il se donnait le « luxe d'être modeste ». Sur quoi les Débats jurent derechef qu'ils défendront ses beaux livres et que ces « beaux livres font désormais partie de la Bible de l'humanité ». Les Débats flambent.
Trois jours après (7 octobre), le ton change : M. Philippe Berger conte ses souvenirs et ses battements de cœur; car le cœur lui battait quand il