‹ L'"Apothéose" de RenanChapitre 20 sur 27 · Les Débats, lundi 10 octobre · texte numérisé non relu

Les Débats, lundi 10 octobre

M. J. Lemaître devra vivre uniquement de son propre fonds.

En attendant, il s'amuse, il renanise autour du cher mort. Il déclare que Renan a été « mis au monde par un décret spécial et nominatif de l'Éternel » ; que Renan « nous a sauvés de l'impiété » ; que Renan « est né prêtre »; que Renan fut un « bénédictin » (j'en fais mes condoléances aux Rénédictins}; que Renan, dans ses leçons au Collège de France, commentant Reuss, Graf, Kuenen et Wellhausen, « avait l'air de les comprendre »; enfin que Renan « est un Rreton qui est un Gascon ». Après quoi M. J. Lemaître songe que son cher maître le regarde écrire cet article, « du fond de son immortalité » ; car le cher maître n'est pas un Papou ; un Papou, selon Renan, ne peut pas avoir une âme immortelle ; cette faveur est réservée aux savants qui habitent aux antipodes de la Papouasie !

Pauvres gens de lettres, pour qui la mort môme n'est plus une chose sérieuse ! Pauvres « orphelins » de Renan! C'est à M. Emile Faguet que nous empruntons ce terme; il l'a trouvé dans « l'émotion de tout son être intellectuel,... dans la sensation intime et profonde d'abandonnement et d'orphelinat1 ». Dans cette sensation d'orphelinat, il arrive à M. Emile Faguet d'écrire comme il suit : « Renan... a eu dix fois moins d'ambition que son

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