‹ L'"Apothéose" de RenanChapitre 22 sur 27 · M. Edouard Drumont, 3 octobre · texte numérisé non relu

M. Edouard Drumont, 3 octobre

contre les religieux et les recours en grâce des bandits.

Au ministre de l'instruction publique appartenait doublement le droit de prononcer l'éloge funèbre d'un professeur qui aida si bien l'Université et le gouvernement dans l'œuvre de la déchristianisation de la France. M. Bourgeois n'a point failli à ce devoir. Son discours est sonore comme l'est généralement ce qui est vide; il est agaçant et ennuyeux comme tout ce qui sonne faux. Selon M. Bourgeois, Renan, lorsqu'il trahit sa foi, fut sublime: rien que cela, mais il le fut. Il aima la vérité, la liberté, l'humanité (et l'Université ?J ; il commence à vivre. C'est tout. Mais à travers ce fatras, il est une phrase que nous devons cueillir et enchâsser : la voici :

Avant même que sa main fût arrêtée par la mort, Renan avait pris place parmi les classiques de la France.

Classique n'est pas ici une métaphore. Les littérateurs en rupture de ban avec la morale ou le sens commun^ ont fait de Renan un saint; la Republique athée en a fait un dieu: l'Université en a fait un classique, voilà deux ans déjà. Nous avons entre les mains le volume de :>'io pages, intitule : Ernest Renan, Pages choisies à l'usage des lycées et des écoles normales ; programme de 1890. Ce livre porte au <l«i>. en première ligne, l'annonce des Lectures choisies de Jean-Jacques Rousseau; Jean-

Jacques, Voltaire, Renan, ce sont 1rs nouveaux classiques de l'Université, de celle qui prend désormais pour devise : « Vive la Révolution ! »

Quant aux Pages choisies, on les dirait choisies uniquement en vue d'inspirer aux jeunes nourrissons de L'Université le scepticisme, la haine de Jésus-Christ, le mépris de la lubie, de l'Église, de l'ancienne France, et un dédain précoce pour la vérité et la vertu. Presque tout cela est extrait de la Vie de Jésus et de V Avenir de la science. Détachons-en quelques morceaux ; il est bon de faire ressortir, par des exemples neufs, les leçons de Y Aima Mater, à qui l'État prodigue les millions de la France.

Commençons par la philosophie :

11 y « à peine cinquante ans l que l'humanité a «perçu le but de sa destinée. (P. 6. )

La culture intellectuelle est une religion, et la religion la plus parfaite. (P. 32.)

Mieux vaut le soldat que le prêtre, car le soldat n'a aucune prétention métaphysique. (P. 99.)

La religion et la morale elle-même (disparaîtront)...; la raison est la seule loi du monde. (P. 10-12.)

Il faut que l'Église catholique efface de son orgueilleuse basilique : Çhristus régnât , Christus imperat. (P. 128.)

Le protestantisme est... le plus beau développement intellectuel et religieux que la conscience réfléchie ait produit jusqu'ici. (P. 203.)

Passons a l'histoire. L'Histoire sainte, et entre

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