Caractères, chap. Ier
« Il n'a fait que donner une forme nouvelle à des idées assez vieilles1. » Il ne discute même pas, il D'argumenté pas, il ne raisonne pas, il ne prouve pas. Au séminaire de Saint-Sulpice, il avait un talent assez commun, surtout chez les esprits mal faits : il était habile à poser des objections : c'était son fort : mais ce n'est pas le signe de l'homme Tort. Dans ses livres, il multiplie les points d'interrogation, les peut-être, les affirmations fuyantes ou les propositions qui ne s'appuient sur rien ; c'est l'aplomb des gens qui ne sont ni sûrs ni braves. L'affirmation sans examen ni preuves est un de ses moyens philosophiques ; le seul qui lui ait bien réussi.
Où est la méthode scientifique découverte par Renan ? le système fécond ? la route lumineuse frayée à travers les obstacles, ou sur les hauteurs ? Il s'est borné à mettre en œuvre, avec une certaine habileté, des idées venues d'Allemagne ; il habille Strauss et les Prussiens modernes à la française ; bref, il travaille avec adresse, mais toujours d'après autrui.
Quant à ses connaissances elles furent nombreuses, considérables, comme celles des érudits parasites ; mais à peu près toutes d'emprunt. Ne parlons pas de son hébreu ; il savait l'hébreu; mais probablement, même à la fin de sa vie, les conseils de son ancien maître, M. l'abbé Le Hir, malgré sa