‹ L'"Apothéose" de RenanChapitre 4 sur 27 · M. Anatole France, le Temps, 0 octobre · texte numérisé non relu

M. Anatole France, le Temps, 0 octobre

Simili m. Il aimait tant sa « chère Bretagne »! Il était si bon Breton: et, comme le Temps nous l'apprend, dans un doux charabia, « il y avait en lui la fée aux yeux bleus, à l'âme bonne, tendre et mystique, qui habite les côtes de Bretagne, garde l'intelligence pieuse des croyances et des légendes d'autrefois1 ». Là-bas, dans sa « chère Bretagne », nous raconte un académicien, ses yeux à demi voilés « semblaient chercher sur le vieil océan celtique la barque mystérieuse qui jadis transportait les âmes dans la terre de V éternelle jeunesse'1 ».

Mais ses disciples arrangent la vérité d'une autre manière. L'un d'eux, un érudit, se permet les affirmations suivantes : « Ces braves Bretons!... Ils l'aimaient : ils respectaient en lui une des gloires de leur pays3. » On peut servir cette rhétorique aux Parisiens, plus crédules qu'ils ne le pensent ; mais il ne faudrait pas trop hasarder de tels élans devant les braves Bretons. Nous le savons de la bouche même des meilleurs et des mieux informés. « Lui! un Breton! nous a dit un vieillard contemporain de Renan; ce n'était, selon notre vigoureuse expression populaire, qu'un bastard breizad. •> Nous croyons qu'il est inutile de traduire!

Pour les vrais Bretons, cel homme est une honte; ils l'onl renié, parce qu'il a renié sa foi. Lui!

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