‹ L'"Apothéose" de RenanChapitre 6 sur 27 · Alain. Henrielte, Ernest · texte numérisé non relu

Alain. Henrielte, Ernest

ans, Ernest vécut sur les fonds de la charité: toute son éducation, à Tréguier, à Saint-Nicolas du Chardonnet, à Saint-Sulpice, fut gratuite. Pour toute reconnaissance, il s'est moqué du « bon saint Yves », auquel sa pieuse mère l'avait recommandé : « Je ne peux pas dire, a-t-il écrit, que le bon saint Yves ait merveilleusement géré nos affaires ' ; » il a du reste traité avec pareille désinvolture Mgr Dupanloup, les Sulpiciens et le P. Gratry, coupables envers lui de desintéressement et d'une trop grande indulgence.

Renan, devenu un personnage, ami, flatteur et amuseur des puissants, convive du prince Jérôme en ses dîners gras du vendredi, assuré de gros appointements par le gouvernement actuel, de belles rentes par les libraires, ne fit aucun bien à sa ville natale ; et comme l'a dit spirituellement L. Yeuillot, il n'a jamais songé à rendre « les bouts de bougie emportésdusanctuaire». Lui-même, d'ailleurs, avee le cynisme doucereux qui lui est propre, consigne cet aveu dans ses Souvenirs d'en faner et de jeunes*, ■ .- « Je n'ai obligé presque personne; » et si vous lui en demandez la raison : la faute en est, ajoute-t-il, à la règle de Saint-Sulpice qui interdisait « les amitiés particulières » et empêchait par là de s'exercer au dévouement. Excuse admirable et digne d'un cœur à qui la mémoire des bienfaits reçus peu.

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