‹ L'"Apothéose" de RenanChapitre 8 sur 27 · Revue de France, livraison du 8 octobre · texte numérisé non relu

Revue de France, livraison du 8 octobre

cathédrale, au lieu même où l'échafaud se dressa, i! y a cent ans.

Le gouvernement le fera couler en bronze ou tailler dans le granit : après quoi, les partisans de Renan essayeront de renouveler les triomphes du Dîner celtique, en réchauffant, pour l'inauguration de la statue dans la ville natale, l'enthousiasme des « imbéciles et des ignorants ». Ce jour-là, M. Jules Simon, ancien député de Tréguier, président du «banquet funèbre de l'adieu », s'en ira, escorté de trois ou quatre académiciens et d'une escouade de gens de lettres en quête du prix Montyon, pontifier sur le piédestal de ce monument laïque, il y emploiera les restes d'une voix qui tombe à célébrer les hauts faits du grand homme qui a, selon M. Jules Simon, « éclairé le genre humain ». L'ancien ministre de l'instruction publique et des cultes, le même qui décrochait avec entrain les crucifix des écoles de Saint-Denis, en criant : « Enlevez-moi ces saletés-là! » montrera comment Ernest Renan fut toujours fidèle à sa devise : Veritatem dilexi; il osera dire, comme il le dit aux lecteurs du Temps: « Il n'y a nulle part. dans les ouvrages de Renan, un mot agressif contre la religion catholique1. » Et reprenant ses petites harangues ébauchées dans son « Petit Journal », M. Jules Simon proclamera qu'enfin les funérailles civiles sont entrées dans nos mœurs, que c'esl

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