‹ L'Apôtre de SaguenayChapitre 2 sur 7 · CHAPELLE DES JESUITES · texte numérisé non relu

CHAPELLE DES JESUITES

nouvelle chapelle, qu'y fit construire le Père Laure, près de la chute de la rivière Chicoutimi, et dans le voisinage du poste de la Compagnie de la Baie d'Hudson. L'édifice servit au culte divin jusqu'en

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1849, et fut démoli quelques années avant l'arrivée de M. Racine à Chicoutimi i.

1 — On conserve au Séminaire de Chicoutimi une aquarelle représentant cette chapelle et peinte par Lady Head. Nous reproduisons ici une inscription tracée sur le dos de la gravure, par feu l'honorable D. E. Price : " Old Tndian Chapel of Chi- " coutimi — from a sketch taken by Lady Head in 1856 just " before it fell in— Presented by D.-E. Price— to remain in pos- *' session of the résident Pricst at Chicoutimi. —

David E. Price."

Cette inscription est fort intéressante, puisqu'elle fixe l'année — 1856 — où la vieille chapelle cessa d'exister.

Eendons hommage à la mémoire de M. D. E. Price, qui a voulu assurer au Saguenay la possession et la conservation de ce précieux souvenir de la vieille chapelle du Poste de Chicoutimi. Il y a déjà trop de reliques historiques qui sont sorties de ce territoire pour n'y plus revenir,

— Il n'est pas absolument certain qu'il n'y ait eu que deux chapelles construites à Chicoutimi par les Jésuites. Et il est probable que l'on ne pourra pas résoudre cette question, avec preuves à l'appui, tant que l'on n'aura pas retrouvé le Registre commençant en 1686. C'est le seul qui manque, parmi les registres de Chicoutimi ; tout ce que l'on en connaît, c'est une analyse d'environ trente pages, que le Séminaire de Chicoutimi possède dans ses archives. Quant au registre lui-même, il fut découvert en 1836 dans une mission du bas du fleuve Saint- Laurent, par le Rév. M. Boucher, qui fut depuis curé de Saint- Ambroise. M. Boucher apporta avec lui le registre, mais on ignore malheureusement où se trouve aujourd'hui ce précieux manuscrit.

— En 1893, on érigea, sur le site même de l'ancienne chapelle des Jésuites, une belle église en brique, sous le vocable du Sacré Cœur de Jésus. Le troisième évêque de Chicoutimi, Sa Grandeur Mgr M.-T. Labrecque en fit la bénédiction solennelle le 27 août. Madame A.-B. Routhier, dont le dévouement

Les Jésuites desservirent la mission de Chicoutimi jusqu'en 1782 ; ce fut à cette époque que mourut le Père de La Brosse, dernier missionnaire de la Compagnie de Jésus qui en fut chargé. De 1782 à 1845, la mission recevait chaque année la visite d'un prêtre séculier qui y demeurait pendant quelques semaines, pour instruire les sauvages qui s'y trouvaient et leur administrer les sacrements. En 1844, les Oblats se chargèrent des missions du Saguenay, et fixèrent leur résidence à la Grande-Baie ^

aux bonnes œuvres est bien connu, avait mis tout son zèie au service de la pieuse entreprise. M. l'abbé T. Robergc, alors secrétaire de l'évêché de Chicoutimi, fit les plans de l'édifice et en dirigea l'exécution.

1 — Les premiers Oljlats résidant au Saguenay, furent les Eévérends Pères J.-B. Honorât, FI. Durocher, M. Bourassa et P. Fisette. De ces quatre missionnaires, le seul survivant est M. Bourassa, frère de l'artiste et littérateur, X. Bourassa, de Montréal ; il a quitté, depuis bon nombre d'années, la Congrégation des Oblats et réside maintenant à Longueuil. Dans l'été de 1888, M. l'abbé Bourassa a parcouru une partie du Saguenay et du Lac Saint-Jean, qu'il n'avait pas revus depuis plus de quarante ans : on peut imaginer s'il a été étonné des progrès considérables accomplis dans ce territoire pendant cet espace de temps. — Comme souvenir de cette visite, il a laissé au Séminaire de Chicoutimi les portraits, d'assez grand format, des quatre premiers Oblats qui ont desservi le Saguenay.

M. Faucher de Sn-.nt-Maurice racontant, dansu ne intéressante correspondance publiée sur La Presse du lô mai 1889, la visite qu'il fit en 1888 à la Trappe de Staouëli, en Algérie, rapporte ces mots que lui adressa le Père prieur en lui montrant le cimetière de la maison :

" Tenez, me dit-il en m'indiquant une croix, il y a là un de

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La première chapelle construite pour les Canadiens fut bénite le 17 janvier 1845 ; elle était située sur les bords de la Eivière-du Moulin, et a subsisté jusqu'à une couple d'années après l'arrivée de M. Racine. Au mois de mars de la même année, le Père FI. Duroclier se fixa à Chicoutimi. En février 1847, M. J.-B. Gagnon fut nommé curé de Chicoutimi, où il résidait déjà depuis quelque temps comme aide des Oblats. Tl fit bâtir une nouvelle église, près du site de la cathédrale actuelle. Ce temple, construit en bois, servit au culte divin jusqu'au mois d'août 1878, et fut démoli en l'automne de cette même année. M. Gagnon demeura à Chicoutimi jusqu'en 1854, et fut remplacé par M. F.-A. Blouin ; mais, en 1856, il fut de nouveau chargé de cette cure poste qu'il occupa jusqu'en 1862 ; et il eut alors pour successeur M. Eacine, qui fut ainsi le troisième curé de cette paroisse.

vos compatriotes, un Canadien-Français, qui a été l'ami tout particulier du maréchal de Mac-Mahon. C'est un saint, et je suis heureux d'avoir été et d'être encoie aimé de lui. Il est né à Contrecœur ; il s'appelait Pierre Fiset. II a été prêtre chez nous et prieur de la Trappe. Il est mort ici, le 3 septembre 1878, à l'âge de 57 ans, après avoir été 32 ans en religion.

" Et pendant que le prieur disait le De profandis, je lus sur la modeste croix du trappiste :

" Nonnus Edmundus vionacJuis sacerdos. 3 sept. 1878."

Ce Père Edmond est, sans aucun doute, le P. Fisette, l'un des quatre premiers Oblats du Saguenay.

Quant aux PP. Honorât et Durocher, ils moururent, le premier à Paris, et le second à Québec.

Raconter en détail l'histoire de Mgr Racine, à cette époque importante de sa vie, exigerait des développements très considérables : ce serait faire l'histoire complète du Saguenay, dont les plus grands progrès se sont aiccomplis pendant ces vingt-six années. Et auquel de ces progrès n'a-t-il pas contribué, d'une manière ou d'une autre? Il a présidé à l'établissement d'un grand nombre des paroisses et des missions de ce territoire ; toutes les fondations religieuses sont son œuvre ; il s'est intéressé aussi, souvent d'une façon très prochaine, à l'avancement purement matériel de cette partie du pays. — Si nous ne pouvons pas donner à notre travail les proportions qu'un tel sujet semble exiger, du moins énumérons les principales de ces œuvres que le prélat défunt laisse après lui et qui feront à jamais bénir sa mémoire ; mentionnons aussi les événements les plus remarquables de sa vie pendant cette dernière période.

Le nouveau curé dut faire en goélette le trajet de la Rivière -du-Loup à Chicoutimi ; car les bateaux à vapeur, qui mettaient le Saguenay en communication avec le reste du pays, ne se rendaient alors qu'à la Baie des Ha! lia!!.

1 — Le premier bateau à vapeur qui entreprit de tenir une ligne régulière entre Québec et le Saguenay, lut VUnicorne [1840-42J ; plusieurs autres vaisseaux le remplacèrent successivement, ne faisant que peu de voyages chaque année. Depuis 1861, ces voyages furent beaucoup plus n()ml)reux, de :21 à 77

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En 1862, Chicoutimi était loin d'être la jolie petite ville que nous "voyons aujourd'hui : une église de chétive apparence, des habitations isolées et peu nombreuses, un simple village, en un mot, comme on en voit dans les cantons nouveaux. Il a sufii d'un quart de siècle pour remplacer cette installation primitive. Et pendant que les magasins, les boutiques et les résidences privées se multipliaient ; pendant que l'on ouvrait des rues nouvelles et que l'on faisait de toutes parts ces plantations d'arbres qui donnent à la jeune cité un air si coquet pendant la belle saison, nous voyons surgir un à un, sous l'énergique impulsion du nouveau curé, ces édifices religieux, aux proportions déjà remarquables, que le voyageur est surpris de contempler dans un pays si récemment colonisé.

chaque été. En 1870, la Compagnie da Saint-Laurent fit rendre ses navires jusqu'à Chicoutimi, qui n'a pas cessé depuis lors d'être le terme de cette navigation entre Québec et le Saguenay ; et même, depuis que la Comimgnie du Biche lieu a remplacé la Compagnie du Saint-Laurent [1886], Chicoutimi est à la tête, comme Toronto l'est dans Ontario, d'un des plus beaux parcours de navigation fluviale qui existe [791 milles].

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