ACTE PREMIER
AFRANIUS
Si leur secte est aussi méchante et misérable, Quel danger offrent-ils?
ELYMAS.
démence incurable!
Crédule gouverneur, crois-tu que les États Périssent seulement par les grands attentats? Les ébranlements sourds, les attaques obscures. Le ver qui les atteint de ses lentes piqûres. Le sectaire caché qui travaille sans bruit, Voilà ce qui les ronge et ce qui les détruit! Ces chrétiens, qu'avec tant d'indulgence tu traites. Ont d'ailleurs, au besoin, des armes moins secrètes : Éloquents, entraînants, dominateurs, ils ont Un pouvoir, tout à coup, qui souvent me confond !
MÉGAHA, offrant i boire à Eljrmos.
Allons! pour ramener le qalme dans ton âme...
AFRANIUS
Du vin de Sétia, cher rabbin !
ELYMAS, aceeptant.
Merci, femme !
LYDIE
Attends ! Le Sétia prend un parfum plus doux Dans un yase obsidien. — Gyrine, donne-nous Ces quatre coupes, là, sur ce coffre d'érable. Et ne les heurte pas, prends garde...
(Gyrine, en prenant les conpei, les laisse tomber,)
Misérable !
eî l'apôtre
Viens, donne-moi ton bras !
(Elle prend une épiagle d'or dam ses oheTeaz et en pique le bras de Gjrriae qai
tombe à let piedt.)
GYRINB, areo nn cri terrible*
Ah!
LYDIB.
L'autre bras!...
PAUL, descendant vers Gyrine.
Debout»
Pauvre esclave !
(a Lydie.)
Toi, femme, entends-moi jusqu'au bout.
BLYMAS.
Comment ! ce tapissier va faire une harangue ? Peut-être un Cicéron !
AFRANIUS, riant.
Fais-lui couper la langue !
PAUL
Ne ris pas, duumvir; toi, Juif, sois grave aussi. J'ai lu dans un traité de Sénèque ceci :
Auguste, l'empereur qui fut d'abord Octave, Soupait chez Védius PoUion. Un esclave.
En les servant, brisa des cristaux. Le méchant PoUion ordonna qu'on jetât sur-le-champ Dans un vivier l'esclave, et qu'il devînt la proie De ce monstre des eaux, la hideuse lamproie ; L'esclave cependant, frissonnant de terreur.