‹ L'apôtre: drame en trois actes en versChapitre 54 sur 55 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Demande-t-elle au ciel triste que nous voyons Les souffles du printemps, ses fleurs et ses rayons? Quelle épouse, Lydie, à ma dure fortune Pourrait jamais s'unir?

Peut-être il en est une.

De ce qu'elle te doit ne sais-tu pas le prix? Puisqu'elle le comprend, ne Tas-tu pas compris? Son âme, à peine née, avait eu pour nourrice Cette double mamelle obscure : l'avarice Et l'orgueil ! Elle avait la froide cruauté Que donnent la richesse et parfois la beauté ; Pas un rayon d'en haut! La tristesse glacée Vivait comme un reptile au fond de sa pensée ; Elle n'avait de bon qu'un désespoir secret Qui déchirait son cœur, mais qui le préparait. Alors sur ton chemin Dieu plaça cette femme ; Moins prompt l'oiseau des cieux, moins rapide la flamme! Son cœur était dompté, quoiqu'il se défendît Un instant dans l'angoisse : un mot, tout était dit. Depuis lors seulement, Paul, elle se sent vivre; Le calme lumineux qui la charme et Tenivre, La douceur de connaître et de toucher du doigt L'immense vérité, Paul, elle te les doit!

Réponds-moi donc : Veux-tu faire de cette femme L'épouse de ton cœur et la sœur de ton âme?

PAUL

Xe me dis pas son nom !

LYUIK.

Mais ce nom... es-tu sûr Qu'il t'en serait moins cher?

Il m'en serait moins pur!

LYDIE

Paul...

Assez, Lydia!

PAUL

LYDIE

Qu'ai-je de plus à dire?

Interroge le Dieu qui t'aime et qui t'inspire. Faustus et Mégara... c'est lui qui t'inspirait De les unir. Eh bien! Paul...

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