ACTE TROISIÈME
Demande-t-elle au ciel triste que nous voyons Les souffles du printemps, ses fleurs et ses rayons? Quelle épouse, Lydie, à ma dure fortune Pourrait jamais s'unir?
Peut-être il en est une.
De ce qu'elle te doit ne sais-tu pas le prix? Puisqu'elle le comprend, ne Tas-tu pas compris? Son âme, à peine née, avait eu pour nourrice Cette double mamelle obscure : l'avarice Et l'orgueil ! Elle avait la froide cruauté Que donnent la richesse et parfois la beauté ; Pas un rayon d'en haut! La tristesse glacée Vivait comme un reptile au fond de sa pensée ; Elle n'avait de bon qu'un désespoir secret Qui déchirait son cœur, mais qui le préparait. Alors sur ton chemin Dieu plaça cette femme ; Moins prompt l'oiseau des cieux, moins rapide la flamme! Son cœur était dompté, quoiqu'il se défendît Un instant dans l'angoisse : un mot, tout était dit. Depuis lors seulement, Paul, elle se sent vivre; Le calme lumineux qui la charme et Tenivre, La douceur de connaître et de toucher du doigt L'immense vérité, Paul, elle te les doit!
Réponds-moi donc : Veux-tu faire de cette femme L'épouse de ton cœur et la sœur de ton âme?
PAUL
Xe me dis pas son nom !
LYUIK.
Mais ce nom... es-tu sûr Qu'il t'en serait moins cher?
Il m'en serait moins pur!
LYDIE
Paul...
Assez, Lydia!
PAUL
LYDIE
Qu'ai-je de plus à dire?
Interroge le Dieu qui t'aime et qui t'inspire. Faustus et Mégara... c'est lui qui t'inspirait De les unir. Eh bien! Paul...