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DERNIÈRE MALADIE ET MORT DE MGR RACINE

ua Nu EST en octobre 1887 que cette fatale | Ve maladie du foie s’attaqua À une constitution robuste, pleine de promesses qi consolantes d’une longévité dont personne VAE ne doutait. Du moins, c’est à cette époque Li l) que lui-même en ressentit les premières attein- {| : tes ; Car il paraît qu’au mois d’août précédent, (| pendant un voyage qu’il fit dans l’une des paroisses de la rive méridionale du Saint-Laurent, un médecin qui le vit |

fut frappé de son apparence et fit part à quelqu'un de | ses alarmes.

x. AT

Le jour de la Toussaint, malgré l’état de faiblesse | où il était déjà réduit, et refusant de se rendre aux prières de ses prêtres, il voulut officier pontificalement à la messe et aux vêpres. Le 2 novembre, il assista au service funèbre des défunts : c'était la dernière fois

qu’il occupait le trône épiscopal de son église cathédrale.

Quant les fidèles le revirent dans le sanctuaire du temple saint, hélas ! sa main ne se levait plus pour les béuir ! sa voix, puissante et douce, qui, dans le chant

sacré ou dans l’émouvante exhortation, allait si vite

remt er les cœurs, cette voix était éteinte pour toujours !

Le 10 novembre, il se retirait à ? Hôtel-Dieu Saint- Vallier, pour quelques jours seulement, pensait-il.

Mais ni les soins intelligents et dévoués des bonnes

Hospitalières, ni la science et l’habileté des médecins

ne purent arrêter les ravages d’nne maladie opiniâtre ;

ni même, pouvons-nous ajouter, les prières les plus

ferventes et les plus multipliées de fils et d’amis aMigés. En effet, de toutes les parties du diocèse, et d’ailleurs, s’élevèrent d’ardertes supplications vers le Maître souverain de la vie et de la mort. Les élèves du Séminaire et du {or vent de Chicoutimi se rendirent

en pèlerinage au sanctuaire de la Sainte-Face ; les

:vamiers firent aussi ru péserinage à Sainte-Anne du

Saguenay ; un triduum de prières fut célébré à l Hôtel- Dieu Saint-Vallier ; les neuvaines furent nombreuses. Mais Dieu, dont nous adorons les desseins, n'exauca

pas ces vœux dictés par lamitié, la reconnaissance, la

piété filiale.

Le jour äe Noël, à la prière de M l’abbé A. Fafard, curé d'office de la cathédraie, tous les prêtres du

diocèse offraient l'une des trois messes, perriises ce

jour-là, pour la guérison de leur évêque. Nous ne pouvons nous empêcher de croire que le bon Dieu, par égard pour cette touchante supplication, a bien voulu soulever un peu son bras appesanti sur nous. En effet, le matin de Noël, Mgr Rarine, dont la maladie avait pris jusque-là un caractère de gravité très alarmante, se sentit notablement m'eux ; et cette amélioration persista quelque temps et ranima nos espérances.

Cependant, bien que la maladie semblât ne plus faire de progrès, le malade devenait de plus en plus faible ; jamais néanmoins il ne garda le lit, faisant preuve d’un courage vraiment surhumain. Il continuait

toujours de s’oceuper lui-même des détails de l'adminis-

tration diocésaine ; il ne cessait pas de donner beaucoup

d'attention au projet de la construction d’un éveché, entreprise qu'il allsit mettre à exécution dès le retour du printemps ; il s’int‘ressait de plus en plus au parachèvement de la foi ferrée qui devait relier Québec et Chicoutimi, et retrouvait même toute son énergie lorsqu'il était question en sa présence des difficultés que rencontrait cette œuvre si importante pour l’avenir du Saguenay.

Chaque jour il recevait la visite de plusieurs des prêtres et des citoyens de sa ville épiscopale, qui étaient heureux de pouvoir lui témoigner encore ur attache-

ment, et d'interrompre aussi souvent que possible

ee.

l'ennui de ces longues journées de maladie. L’ennui !

ce n’est pas la moindre épreuve du pauvre malade !

Mais la visite qui apporta le plus de consolation au cœur de Mgr Racine, ce fut, on le comprendra sans peine, celle de son frère bien-aimé, Mgr A. Racine, évêque de Sherbrooke, qui fit le voyage de Chicoutimi, dans le mois de décembre. TL’éloignement, la prévision du mauvais état des chemins et des rigueurs de la température, rien n’avait pu empêcher cette touchante manifestation du dévouement fraternel. Et comme, à cette période de la maladie, on pouvait espérer encore beaucoup en une guérison assez prochaine, aucune inquiétude pénible ne vint assombrir les joies pures de ces longs entretiens des deux frères. Lorsqu’arriva l'heure de la séparation, lorsque Mgr de Sherbrooke dut reprendre le chemin de son diocè », les amertumes du départ furent au moins adoucies par la confiance qu'avait Sa Grandeur que bientôt elle recevrait des nouvelles de plus en plus consolantes. Et 5ourtant, c'était hien la dernière fois que les deux prélats se voyaient ici-bas! C’est ainsi que la Providence, ménageant notre faiblesse, nous dérobe la connaissance de l'avenir, et nous laisse, au fond du cœur, ce trésor

d’une valeur inestimable : l'espérance :

La plupart des prâtres du diocèse, malgré les

distances souvent très grandes, malgré la difficulté des

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