‹ L'Apotre Paul: esquisse d'une histoire de sa PenséeChapitre 16 sur 30 · II · texte numérisé non relu

II

Ainsi comprise, comme elle doit l'être, dans sa relation

intime avec l'opposition judaïsante, cette triste affaire nous introduit au milieu même des troubles de l'église. Ce que les exégètes ont considéré jusqu'ici comme un incident extérieur, est en réalité le nœud de l'histoire de la communauté corinthienne durant ces quelques mois^. Nous com-

* Voici comment paraissent s'être succédé les principaux moments de cette histoire: 1** Discussions générales sur les mérites des divers prédicateurs (1 Cor. I, 1^). — 5" Arrivée des émissaires judaïsants (^ Cor. III, 1). — S** Arrivée de Timothée et de la première lettre de Paul. — 4° Violent débat sur son autorité apostolique, à propos de l'excommunication de rincestueux. — 5** Timothée, de retour auprès de Paul, lui annonce ces nouvelles complications. — 6^ Crise à Corinthe. Retour de Tite. — 7** 2** lettre de Paul. — 8<» Arrivée de Paul à Corinthe. Apaisement.

prenons enfin pleinement les inquiétudes si vives de Tapôtre, et la joie que lui causent le retour de Tite et les nouvelles qu'il lui apporte. La crise a eu lieu. La majorité de l'église lui reste fidèle et lui adresse les témoignages les plus vifs de zèle et d'affection. Mais, à côté de cette majorité, se trouve une minorité pleine d'aigreur et de rancune qui lui fait une guerre acharnée. Le plan de sa lettre lui est ainsi tout tracé. Il s'adressera d'abord à cette majorité fidèle ; il laissera déborder devant elle tous les sentiments qui remplissent son âme. L'apôtre n'a jamais rien écrit de plus pathétique que les premiers chapitres de cette seconde lettre. Puis, se tournant vers la minorité qui lui est hostile, il la châtiera ouvertement du fouet de sa parole ; il rendra coup pour coup, guerre pour guerre. Sa polémique ne connaîtra ni ménagements ni mesure. Paul n'a rien écrit de plus mordant, de plus ironique, de plus fort que les dernières pages de cette même épître. Ainsi s'expliquent naturellement les deux parties de sa lettre, si dissemblables. Rien n'a ménagé la transition de Tune à l'autre, car, entre les deux fractions de l'église de Gorinthe, il n'y avait aucun moyen terme.

Malgré cette opposition tranchée dans le ton et dans la forme, ces deux parties n'en restent pas moins reliées par une grande unité de pensée et de but. Dans l'une et l'autre, c'est toujours le même adversaire que Paul combat, l'esprit judaïque, dont les prétentions veulent étouffer l'esprit chrétien, la servitude de la lettre, qui pèse encore sur la liberté de l'Évangile. Il reprend donc ici la lutte ouverte par l'épître auxGalates, et lui fait faire un nouveau progrès. La bataille ne se livre plus sur la circoncision, mais sur les ministères de la nouvelle et de l'ancienne alliance.

Dès les chapitres III et IV, Paul aborde cette question fondamentale. Les deux alliances sont vigoureusement caractérisées (v. 6 et 7), l'une, comme la lettre qui est morte en elle-

même et qui donne la mort, l'autre, comme Tesprit qui est vivant en soi et qui donne la vie ; Tune, produisant la condamnation, l'autre, réalisant le salut. Si la première a été glorieuse, malgré son caractère étroit et transitoire, combien plus le sera la seconde, qui n'est pas appelée seulement à traverser la gloire, mais à y rester (xb xaTapYoôjxevov Sià S6Çiq<;... tb ixévov èv 86Çy), V. 11).

Aux deux alliances correspondent deux ministères (SiaxovCa YpijxixaToç, StaxovCa icveù^xaToç). Le premier est celui de Moïse dont le visage se voilait aux yeux des enfants d'Israël poiu* qu'ils ne vissent pas l'éclipsé de sa gloire. Mais le ministère de la nouvelle alliance, glorieux d'une gloire permanente, se manifeste à tous les yeux avec une entière liberté, parce qu'il va se glorifiant de plus en plus ; car où est l'esprit du Seigneur, là est une entière franchise (TCappY)(j(a), une entière liberté, une incessante glorification (III, 12-18).

Paul amène ici le dramatique contraste, qui remplit les chapitre IV et V, entre cette force et cette gloire internes de son ministère, et les humihations, les faiblesses extérieures qui semblent l'écraser, mais qui ne réussissent qu'à mieux en révéler la divine puissance. «Nous avçns ce trésor dans un vase d'argile, afin que la puissance débordante de sa vertu soit rapportée à Dieu et non à nous. Nous sommes de toutes façons affîgé, mais non accablé ; toujours en détresse, jamais réduit au désespoir; persécuté, mais non vaincu; balloté par la tempête, mais non submergé, portant constamment en notre corps l'image mourante et mortifiée du Seigneur Jésus, afin que, dans la mort de notre chair, éclate aussi l'énergie de sa vie.» Non-seulement les épreuves et les opprobres ne compromettent pas notre ministère, mais encore elles le recommandent et sont le sceau divin qui le fait reconnaître. Le Christ que nous servons, n'est pas le Christ selon la chair, mais le Christ mort et ressuscité. Ainsi,

tout ce qui est gloire ou force selon la chair disparaît de notre ministère, comme en Christ lui-même, pour mieux laisser éclater la vie nouvelle, la vie de l'esprit: «Nous nous recommandons ainsi nous -même comme ministre de Dieu par une grande patience, par les souffrances, par les épreuves, par les blessures reçues, dans les prisons, dans les veilles, dans les fatigues, dans les jeûnes, à travers la gloire et l'opprobre, le bon renom et la calomnie. Traité de suborneur et pourtant fidèle, méconnu des hommes et pourtant connu de Dieu, toujours mourant et toujours vivant, toujours éprouvé et toujours joyeux, pauvre entre les pauvres, et pourtant enrichissant un grand nombre.» Ces pages admirables se terminent par cet appel émouvant à l'adresse des Corinthiens. «Notre bouche. Corinthiens, s'est ouverte pour vous, et notre cœur s'est élargi. Vous n'êtes point à l'étroit dans nos entrailles. Rendez-nous la pareille. A votre tour élargissez votre cœur» (VI, 11) ^ •

Les chapitres VII, VIII et IX reviennent sur quelques détails trop rapidement expUqués au début, et sur la collecte qui doit être achevée avant le retour de Paul. La polémique contre les judaïsants, indirecte et incidente dans la première lettre, remplit, on le voit, toute la second^. A mesure que l'apôtre avance , elle devient plus vive et plus pressante. Après avoir épuisé la question de principe, Paul aborde en face les accusations et les calomnies que ses adversaires lancent

^ Il est impossible de trouver le moindre lien entré le verset 13 du chap. Vl et le développement d'un ordre tout différent qui commence avec le verset 14. La même solution de continuité reparait entre le verset 1 du chap. VII et le verset 5. Tout au contraire, si l'on retranche cette péricope VI, 14- VU, 1, la liaison la plus naturelle existe entre VI, 13 et VU, 5. Les exégètes ont donc toute raison de regarder la péricope qui coupe si malencontreusement le fil du discours comme une glose interpolée, ou comme un fragment d'une autre lettre de Paul, peut-être de la première, égaré au milieu de notre seconde épître.

contre sa personne. Trop longtemps contenue, son indignation éclate enfin en une explosion terrible (X, 1). «Moimême, moi Paul, je vous exhorte encore en toute douceur et avec la patience de Christ, moi si petit et si humble de près, si audacieux de loin. Plaise à Dieu que je n'aie pas à mon arrivée à déployer mon énergie, pour réduire ceux qui me représentent comme marchant selon la chair!» Après avoir réfuté les propos de ses ennemis, il les presse à son tour; il trace de leur ministère et du sien un parallèle où l'ironie la plus sanglante et l'indignation la plus amère se mêlent aux réserves les plus délicates.

«Eh bien! soit; au risque de paraître insensé, moi aussi je veux me vanter un peu, vous me supporterez bien. Je vais parler, non selon le Seigneur, mais comme un fou; n'importe ! puisque d'autres chantent leurs louanges , moi aussi je chanterai les miennes. Vous, si sages, vous supportez fort bien ces insensés, vous avez une admirable patience, soit qu'on vous asservisse, qu'on vous gruge, qu'on se glorifie, qu'on vous frappe au visage. Que voulez- vous ! Je le dis à ma honte, mais j'ai aussi mes faiblesses. De quoi se vantent-ils? — Je suis un insensé, mais je m'en vante aussi. Sont-ils hébreux? moi aussi. Sont-ils israéHtes? moi aussi. Sont-ils serviteurs de Christ? ici, ma folie passe toute mesure, je le suis plus qu'eux: fatigues> prisons, blessures, j'ai enduré plus de souffrances qu'eux. J'ai subi de la part des juifs cinq fois quarante coups moins un. J'ai été trois fois battu de verges. Une fois lapidé; trois fois j'ai fait naufrage. J'ai été une nuit et un jour dans les gouffres de la mer ; fatigues sur les routes, périls sur les fleuves, dangers de. toute nature, de la part des brigands, de la part de nos compatriotes, de la part des païens, dans les villes, dans les déserts, sur la mer, parmi les faux frères, travail, douleurs, veilles, faim, soif, froid, nudité, j'ai tout bravé, tout sup-

porté .... Mais s'il faut me vanter, laissez-moi me vanter de mes faiblesses!» Ici, comme dans Tépître aux Galates, Paul ne laisse tomber aucun de ses droits. Il ne craint pas de se mettre en parallèle, non-seulement avec ces faux apôtres qui viennent troubler les églises (i^suSa^éŒToXot, Ip^d-zoLi S^Xtoi, \ke'zoL(T/ri\Ka'ç(C6[t*e,^oi eiç àiroŒiéXouç XP^^^^U , XI, 5), mais avec ceux dont ils exploitent l'autorité et qu'ils appellent ol uTcspXiav àTuéoToXot, les archi-apôtres (XI, 5). Cette expression correspond très-bien dans la bouche de Paul à celles de i'épître aux Galates : aiuXot, Soxouvceç.

Pendant que s'accomplissait à Corinthe la scission profonde qui seule explique et le fond et la forme de notre seconde épître, une crise' non moins grave était survenue dans l'âme même du grand apôtre. Les changements extérieurs ne suflfeent pas, en effet, pour expliquer toute notre lettre ; elle n'en suppose pas de moins graves dans la vie intime de son auteur.

n est très -remarquable que les idées eschatologiques de Paul, qui persistent, nous l'avons vu, jusqu'à la fin de la première épître aux Corinthiens, disparaissent ou se transforment à partir de la seconde. De ce moment, il n'espère plus voir de son vivant l'avènement du Seigneur. Cette parousie glorieuse qui rétrécissait à ses yeux l'horizon de l'avenir, s'est éloignée indéfiniment et a laissé surgir une perspective plus sombre et plus douloureuse. Au lieu de Idi parousie de Jésus, l'apôtre a désormais devant lui l'image de la mort et du martyre, et, au-delà de ce moment douloureux, l'espérance d'être enfin réuni. au Seigneur (2 Cor. V, 1-11; Act. XX, 22-25; Phil. 1,21-23). Cette transformation décisive de l'eschatologie paulinienne tombe dans l'inter- Yjalle des deux lettres aux Corinthiens. Qu'est-il donc alçrs swvenu?

Les premiers versets de notre seconde épître nous le laissent entrevoir. Les derniers mois du séjour de Paul à Éphèse et en Asie paraissent avoir été le moment le plus sombre et le plus difficile de sa vie. Un affaissement momentané s'est produit dans ses espérances et dans son âme. Tout semble se conjurer contre lui. Après la défection des Galates, il vient d'apprendre les troubles de l'église de Corinthe. Il retrouve à Ephèse les mêmes adversaires acharnés à le persécuter (2 Cor. XI, 28). Le souci de toutes ses églises le dévore. Il n'a point de repos en sa chair; • il est affligé de toutes manières (IÇwOsv i^axat, ^cwOsv ?6got, 2Cor. VII, 5).

Ce n'est pas tout. Il vient de courir en Asie un mystérieux danger, d'une gravité exceptionnelle (2 Cor. I, 8). Cette épreuve que l'apôtre n'explique point d'une manière plus précise, mais qui ne peut pas être la révolte de Démétrius et de ses ouvriers à Éphèse (Actes XIX, 30-41), a dépassé toute mesure et s'est trouvée au-dessus de ses forces (5ti xaO' uxsp^oXYjv ègapY]6r^(ji.ev uxàp S6va[jLiv). Il a désespéré de la vie. Il a porté sur lui-même en son âme une sentence de mort. Et sa délivrance inespérée lui apparaît à cette heure comme une véritable résurrection d'entre les morts (v. 8-10).

L'indomptable courage du héros, un instant ébranlé par cette crise terrible, s'est bientôt raffermi. Mais une chose ne s'est point relevée dans son âme, c'est l'espérance de voir de ses yeux le triomphe de l'Évangile, l'établissement du royaume messianique et la prochaine parousie du Seigneur. Dans cette crise, sa pensée achève de se dégager des derniers liens du judaïsme traditionnel, et l'eschatologie chrétienne de s'émanciper des cadres étroits de l'eschatologie pharisienne. L'esprit achève de triompher de la lettre.

Paul voit s'ouvrir des perspectives nouvelles. Il ne doit plus compter, pour la fondation du royaume de Dieu, sur

rintervention de Tarcliangè, sur la trompette céleste. Ce royaume s'établira par la faiblesse, par le dévouement et les souflfrances de ses messagers. L'image de la mort, qui ne préoccupait point encore l'apôtre, entre pour la première fois dans l'horizon de sa pensée;

Dans cette heure d'angoisse et de trouble, il a eu cpmme une claire vision du martyre. D devra sceller de son sang la prédication de son évangile. Gomme le Maître, le disciple ne triomphera que par l'humiliation et la douleur. Mais Paul y est résolu. Il s'attache désormais avec passion à cette image de Jésus mouraAt; il éprouve je ne sais quelle fierté nouvelle, quelle joie amère à reprendre en son corps le martyre de son Maître, à le continuer par ses propres douleurs, à l'achever en lui par sa mort (t^^v véxpaxrtv tou 'Iyjcou èv T$ aifjwcTi TC£pt<pépovTeç, 2 Cor. IV, 10; cf. Col. I, 24; Phil. I, 20; II, 17; 2Tim. IV, 6). Ainsi la défaite momentanée de l'apôtre se change en une victoire plus haute et, cette fois-ci, décisive. Désormais, il est heureux et à l'aise, car sa pensée a retrouvé son vrai chemin et il sent maintenant, entre toutes les parties de sa foi, une pleine et profonde harmonie. Si l'avenir du côté de la terre s'est assombri en se rétrécissant, en se fermant même à ses yeux, du côté du ciel s'ouvrent au regard de son âme des perspectives nouvelles, larges et lumineuses. La triste idée du scheol s'évanouit de sa pensée, en même temps que tombe le cadre messianique de l'apocalypse juive. A la place de ce sommeil inconscient des âmes dans le sein de la terre, surgit et triomphe l'espérance chrétienne de l'immédiate réunion des élus avec le Sauveur (2 Cor. V, 1-11). La lutte sans doute se prolongera ici-bas entre la puissance de l'Évangile et celle du péché. Paul n'a point douté que cette lutte n'ait à la fin son dénouement dans le plein triomphe de Christ et son avènement glorieux. Mais il n'essaiera plus de calculer la durée ou de prévoir les

phases de ce grand drame. Comme Jésus, avec le même abandon filial, il remettra à Dieu le Père les destinées de $on royaume» Le spiritualisme chrétien triomphe sur toute la ligne. La mort est désormais pleinement vaincue et surmontée par la conscience chrétienne.

On sait de quel poids écrasant cette idée de la mort pesait sur la conscience juive ^ussi bien que sur la conscience païenne. Malgré la doctrin,e de la résurrection, assez bien établie, semble-t-il, dans la foi populaire depuis la composition du livre de Daniel, l'Hadès, le Scheol gardait ses ténèbres, et la mort, ses terreurs. L'âme de Jésus avait frémi en s'en approchant. Mais les ténèbres s'étaient bientôt dissipées devant les clartés de sa foi, et il ^vait pleinement triomphé de la mort par le sentiment de son entière et indissoluble union avec le Père. Mourir fut pour Jésus retourner vers son Père et son Dieu (Jean XX, 17). Mais, ni les premiers chrétiens, ni les premiers apôtres ne s'étaient appropriés cette victoire du Maître. La mort ne leur était pas moins redoutable qu'aux Juifs. Le règne messianique qu'ils attendaient ne devait se réaliser que sur la terre; ils ne connaissaient aucune autre région dévie que celle-ci. Ils attendaient la parousie du Seigneur, et, quand leur§ proches mouraient , ils tombaient à leur sujet dans de grandes angoisses. Voilà l'explication des inquiétudes des Thessaloniciens au sujet de leurs morts, inquiétudes que Paul s'efforce de calmer. Comment le fait-il? Il ne sait encore que diriger les regards et la foi des Thessaloniciens sur le moment prochain de la venue de Jésus, et leur donner l'assurance que les morts ressusciteront alors premièrement, et auront part à son triomphe aussi bien que les vivants. La mort garde donc toujours son effrayant mystère, elle n'est vaincue qu'en espérance et dans l'avenir.

Pans la seconde lettre aux Corinthiens, Paul se console

PÉRIODE DES GRANDES LUTTES. t57'

déjà tout autrement et d'une manière pluseffîcacfe. Si l'homme extérieur succombe à la mort, l'homme intérieur, dont le principe est l'esprit même de Dieu, en est affranchi. Les épreuves qui ruinent le premier ne font que fortifier et glorifier le second. A mesure que l'un se détruit, l'autre se renouvelle et se rajeunit incessamment (2 Cor. IV, 16). Nous soupirons après le moment où, par -dessus notre chair mortelle condamnée à mourir, nous revêtirons le corps céleste et spirituel flTCsvSùcaaOat). Si notre corps d'argile est détruit par la mort, nous avons toujours dans le ciel un corps spirituel qui nous attend, de sorte que, dépouillés de notre enveloppe terrestre, nous ne serons pas cependant trouvés plus nus que les vivants au jour de la résurrection (2 Cor. V, 3). Loin de craindre la mort, il la faut donc plutôt souhaiter. Car, étant dans ce corps, nous sommes loin du Seigneur ; mais, hors de ce corps, nous sommes avec le Seigneur. La mort ne nous dépouille d'une enveloppe péris^ sable que pour nous revêtir d'un corps immortel. La mort est donc bien vaincue pour le chrétien; elle se nie ellemême ; elle n'est plus qu'un moment transitoire, la dernière crise qui achève notre étemelle glorification (2 Cor. IV, 17)^ Telle est, au double point de vue de la lutte contre les judaïsants et du progrès de la pensée paulinienne, l'importance, à tous égards décisive, que prend la seconde lettre aux Co-* rinthiens dans la suite de la vie de Paul.

Page 1