‹ L'Apotre Paul: esquisse d'une histoire de sa PenséeChapitre 26 sur 30 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le principe chrétien dans la sphère sociale et historique (Philosophie religieuse de l'histoire).

LA PERSONNE DE CHRIST PRINCIPE DE LA VIE DE l'ÉGLISE.

Jusqu'à présent, le principe chrétien est resté dans la sphère de 1^ vie individuelle. Mais il tend, par sa nature même, à une réalisation universelle. Ce que Christ est pour un membre de l'humanité, il l'est et il doit le devenir pour tous. Le résultat de ce nouveau développement du principe chrétien, c'est l'^^/w. L'unité de l'Église repose surlesen-

timent, commun à tous ses membres, d'une communion vi* vante avec Christ.

Pour exprimer cette unité essentielle de l'Église, Paul la compare, à diverses reprises, à l'organisme du corps himiain (1 Cor. XII, 12 et ss.; Rom. XII, 4). «Comme dans un seul corps, nous ayons plusieurs membres, qui n'ont pas tous la même fonction, de même nous tous sommes en Christ un seul corps, et nous sommes les uns à l'égard des autres ce que les membres d'un seul corps sont entre eux.» Ce corps est appelé aôp^ /pt^Tou (1 Cor. XII, 27), c'est-à-dire un corps qui possède en Christ le principe de son être et la racine de sa vie. Christ non-seulement en est la tête, mais il en est l'âme intérieure, et manifeste en lui, et par lui, toutes ses vertus cachées (Éph. IV, 16; Col. n, 19). A cet égard, l'Église devient le corps TJtême de Christ (lè aôfjLa tou xptaTou), c'est-à-dire la manifestation extérieure et visible, la réalisation matérielle de ce que Christ est d'une manière invisible. C'est dans ce corps que Christ verse la plénitude de sa vie, de sorte que l'Église, remplie ainsi de la vertu de son chef, devient encore le xXTfjpwpia TOU xpi^w (Eph. I, 23).

L'Église ne peut réaliser toute la vertu de son principe que par un développement laborieux. Mais tout développement suppose la variété. Dès lors, l'apôtre distingue et reconnaît dans l'Éghse diverses fonctions, divers dons, divers ministères (Staipécreiç x<»p^Œ(J''^'f<*>v etacv, 1 Cor. XII, 4). Il laisse à chacun de ces dons individuels un Ubre et plein épanouissement. C'est par eux que se manifeste la richesse de la vie de l'Église. Mais d'un autre côté, ces divers charismes procèdent d'un seul et même esprit (èvep^eï xb h xac to aiiè icv6î5iJLa), et comme l'amour est leur inspiration commune, ils tendent tous au même but, la perfection du corps entier de l'Église. Ainsi, l'unité se brise d'abord et s'épanouît dans une riche variété; mais cette variété, à son tour, s'évanouit

dans l'unité suprême. Tel est le développement organique et harmonieux de la vie de l'Église.

De cette notion de l'Eglise, dérive l'idée paulinienne du baptême et de la Sainte-Cène y idée qirf se résume dans l'union substantielle du chrétien avec Christ. Le baptêiae, symbole de la foi, reçoit sa signification de la foi elle-même ; il devient le symbole de notre mort et de notre résurrection avec Christ. Dans le baptême, nous sommes ensevehs avec Jésus eu sa mort, et nous ressuscitons avec lui pour marcher en nouveauté de vie (Rom. VI, 3, 4). De même^laCène exprime Tunité mystique des membres de l'Église, avec Christ et entre eux: un seul pam, un seul corps (1 Cor. X^ 17). C'est le moyen par lequel ils s'assimilent la vie de Christ, la substance de «on être spirituel. Ainsi grandit au dehors et au dedans, en étendue et en puissance spirituelle, l'Église, qm n'est pas seulement une création de l'écrit de Christ, m«is^ si l'on peut ainsi parler, un prolongement de son être et une continuation de sa vie.

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