ALLIANCE
L'antithèse flagrante entre la Wi et la foi, établie ^dajiâ le chapitre précédent, tend à se résoudre /d'elle-même^ dès que la pensée de Paul s'élève au point de vue historique. L'apôtre en effet ne pouvait prendre, en face du judaïsme, une position absolument négative. Non-seul^oaent il caroyait à la révélation de Dieu dans l'Ancien Testamectt, mais eaicor^ il admettait l'origine divine de la loi elle-même. Il était donc nécessairement amené à formuler d'une manière positive les rapports de l'-anciennç et de la nouT^élle .allianûe.
Le judaïsme, par cela même, descendait immédiatement du rang de religion absolue à celui de révélation préparatoire. L'ancienne alliance était bien une alliance sérieuse entre Dieu et son peuple; mais, n'ayant point son but en elle-même, elle ne pouvait être définitive (2 Cor. III, 7-11). Elle intervient comme un moment nécessaire, mais transitoire, dans la marche progressive du plan divin. Elle regarde tout entière vers la manifestation suprême de la justice de Dieu en Christ, à laquelle elle rend témoignage (Rom. m, 21).
Cette préparation a un côté positif, dans le don primordial de la promesse, et un côté essentiellement négatif, dans l'intervention et le rôle de la loi. Il y a, en effet, entre la foi et la promesse, similitude et identité parfaites ; car elles ont le même contenu, la grâce de Dieu. La promesse, c'est la foi anticipée, comme la foi est la promesse réalisée. Aussi Paul affirme-t-il énergiquement qu'il n'y a jamais eu d'autre juçtification possible à l'homme devant Dieu que la justification par la foi, que celle-ci est l'idée primitive, originelle de la révélation divine, fort antérieure à l'institution même de la loi. Il la retrouve sans peine dans la promesse faite au Patriarche. Abraham crut à Dieu et cette foi lui fut imputée à justice. Les origines du salut par la foi remontent donc jusqu'à lui (Gai. III, 7). C'est à la foi seule, à la foi même eu dehors de la circoncision, que la promesse a été faite (Rom. IV, 10). De là vient l'importance capitale que la personne d'Abraham prend aux yeux de Paul dans la marche de la révélation divine. Abraham marque le moment décisif où la promesse entre dans l'histoire, c'est-à-dire où la grâce Justifiante de Dieu s'annonce pour la première fois au iûonde^ et le nom du patriarche reste à la tête d'une des grandes périodes de l'histoire religieuse. Cette promesse ^ixmermiestûmeîU, qui, dès le principe, a consacré le droit
des croyants à l'héritage paternel, testament que rien, dans la suite, ne peut ni modifier ni détruire (Gai. III, 15).
S'il y a, entre la promesse et la foi, cette identité originelle, la loi, par contre, représente un élément extérieur, radicalement différent de l'une et de l'autre. Elle intervient entre l'une et l'autre pour amener l'accomplissement de la promesse; mais elle reste sans lien positif avec elle. Son ministère représente une grande parenthèse dans l'histoire (TuapeioYjXOsv). Survenue 430 ans après, elle n'est point la continuation de la promesse, car alors il faudrait admettre que Dieu a modifié ses intentions premières. Or la parole de Dieu ne peut être annulée. La loi a donc une toute autre destination que la promesse. Sa mission consiste uniquement dans la réaUsation et la multiplication du péché (Gai. III, 19; Rom. V, 20). C'est dans ce but qu'elle intervient entre la promesse et son accomphssement, et sert de moyen terme et de médiation entre ces deux moments de l'histoire. En quoi consiste cette médiation temporaire? A placer tous les hommes sous le péché et sous la malédiction, et à les retenir et garder sous ce double joug jusqu'à la venue de Christ. La réalisation de la grâce ne pouvait avoir lieu en eflFet avant celle du péché. C'est donc en réalisant le péché que la loi travaillera d'une manière efficace à l'avènement de la grâce. Tel sera son office de pédagogue et de médiateur temporaire. Bien que la justification ne vienne point de la loi, bien que la loi produise même un fruit tout opposé, elle n'est cependant contraire ni à la promesse ni à la foi ; elle rentre aussi et trouve sa place dans le plan divin ; elle représente entre l'une et l'autre ce moment négatif de condamnation que l'homme doit traverser avant d'arriver au plein sentiment de sa réconciliation avec Dieu. Ainsi la pensée de l'apôtre retrouve, au terme de cette discussion, son unité un nstant compromise, et arrive à comprendre le rôle de la
loi, dans sa diflférence essentielle et dans sa relation historique avec l'Évangile. La 'promesse, la loi, la foi, Abraham, Moïse, Christ, marquent les trois moments successifs, logiquement enchaînés et logiquement nécessaires, du plan divin.
Cette conception est radicalement diflFérente de la manière dont les juifs et les judéo-chrétiens persistaient à considérer l'Ancien Testament. Elle est même si hardie et si originale, que la théologie chrétienne des siècles postérieurs n'a su ni la comprendre, ni la reproduire. C'est la lettre de l'ancienne alliance , interprétée par l'esprit de la nouvelle. Paul sentait bien que le juif ne pouvait de lui-même s'élever à ce spiritualisme. «Un voile est resté, disait-il, sur l'ancienne alliance. Par Christ seul, le voile peut être levé. Mais jusqu'à aujourd'hui, les Juifs lisent Moïse sans le comprendre.» Ils ne s'aperçoivent point du caractère subordonné, de la gloire éphémère de ce ministère de Moïse, n n'a pas été sans gloire, car il a été une manifestation de la volonté de Dieu, mais cette gloire a été passagère, parce que ce ministère ne devait pas lui-même être permanent ; elle disparaît et s'évanouit devant une gloire plus haute, une gloire impérissable (2 Cor. III, 6-15).
ADAM ET CHRIST, OU LES DEUX AGES DE l'hUMÀNITÉ.
La pensée de Paul n'a point encore franchi les limites sacrées de l'Ancien Testament ; mais elle tendait évidemment à embrasser, dans son ensemble, tout le développement historique de l'humanité, dont l'Évangile de Christ est le terme et le couronnement.
L'apôtre se plaît à comparer la vie totale du genre humain
272 LIVRE CINQUÏÈMB.
au cours naturel de la vie individuelle, et à retrouver dans la première les diverses phases de la seconde. L'humanité, elle aussi, commence par être enfant, et doit traverser une période de lente éducation et de pénible minorité. C'est un héritier, sans doute, mais un héritier mineur qui doit res^ter en tutelle jusqu'au moment de sa pleine majorité. La promesse, voilà le testament paternel ; le tuteur sévère, inflexible, c'est la loi qui remplira son office jusqu'au temps marqué par le père lui-même. L'héritier jusqu'alors est traité comme un esclave. C'est en Christ enfin, gue l'homme retrouve ses titres de fils, et atteint sa pleine maturité ('rcXVjpwjjia xou xp6vou). A ce moment cesse la période de l'enfance et de la jeunesse, passée dans l'esclavage, et commence la seconde phase de la vie humaine, celle de l'âge mûr, dont le caractère est la liberté, l'entière possession de soi-même (Gai. IV, 1-7).
Toutes les idées, toutes les institutions juives et païennes, qui ont gouverné l'humanité avant Christ, tombent sous cette désignation générale : iffOevî} %a\ xTio/à aToi/eta , choses rudimentaires , éléments primitifs, par lesquels l'éducation du genre humain s'est faite jadis, ipais qui né conviennent plus à l'humanité chrétienne, libre'et majeure (Gai. IV, 9). - C'était une pensée hardie que de ranger ainsi, dans une seule et même catégorie, les traditions juives et les traditions païennes, et de les confondre en quelque sorte en les subordonnant également à l'Évangile.
Cette haute philosophie de l'histoire s'exprime encore mieux et s'achève dans le parallèle des deux Adam (Rom. V, 12-21; 1 Cor. XV, 44-47). On n'apprécie pas suffisamment, à mon sens, l'importance de ces deux textes, quand on n'y voit qu'une figure typologique plus remarquable peut-être que les autres, mais servant uniquement dlllustration au discours de l'apôtre. Dans l'enchaînement logique où oft parallèle arrive, il prend de lui-même dans le système de
Paul une place capitale, et exprime une de ses plus grandes et de ses plus belles idées.
Adam et Christ représentent les deux grandes périodes de la vie de l'humanité. La chair, le péché, la loi, là mort, régnent sur la première; l'esprit, la foi, la justice, la vie sont les puissances qui triomphent dans la seconde. Le premier Adam était terrestre et charnel (xoï/.(5ç et ^ir^t^ôç). Tous ses descendants ont été terrestres et charnels , ont continué sa vie et porté son image. Avec la transgression d'Adam, le péché est entré dans le monde, a régné sur tous les enfants d'Adam, les livrant à la mort, salaire inévitable du péché. Tel est le développement naturel de cette première période. On n'a pas toujours bien saisi le lien organique qui l'unit à la seconde , résumée en Christ. Cette nouvelle période n'intervient point brusquement, amenée du dehors par un acte arbitraire ; elle a son point de départ dans la première elle* même et en procède organiquement. La vie charnelle et psychique doit précéder la vie pneumatique et la laisser s'épanouir (1 Cor. XV, 46). La seconde période ne commence pas, comme on se l'imagine , avec la naissance surnaturelle de Jésus ; on peut même se demander s'il y a place dans la conception de Paul pour cette naissance surnaturelle. Le rôle que ce fait prend dans la théologie ecclésiastique, est rempli dans le système de l'apôtre par celui de la résurrection. La nouvelle époque historique commence avec la résurrection du Sauveur, laquelle a été la première apparition de la vie spirituelle sur la terre. La vie historique de Jésus en effet appartient à la première période. Christ a été, lui aussi, un descendant d'Adam, né de femmes venu sous la loi, avec une chair semblable à la nôtre, sous la domination objective du péché et de la mort, pour faire éclater et jaillir^ de ce miheu même, la vie divine qui l'animait.
Dans ce point de vue-, tout repose sur le fait de la réelle
humanité de Jésus. Le second Adam est du ciel sans doute, mais il sort aussi du sein de rhumanité. Il est entré comme un membre vivant dans la race humaine; il j devient le père d'une humanité nouvelle. U esprit y la justice et la vie sont en lui non-seulement des qualités, mais des puissances, qui entrent dans l'histoire, et s'y développent comme le péché se transmettait dans la descendance d'Adam. De même en effet que, par notre origine, nous sommes en communion avec le péché d'Adam et participons à sa mort, de même ceux qui entrent en communion avec Christ participent à sa vie et à sa justice. S'il y a différence, elle est même tout à l'avantage du second Adam: un seul péché fut le point de départ de la condamnation du grand nombre ; la rédemption, au contraire, a son point de départ dans la multitude des péchés actuels dont Christ triomphe, et au sein de laquelle, par son obéissance, il fait éclater la justice et la vie (Rom. V, 15-17).
Bien que surnaturel dans sa cause divine, le christianisme n'entre donc point brusquement ni violemment dans la suite de l'histoire, pour en interrompre le cours. 11 se manifeste à son heure, jaillissant du sein même de l'humanité, où Dieu fait apparaître, au temps marqué, la vie nouvelle. L'idée d'une chute de la race humaine, au sens où l'entendait Augustin, n'est point dans la logique du système de Paul. Ou, du moins, si l'apôtre admettait une défaillance, une chute du genre humain dans le péché, cette idée finissait par disparaître dans l'idée plus haute d'un progrès constant. Le second Adam ne répare pas seulement la faute du premier ; il réalise un progrès réel et marque un degré supérieur de la vie. La résurrection de Christ est l'achèvement de la création de l'humanité.
ESCHATOLOGIE.
Les luttes de l'histoire se résument, aux yeux de Paul, dans Fantagonisme incessant de deux principes contraires : la Tifiort et la vie Ce grand drame aura son dénouement. La puissance de la mort est déjà brisée en principe dans la résurrection de Jésus-Christ. Ce premier triomphe reste le point de départ de l'eschatologie paulinienne. Celle-ci n'est plus que l'épanouissement ou la réalisation progressive de toutes les conséquences individuelles, sociales et cosmiques renfermées en germe dans ce faiUprincipe, L'apôtre ne restreint point, en effet, cette transformation radicale, qu'annonce et que commence le triomphe personnel de Jésus, à la seule humanité. Elle s'étendra à toutes les sphères célestes et à toute la nature physique. La résurrection du Christ est un moment décisif dans le développement de la vie universeUe (Rom. VIII, 18-24).
Comment s'opérera ^ette transformation? Au mécanisme extérieur de l'eschatologie juive, l'apôtre, on l'a vu, s'efforçait de substituer un dynamisme moral. Toutefois ce serait se méprendre sur sa pensée, que de lui attribuer l'idée moderne du progrès indéfini de l'histoire. Il s'est trèscertainement représenté la fin comme un dénouement dramatique amené par Dieu, au moment prévu dans ses desseins. S'il a renoncé à l'espoir d'assister, vivant encore, à Idiparovr sie du Seigneur, il a toujours attendu ce grand événement, et veut qu'on l'attende après lui (1 Cor. XV, 22; Phil. I, 10; III, 21). Il n'y a pas contradiction, comme on l'a dit, entre cette attente finale et l'espérance immédiate que nourrit Paul, d'être réuni par la mort même avec Christ et avec
Dieu (Phil, I, 21; 2 Cor. V, 8). Jusqu'au moment de la manifestation extérieure et historique du Seigneur, les chrétiens vivants ou morts ont également leur gloire et leur vie cachées en Dieu, comme l'est actuellement aux yeux du monde la gloire de Christ lui-même (Col. III, 1-14).
Le moment de la parousie sera celui de la résurrection. Alors le principe de la vie nouvelle qui est en Christ, se manifestera dans toute sa puissance en ressuscitant nos corps mortels y et achèvera ainsi l'œuvre de la rédemption (Rom. VIII, 23). D'un autre côté, Paul n'exclut pas avec moins de décision la chair et le sang de cette résurrection glorieuse (1 Cor. XV, 50). Évidemment dans son système la chair, siège et organe du péché, doit être anéantie. Il faut donc faire une distinction essentielle entre le corps et la chair. Celle-ci est la substance matérielle du corps. Celui-là reste la forme essentielle de l'être humain. On peut se demander au point de vue philosophique comment la forme peut subsister quand la matière qui la remplit disparaît. Paul ne s'est pas préoccupé de cette question. 11 a cherché à rendre sa pensée sensible et il y a admirablement tien réussi, en comparant la résurrection à la germination d'un grain de semence. Ce n'est pas la même matière qui compose la plante nouvelle, et cependant le type persiste dans le changement de substance. Le corps nouveau procède organiquement du germe qui lui donne naissance. Il y a donc un lien réel entre le corps semé corruptible et le corps qui ressuscite incorruptible. C'est le même corps, et c'est pourtant un corps nouveau. Le corps, en effet, représente aux yeux de Paul une pensée divine essentielle et nécessaire au plein développement de la vie individuelle ; ce type divin se réalise successivement avec des éléments de nature diverse (àXXY) aipÇ) et s'élève comme l'âme elle-même, par la crise de la mort, à un degré supérieur dévie. Il devient, lui aussi, corps
spirituel. La substance du icvsufjLa remplacera en lui la matière de la oipÇ.
Cette résurrection sera le moment du triomphe absolu du Seigneur. Toute puissance., toute-autorité tombera devant lui. Ses ennemis seront mis sous ses pieds (1 Cor. XV, 24-28,. Faut-il comprendre cette dernière victoire comme un triomphe extérieur? Est-il question d'une soumission forcée des puissances hostiles, ou de leur transformation, de leur conversion et de leur glorification? La première conception paraîtra peut-être à plusieurs la plus vraisemblable. Cependant, quand Paul déclare que la mort elle-même sera anéantie pour toujours, il semble bien faire entendre que le mal lui-même cessera d'exister. L'apôtre ne dit rien du sort final réservé aux méchants ou au diable. Mais l'idée d'une éternelle damnation est évidemment en dehors de la logique de sa pensée. Celle-ci exigerait plutôt l'anéantissement absolu des êtres mauvais. On remarquera, en particulier, qu'il n'est point question chez Paul d'une résurrection des méchants. N'ayant point en eux mêmes le principe vivifiant, ils ne sauraient revivre . — Quand cette pleine victoire du bien sur le mal, et de la vie sur la mort, sera réalisée, Christ alors remettra le royaume à Dieu son Père. Son rôle cessera avec son triomphe ; il s'effacera à son tour, et Dieu, consommant l'unité éternelle, sera tout en tous. Tel est le but suprême et glorieux de l'his toire.
11 it(ffttç, ^ ëkidç^^à^inri, LAPoi, l'espérance, l'amour. Le développement historique du royaume de Dieu se
trouve dès maintenant condensé et résumé dans la conscience chrétienne. Les principaux inoments de ce progrès de vie y sont représentés subjectivement par la foi, Fespé-
Tance, V amour, v<Dans ces trois points , dit excellemment Calvin, est un brief résumé de toute la chrestienté.»
Le premier en date est la foi. C'est le fait créateur qui contient en germe les deux autres. La foi regarde, dans le passé, à la promesse divine, au salut accompli par la mort de Christ. Là est son objet et son point d'appui. Mais, si la foi plonge par ses racines dans le passé et vit dans le présent, ni le présent ni le passé ne sauraient lui suflire ; elle s'empare de l'avenir et devient V espérance,
La foi porte l'espérance dans ses flancs, comme le passé et le présent portent en eux-mêmes l'avenir. L'espérance, à parler vrai , n'est que la foi épanouie ; c'est le côté de l'âme tourné vers la vie éternelle. Plus le désaccord est profond, plus la contradiction est douloureuse, dans le temps présent, entre ce que nous sommes spirituellement par la foi, et notre condition terrestre, entre nos aspirations et nos épreuves, plus aussi l'espérance jaillit de la foi, vive, puissante. «A le bien prendre, dit l'apôtre, nous ne sommes sauvés qu'en espérance.» Notre vie ici-bas n'est qu'une affliction, une gêne constante (ôXt^'tçxat aTevox<*>p^a)> où la vie de l'esprit est comprimée et froissée par les tentations, les faiblesses et les douleurs de la chair. Nous marchons par la foi sans la vue. L'espérance est la vue de la foi.
Mais le sentiment essentiel et permanent de la conscience chrétienne, celui qui en exprime le côté éternel et qui se retrouve, comme tel, dans la foi et dans l'espérance, c'est Vamour, Les deux premiers sont des modes temporaires de la vie spirituelle ; ce sont des vertus de voyageurs; le troisième exprime l'essence intime, le fond immuable de cette vie. L'amour est la vie même de Dieu. «Maintenant, ces trois vertus demeurent : la foi, l'espérance et l'amour ; mais la plus grande d'entre elles, c'est l'amour
(1 Cor. Xin).