‹ L'apôtre Paul et Jésus-ChristChapitre 100 sur 111 · H. Hozrrzmanx, Neutestamentliche Theologie, IT, p · texte numérisé non relu

H. Hozrrzmanx, Neutestamentliche Theologie, IT, p

3. Cet usage à persisté dans certaines sectes hérétiques (Montanistes, Marcionites, etc.); cf. Heinricr, Der erste Brief an die Korinther (MEvER’s, Kommentar, V, 8° éd.), Güttingue, 1896, pp. 476-477. — La tentative de DürseLen (Die Taufe für die Toten. I Kor., 15, 29. |Sfudien und Kritiken,

Ce “qui est vrai tdi Baptème, l'est aus | 4 nion! : elle est pour l'apôtre Paul, le moyen par - entretient la vie de l Église. Paul écrit aux Corinthiens « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n 'est- elle : pas la communion du sang de Christ? le pain que no e rompons, n'est-il pas la communion du corps de Christ? . Parce qu'il ya un seul pain, nous qui sommes plusieurs, formons un seul corps, car nous participons tous au même pain » (I Cor., 10, 16. 17:). La communion ne réalise pas seulement l'union des croyants entre eux, elle … opère aussi leur union avec le Christ. Ce qui le montre. d’une manière très intéressante, c’est le parallèle que . Paul établit entré la Céne et les sacrifices païens. On sait que d’après la conception grecque, l'effet du sacrifice auquel l’homme avait part en mangeant une partie des viandes immolées, était d'établir une commu- nion entre lui et la divinité. C’est pour cela que Paul interdit aux Corinthiens de manger des viandes sacrifiées aux idoles; c’est pour lui une affaire de simple bon sens

( Cor., 10, 18-21 5), il est impossible que celui qui a eu part à la communion du corps et du sang du. Christ veuille entrer en communion avec les démons. « Téne: x veux pas, écrit Paul, que vous entriez en communion

avec les démons. Vous ne pouvez boire la coupe du Sei: … gneur et la coupe des démons, vous ne pouvez partici=.

per à la table du Seigneur et à la table des démons » (I Cor, 10, 20.21;). Ce qui prouve bien que Paul s’est fait de la Cène une idée sacramentaire et presque magique, c'est

1903]) pour montrer que Paul mentionne seulement l’usage du baptême 2 pour les morts, mais qu’il ne l’a personnellement pas approuvé, ne nous paraît pas réussie. e 1. KERN, Die Auffassung des beiliven Abendmahls bei Paulus (Srudien und ge Kritiken, 1902).

de : ‘ayant les conséquences les plus Fat nestes. —« Que chacun s’éprouve soi- -même, dit-ilaprés avoir raconté l'institution de la Cène, et qu’ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe, car celui qui mange … et qui boit ne discernant pas le corps du Seigneur, | mange et boit sa condamnation. C’est pour cela qu'il y à parmi vous beaucoup de faibles et de malades, et que quelques-uns sont morts » (1 Cor., 11, 28-29;). Il n'est donc pas exagéré de dire que chez Paul l'idée sacramen- taire se fait jour de la manière la plus nette’. | ds ne Nous avons vu plus haut que le christianisme de Jésus n’est en aucune mesure encore une gnose. En est-il de même chez l’apôtre Paul? Au premier abord, la question semble superflue. L’apôtre n’a-t-il pas pris soin de déclarer lui-même de la manière la plus nette, que sa: Le prédication n’est pas une sagesse, mais une folie? « Christ, dit-il, m’a envoyé pour évangéliser, mais non avecune sagesse de raisonnements (obx 2 cogix éyou), afin que la . croix de Christ ne soit pas rendue vaine » (I Cor., 1, 17;). Mais, en y regardant de plus près, on voit que si l'Évangileestune folie, c’est seulement pour ceux qui périssent; pour ceux qui sont sauvés, au contraire, il est la puis- - sance de Dieu (I Cor., 1, 18:). « Pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, Chat est la puissance de Dieu et . la sagesse de Dieu » (I Cor, 1,24:). Il n’y a donc pas; en réalité, chez Paul, opposition entre la sagesse et l’Évangile, mais entre la sagesse humaine et une sagesse supérieure, celle de Dieu. Paul a conscience d apporter dans : son enseignement une sagesse supérieure à celle des

Pur. à PFLEIDERER, Der Paulinismus, pp. 251 ss.; H. HoLTzmanN, Neutes- Fe tameniliche Theologie, il, p. 183. Ù À

. puissance à Dieu. . A T sagesse aux ge

mûrs, mais ce n est pas la sagesse de ce monde, ni de: princes périssables de ce monde. Nous préchons une sagesse mystérieuse et cachée que Dieu a prédestinée

avant les siècles pour notre gloire (azhoïuey Oeoÿ soglav èv

puotnolo, Thv amonexpuuiévnv, Nv Tpowpiosy 6 Beds red Toy albvwv ets DéEon vor. I Cor. 2, 4-7;). A plusieurs reprises, Paul présent son anale comme la révélation d’un mystère. « Que

lon nous considère, écrit-il aux Corinthiens, comm

les représentants de Christ, comme les administrateur. des mystères de Dieu » (I Cor., 4, 1;)°. Suivant une dé

claration de l’épitre aux Romains, l'Évangile est «la révé=

lation d’un mystère caché durant des siècles, mais aujourd'hui dévoilé et publié dans des écrits prophétiques, selon l’ordre du Dieu éternel, pour amener tous les paiens

à lobéissance de la foi » (Rom., 16, 25.26 5). Plus spécia-

lement, Paul appelle des mystéres, l’enseignement qu’ il donne sur la résurrection des morts (I Cor., 15, 51;), et

sur le rejet d'Israël et la vocation des païens (RARE T6,

A y a donc chez Paul, non pas sans doute un système

gnostique développé, mais quelques germes de gnosti-

cisme. Paul, en effet, considère l'Évangile, non pas exclusivement, mais cependant d’une manière parfaitement

nette, comme une gnose, c'est-à-dire comme la révéla-

tion d’une sagesse supérieure. D'autre part, et par une. consëquence de l’idée que nous venons d'exposer, Y'Égiise

est pour lui une réalité mystérieuse, le corps de Christ

formé par la communion de ceux à qui cette gnosea ete.

ss

révélée. On y entre par un rite sacramentel, le Baptême,

et dans le sein de l'Église, la communion est maintenue par un autre rite, la Cène.

UT — Origine des idées sacramentaires et gnostiques de l'apôtre Paul.

En ce qui concerne ce qu’on peut appeler d’un mot le gnosticisme de l’apôtre Paul, aucune comparaison avec l’enseignement de Jésus-Christ n’est possible. Nous avons en effet essayé de montrer dans la première partie du présent chapitre, que toute idée gnostique ou sacramentaire était totalement étrangère à la pensée de Jésus. Nous sommes donc en présence d'éléments qui ont été introduits dans le christianisme par l’apôtre Paul. Il est bien difficile de dire exactement à quelles sources il a puisé : nous nous bornerons à de très brèves observations. L’histoire de la primitive Église nous est trop mal connue pour que nous puissions dire si certains usages anciens relatifs au Baptême et à la Cène, n'ont pas influencé en quelque mesure la pensée de Paul. L’analogie qu'il y a entre les idées sacramentelles de l’apôtre, et l’idée des rites dans les mystères grecs, le parallélisme que Paul établit lui-même entre la Cène et les sacrifices païens, nous paraissent rendre infiniment probable l'influence de la philosophie religieuse de l’hellénisme”.

1. ANricH (Das antike Mysterienwesen in seinem Einfluss auf das Christentum, Gôttingue, 1894) ne croit pas à une influence grecque. Voici son jugement : Die paulinische Auffassuno des Christentums ist in ihrer Hauptsache nur als originale Schüpfung des christlichen Genius auf der Basis des genwinen Judentums zu verstehen und von griechischer Denkweise in hôchstens sekundürer Weise mit becinflusst. Die begeonende Anschauung über Taufe und Abendmahl

nn che conduire à l’idée de Pinettation divi C de l'Église, et à la théorie des sacrements. Me

D'autre part, Paul a posé un germe qui devait amene la transformation de Ts prédication du salut, €

- . que les mystères d’Eleusis ont peut- être exercé une Re ti sur la conception paulinienne des sacrements. De même Percy GarpNer (The origin of the Lord's Supper, 1893, p. 18 [cité par ANRICH, ouv. cifé, p. 111]) : GONKEL (Zum religionsgeschichilichen Verständniss des Neuen Testaments,

Abendmahl bei Paulus) après avoir cité des parallèles aux deux rites chré- tiens dans diverses religions (pp. 40 ss.}, estime qu’il faut penser à un de ‘influence mithriaque (p. 52). Le fait que la ville de Tarse a été un centre - important du culte mithriaque vient peut-être à l'appui de cette idées

Page 1