Cf. Werzsæcker, Das apostolische Zeitaller, pp. 67 ss
Son . PREMIÈRE PARTIE. — LES FAITS
L | aux Corinthiens où Paul parle des apparitions du Christ ressuscité (I Cor., 15,1-11;), et enfin un passage de l’épitre aux Philippiens où Paul raconte briévement la transformation qui s’est faite en lui (Phil., 3, 7-11;). À côté de ces textes, nous aurons encore à tenir compte de quelques passages moins étendus des épiîtres aux Corinthiens en particulier. Ces documents suffisent pour que nous puissions nous faire une idée de la manière dont Paul a conçu sa conversion. Analysons donc les textes que nous venons d’énumérer.
Gal., 1-2, 14;. Dés les premières lignes de lépitre aux Galates, nous trouvons une indication très nette sur l’idée que Paul s’est faite de son apostolat. Dans la salutation initiale de cette épître, Paul ne se contente pas de prendre le titre d'apôtre, mais il affirme dans une formule aussi brève qu’énergique, que son apostolat n’a pas d’origine humaine. L’affirmation générale qu'il ne tient pas son apostolat d'hommes oùx x” 0oüruy est immédiatement précisée et défendue contre une objection possible, par l'affirmation, non seulement que sa vocation vient de Dieu, mais encore qu’elle n’a pas eu un homme pourinstrument(sièt à ävôoumou, Gal., 1, 1;). Ceque Paul affirme ainsi dans la première phrase de sa lettre, il l'explique et le prouve un peu plus loin quand, aprés la salutation du début (x, 1-5;) et un court passage où il exprime sa surprise de la défection des Galates(Tt,6-9;), i] affirme que son évangile n’est pas humain mais qu’il l’a reçu directement par une révélation de Jésus-Christ, ce qui l’amène à raconter sa conversion et les événements qui l'ont suivie (1, 10-12;), puis son premier voyage à . Jérusalem trois ans après (1, 13-24; ), son second voyage, et la reconnaissance de son apostolat par les Douze (2,1-10;), enfin, la réprimande qu’à Antioche il adressa à
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Pierre (2, 11 ss.). Reprenons ceci avec plus de détail.
Le premier développement est dominé tout entier par
l'opposition entre le Christ et les hommes : Paul ne cherche pas à plaire aux hommes, puisqu'il est disciple du Christ (1, 10;). Ceci prépare l'affirmation qui suit: Paul déclare que son évangile n’est pas humain (xxx äpwrov, 11 ;), parce qu'il ne le tient pas d’un homme (rap édpwrev, 12:). Paul emploie ici deux termes qui se complètent. Il dit d'abord qu'il ne tient pas son évangile des hommes, puis qu'il n’a pas été instruit par des hommes. C’est donc à la fois dans son principe et dans ses développements, que l’évangile paulinien n'est pas humain. Aprés la négation vient l'affirmation : Paul déclare qu’il tient son évangile d’une révélation de Jésus- Christ (& amonakbgeus ‘Inooë Xpiotoë, I, 12 1): Le verset 16,dans lequel Paul déclare qu'il plut à Dieu de révéler son Fils en lui, prouve que, dans cette expression, le Christ n’est pas le sujet, mais l’objet de la révélation. Aprés cette affirmation générale, Paul rappelle ce qu’il était avant de devenir chrétien (1, 13. 14;), puis il en vient au récit de sa conversion. Celui-ci est, intentionnellement sans doute, peu précis. Ni le lieu, ni l’époque, ni les circonstances ne sont spécifiés. On peut supposer que le lieu où se produit la conversion est le chemin de Damas. Au verset 17, Paul déclare en effet qu'il ne monte pas à Jérusalem, mais qu'il vaen Arabie et qu'ensuite il retourne à Damas (ré bnéotpetba els Aapasxéy), Quant au moment, la seule indication du texte, c’est que ce fut le moment choisi par Dieu. Quant aux conditions, Paul se borne à faire connaître les causes divines de sa conversion, à savoir que Dieu l’avait appelé et mis à part dés le sein de sa mère. Quant à la nature de sa conversion, Paul dit que Dieu a
manifesté son Fils en lui (roi rèv vièv abro ëv épol, I, 16: Je Il s agit pour Paul d’un fait réel mais subjectif. C’est une
expérience dont Dieu est l’auteur, le Christ l'objet, Paul le sujet; elle a pour effet de démontrer à Paul que ce Jésus, qu'il croyait être un malfaiteur, était réellement le Christ, le Fils de Dieu, parce qu'il était vivant, c'est-àdire ressuscité des morts. À l'appui de cette rss tation, nous pouvons citer le passage Rom., 1, 4; où Paul He que c’est par sa résurrection Jésus à 4 été proclamé Fils de Dieu (z05 sp1dévree vie 0e05 En duvauer
2E dvasrtécews vexpv). D'autre part, Paul affirme qu AL a
vu le Christ ressuscité (I Cor., 9, 1;). | Le fait même de la révélation accordée à Paul doit, dans sa pensée, justifier l'affirmation qu’il n’a pas reçu son évangile d’un homme (Cal., 1, 12;). Le récit des faits qui suivent la conversion, doit démontrer qu'il n'a pas non plus reçu des hommes un enseignement quelconque, pour compléter la révélation qui lui avait été accordée. C’est ce que Paul affirme en déclarant qu’aussitôt après sa conversion il ne s’est attaché ni à la chair, ni au sang (1, 16b;). Le sens de ces expressions n’est nullement obscur, comme il peut le sembler au premier abord ; pour Paul, la chair et le sang, c’est tout ce qui touche à la vie terrestre, charnelle et humaine; l'esprit au contraire est la sphère de la vie divine dans laquelle le Christ est entré par sa résurrection. Ce qui importe pour Paul, nous le verrons un peu plus loin, ce n’est pas tant le Christ qui a vécu, parlé, enseigné, c'est celui qui est mort et res-
suscité. On connaît la parole de l’apôtre : «Si nous avons connu Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus»
(I Cor., $, 16;). En déclarant qu'il ne s’est attaché ni à la . chair, ni au sang, Paul veut dire qu’il ne s’est pas appliqué à savoir ce que Jésus avait dit, fait et enseigné pen-
SLA CONVERSION. DE PAUL
pe nt sa vie terrestre. Cette interprétation est confins fe
par la phrase qui suit : « Je ne suis pas monté à Jérusalem
. auprès des apôtres plus anciens que moi » (Gal, 1, 17;)'.. Paul tient beaucoup à affirmer qu'il ne doit rien aux
autres apôtres, c’est pour cela qu’il déclare qu'il n’a été à Jérusalem que trois ans après sa conversion; il dit qu'il n'y a passé que quinze jours pour voir Pierre, ajoute qu'il ÿ vit aussi Jacques, le frère du Seigneur, maïs aucun des
autres apôtres (1, 19). Cette affirmation paraît si importante à Paul, qu’il lui donne une forme particulièrement
solennelle en prenant Dieu à témoin de la vérité de ce qu'il dit (1, 20;).
On peut dire que dans le morceau que nous venons
d'analyser, Paul donne une démonstration théorique du fait que c’est de Dieu seul qu’il tient son évangile. Dans ce qui suit, il ajoute une démonstration d'ordre pratique: il raconte comment, aprés quatorze ans, il retourne à Jérusalem avecBarnabas et Tite, et comment il fait reconnaître par les Douze la légitimité de son évangile et lindépendance de son apostolat (2, 1-10;)°.
Dans la fin du même chapitre, Paul donne une preuve du même fait qui devait singulièrement impressionner ceux qui voulaient élever les apôtres de Jérusalem bien au dessus de l’apôtre des gentils : il raconte en effet comment, à Antioche, il n’a pas craint de reprendre publique-
ment l’apôtre Pierre, que la crainte des judaïsants du.
1. Branpr (Die evangelische Geschichte.…, p. 518) croit que le séjour en
: Arabie, dont parle ici Paul, a étéune période de préparation théologique ;
Fries (Zeitschrift für die neulestamentliche Wissenschafl, 1901, pp 150- 151) croit qu'au lieu de ‘Apaéla il faut lire ici Apaéa, ville de Galilée où il aurait préché l'Évangile. | | ;
. 2. L'interprétation exacte de ce texte présente certaines difficultés de détail, dont nous n'avons même pas à nous occuper ici
parti de Jacques avait entraîné à une conduite hypocrite (27 rRss
L'impression qui se dégage de ces deux premiers chapitres de l’épitre aux Galates, que nous venons d'étudier, est parfaitement nette. L'apôtre déclare avec une énergie saisissante qu'il est apôtre au même titre que les Douze,
puisqu'il a été appelé directement par Dieu sans l'intervention d'aucun homme. La conversion de Paul est donc, d’après l’épître aux Galates, une révélation directe de Dieu, immédiatement parfaite et qui n’a eu besoin d’être complétée par rien.
Ï Cor., 15, 1-11 ;. Dans ce fragment, Paul ne parle pas directement de sa conversion, mais de la résurrection de Jésus Christ, et en particulier des apparitions accordées aux autres apôtres et à lui-même. Le passage est impor-
tant pour nous, parce qu'il y a de fortes raisons de pen- ser que le fait que Paul rapporte en disant qu'il a vu ie Seigneur, n’est pas autre chose que l'expérience de laquelle est sortie sa conversion.
Le passage que nous étudions se présente comme un résumé de l'évangile que l’apôtre a prêché. Les points principaux qu’il énumère sont relatifs à la mort et à la résurrection du Christ’. Dés les premiers mots, nous rencontrons une sérieuse difficulté. « Je vous ai transmis,
dit Paul, ce que j'ai reçu moi-même » (rp#uxa... à xx
1. On peut se demander si c’est intentionnellement que Paul s’est limité à ces deux points, ou s’il avait primitivement l'intention d'en énumérer d’autres, intention qu’il aurait perdue de vue en introduisant le dévelop-: pement 15, 12-58 ; sur la résurrection des morts. Dans ce cas on aurait ici une construction identique. à celle de Rom., 3, 2 ss. où Paul annonce une énumération des prérogatives du peuple juif, et où lindication du premier privilège d'Israël, la possession des oracles divins, amène une digression qui fait perdre de vue à Paul son plan primitif.
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mapélaoy 15,3;). De qui Paultient-il donc ce qu'ilprêche ?
À cause du parallélisme des termes rap{wxa et rapéhaéor, 1] faut songer au sens : J'ai reçu d'hommes, mais comment concilier cela avec l'affirmation si nette de Paul, qu'il tient son évangile de Dieu seul? Le plus vraisemblable est d'admettre que Paul ne songe ici qu'aux faits extérieurs, aux traditions relatives à la mort et à la résurrection de Jésus-Christ qui circulèrent de bonne heure à Jérusalem, et dont il put avoir connaissance, même avant sa conversion, ce que Paul tient directement de Dieu, étant non pas un récit quelconque de la résurrection, mais la certitude de la réalité de cette résurrection. On peut objecter que cette interprétation du mot rapéhañor manque de rigueur, mais il est facile de répondre à cela qu’une interprétation rigoureusement grammaticale de ce passage conduirait à des absurdités. Grammaticalement en effet, le mot rapfa$oy porte sur l'ensemble des versets 3 à 8, il faudrait donc admettre que c’est aussi par tradition que Paul sait que le Christ lui est apparu à lui même, ce qui est tout simplement absurde. Il faut donc nécessairement limiter le sens du mot r#ha8o ; est-il beaucoup plus arbitraire de le limiter en compréhension que de le limiter en extension ? Il faut de plus ajouter que Paul n’a jamais cru que le simple fait de recevoir la tradition évangélique suffise pour devenir chrétien, mais il a toujours enseigné que l’action de l'esprit, c’est-à-dire du Christ glorifé, était indispensable pour que la foi puisse naître'. Paul est donc parfaitement en droit de dire qu’il netient rien des hommes, puisque ce qu’il leur doit, ce sont seulement
1. GunxeL, Die Wirkungen des heiliven Geistes; STEFFEN, Das Verhältnis von Geist und Glauben bei Paulus (Zeitschrift für die neutestamentliche Wissenschaft, 1901).
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62 PREMIÈRE PARTIE. — \LES FAITS des traditions qui n’ont pas en elles-mêmes de puissante probante, mais qui la reçoivent tout entière de ce : que Paul appelle la démonstration « d'esprit et de puissance» (I Cor., 2, 4;). |
Les faits que en mentionne comme les points essentiels de la foi chrétienne sont : la mort du Christ pour les péchés des hommes, son ensevelissement, sa résurrection au troisième jour. Celle-ci est démontrée par les apparitions de Jésus. Paul en énumère cinq antérieures à celle qu’il a eue lui-même : d’abord à Cephas, puis aux Douze, ensuite à plus de cinq cents frères, enfin à Jacques, le frère du Seigneur, et à tous les apôtres. Ce n’est qu'après cela que le Seigneur apparaît à Paul!. Il suffit de lire le texte pour se convaincre que Paul ne fait absolument aucune différence entre l’apparition qu’il a eue et toutes celles qui ont précédé. Le seul fait particulier qu'il relève, c’est son indignité. « Je suis le plus petit des apôtres, écrit-il, je ne suis même pas digne d’être appelé apôtre, car j'ai persécuté l'Église de Dieu » (rs, 9;). Cette apparition qu’a eue Paul du Christ ressuscité, doit-elle être identifiée avec la révélation dont nous parle l’épître aux Galates? Les faits mentionnés dans ces deux textes sont beaucoup trop mystérieux pour qu'il soit possible de raisonner sur eux avec une entière certitude. Il y a tout lieu cependant de croire qu’il faut les identifier. Dans le premier chapitre de l’épitre aux Galates, Paul s'attache à démontrer qu'il est réellement apôtre. Directement appelé par Jésus Christ, il n’est pas admissible, qu'ayant eu une appatition du Christ ressuscité, il ait gardé le silence sur un point d’une telle importance. Il y
1. Parlant de l'apparition qu'il a eue, Paul emploie le mot Zsyzxov.; cela prouve seulement qu'il ne connaissait pas d’apparition postérieure, mais n'indique nullement qu’il ait considéré l'ère des apparitions comme close.
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> a‘donc tout res de supposer que c’est à cette apparition qu'il fait allusion, quand il dit que Dieu a révélé son Fils en lui (Gal., 1, 16 ;). | Il ne nous est malheureusement pas possible de défi- nir avec une entière précision le phénomène dont Paul parle. Un point cependant peut être relevé : Paul em- ploie &+0n avec un datif, ce qui, nous semble-t-il, in- | dique nettement le caractère subjectif du phénomène dont il s’agit. Pour Paul, il n’y a pas eu seulement le phénomène de vision par lequel l'œil perçoit un corps placé devant lui, mais action du Christ. En d’autres termes, c'est moins l'individu qui voit le Christ, que le Christ qui se montre et qui se manifeste à lui.
Philippiens, 3, 7-11;. 1] y a aussi dans l’épître aux Philippiens une allusion à la conversion de Paul. L’apôtre combat ses adversaires judaïsants, ceux qu’il appelle les chiens, les mauvais ouvriers, la fausse circoncision (3, 2;). Contre eux, ilaffirmequ'ilne faut passe confier enla chair, mais en Christ (3, 3;). À ce propos, il énumèére les raisons qu’il avait de se confier à la chair (3, 4-6;), puis raconte le changement qui s’est produit en lui. « Ce qui était pour moi un gain, dit-il, à cause du Christ, je l'ai re-
gardé comme une perte » (3, 7;). Il va même jusqu’à dire : - que tout est pour lui une perte à cause de la surabondance de la connaissance de Jesus Christ, le Seigneur (3, 8;). Le point de départ de cette transformation radicale dont parle ici l’apôtre, c’est certainement sa conversion. Mais Paul, au moment où il écrit aux Philippiens est arrivé à la fin de sa vie et de son ministére, et c’est aussi vraisemblablement toutes les expériences de sa vie de chrétien qu’il résume dans le passage qui nous occupe. | Notons encore ici quelques passages qui, bien que
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moins importants, fournissent cependant quelques lumières sur l’idée que Paui s'est faite des origines de sa foi et de son apostolat. | |
Î Cor., 1, 1; I Cor., 1, 1;. Dans la salutation de ces épiîtres, Paul s'appelle lui-même « appelé à être apôtre par la volonté de Dieu » ; Timothée le cosignataire de la lettre, est appelé seulement « le frère » (cf. Rom., 1, 1.5; Col., 1,1; Ephes., 1, 1;). En affirmant que Christ ne l'a pas envoyé baptiser (I Cor., 1, 17;), Paul affirme aussi que Christ l’a envoyé évangéliser.
L Cor., 9, 1.23. « Ne suis-je pas libre? demande Paul, ne suis-je pas apôtre? n’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? n'êtes-vous pas mon œuvre dans le Seigneur? » Telle est la réponse que fait Paul à ceux qui contestaient son apostolat. Il établit, on le voit, un rapport étroit entre cet apostolat et la vision qu’il a eue du Christ.
IL:Gor, 15,5: 12,12; Dans ces deux passages, Paul affirme qu’il ne le cède en rien aux apôtres de Jérusalem, à ceux qu'il appelle par dérision « les archiapôtres » (ci drspMav dmosroko!) ; il rappelle aux Corinthiens qu'il a accompli parmi eux les miracles auxquels se reconnaît un apôtre.
Il est facile de nous représenter au moyen des textes que nous venons d'étudier et de citer, l’idée que Paul s’est faite de son apostolat. Il a cru avant tout qu'il avait été directement appelé à être apôtre, de même que Pierre, Jean et les autres avaient été directement appelés par Jésus; il n'a jamais admis que des hommes aient été pour quelque chose dans sa vocation de chrétien et d’apôtre. Quant à la forme prise par sa conversion, Paul dit que Dieu a manifesté son Fils en lui, ou bien que Jésus s’est révélé à lui, ou encore qu’il a vu le Seigneur. Dire ce qu'a été ce fait mystérieux n’est pas le rôle de l’historien. Ce
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| qui est certain et très clair, c'est que Paul a attribué sa
conversion à un acte de Dieu et du Christressuscité, acte dont la traduction dans sa conscience a été l'expérience de la résurrection du Christ.
Nous avons maintenant à nous demander ce que vaut
le témoignage de Paul que nous venons d'étudier. Ce n’ést pas qu'il nous vienne à l'esprit de contester la sincérité de l’apôtre, mais il pourrait qu’il se soit fait, dans une certaine mesure, illusion à lui-même.
Un premier fait qui semble autoriser ce soupçon, c’est .que les affirmations de l’apostolat de Paul manquent au commencement de son ministère. La première épître aux Thessaloniciens commence par ces mots : « Paul, Silvain, Timothée, à l'Église de Thessalonique » (I Th. 1,1;). Toutes les affirmations de Paul relatives à son apostolat se trouvent dans les épîtres aux Galates et aux Corinthiens. Cela est sans doute fort naturel, puisque ces épîtres ont été écrites à un moment où l’apostolat de Paul était contesté, et précisément pour répondre aux attaques dont il était l’objet. Mais il n’en reste pas moins fort possible que la conscience que Paul avait de son . apostolat, si elle n’est pas née à ce moment-là, s’y soit au moins précisée et renforcée. Ce qui rend cette conclusion probable à nos yeux, c’est qu'il y a certainement quelque exagération dans les affirmations de Paul sur l'indépendance de son apostolat. Quand il dit qu'il ne - doit absolument rien aux hommes, on peut opposer des faits à son affirmation. Nous montrerons au chapitre suivant que Paul a connu un certain nombre de paroles de Jésus et de faits de sa vie, qu'il doit certainement à la tradition. Il convient donc d’user de prudence en interprétant les textes de Paul relatifs à son apostolat et à sa conversion. Mais une chose reste certaine, c’est qu'il