‹ L'apôtre Paul et Jésus-ChristChapitre 23 sur 111 · I. — Les faits de la vie de Jésus · texte numérisé non relu

I. — Les faits de la vie de Jésus

Comme le remarque avec raison Drescher, une étude approfondie des épîtres de Paul révéle que l’apôtre est plus familiarisé avec la vie de Jésus, qu’une lecture superficielle de ses épitres pourrait le faire croire ‘.

Nous constatons tout d’abord que Paul sait que Jésus est un homme : « C’est par un homme », dit en effet la première épître aux Corinthiens à propos de lui, « qu’est venue la résurrection des morts» (I Cor., 15,21; cf. Rom.s, 15;). Paul dit la même chose quand s écrit aux Galates que « Dieu a envoyé son Fils, né de la femme » (Gal., 4, 4;)". Précisant davantage, Paul nous apprend que Jésus appartient à Israël, il est le descendant par excellence d'Abraham, et, comme tel, héritier des promesses faites au patriarche (Gal., 3, 16;). C’est le privilège du peuple d'Israël de lui avoir donné naissance (Rom., 9, $ ;). Dans le peuple juif, il appartient à la famille royale de David (Rom. 1, 3;). De même qu'il fait partie du peuple juif par

1. Ouv. cité, p.1. In Wabrheïtistes ein recht stattliches Material, dass uns die paulinischen Briefe tiber das Leben Jesu bielen; Werzsxcker (Das apostolische Zeitaller, p. 118) dit de même : Paulus hat unxweifelhaft die evangelische Ucberlieferung von Jesu gekannt, cf SCHMOLLER, art cité, p. 665.

2. Certains auteurs estiment à tort selon nous, que dans ce passage, Paul pense à la naissance surnaturelle du Christ, ainsi NÔsGEN, art. cé, p 59); LUTHARDT, Kompendium der Dogmatik, 10° éd. Leipzig, 1900, p. 193.

Au contraire, SABATIER : L'apôtre Paul, pp 415 ss. ; LogsreiN, Die Lehre von der tibernatürlichen Geburt Christu Fribourg, 1896, p. 16ss SCHMOLLER (art.

cité, p 668); Drescaer (ouv cilé, pp. 11-12); le R. P Rose (Revue biblique internationale, 1903. p. 343) croient que Paul ne fait ici aucune allusion à cette idée. Cf. ce que nous en disons plus bas.

cœ QUE PAUL CONNAÎT DE LA VIE ET DES PAROLES | DE pÉsus Te \

ses origines, Jésus lui appartient encore par sa soumission à la loi. Il est en effet né sous la loi(Gal., 4, 4;)' et a été le serviteur de la circoncision (Rom., 15, 8;)°.

Quant à l'essence même de Jésus, nous n’avons pas à nous en occuper ici’. Disons seulement que Paul, entièrement d’accord en cela avec les Évangiles, appelle Jésus le Fils de Dieu, et qu’il le considère comme le Messie promis à Israël”.

Paul ne donne nulle part d'indication sur le lieu de la naissance de Jésus, ni sur ses parents. Il dit seulement qu’il estné de la femme (Gal., 4, 4;), mais ne nomme ni son pére, ni sa mére. Par contre, il parle de ses frères. Il les mentionne d'une manière générale dans la première épître aux Corinthiens, à côté des apôtres, et il semble bien d’après ce qu'il dit d'eux, qu'ils aient occupé dans l'Église de Jérusalem une position analogue à celle des apôtres . « N’ai-je pas le droit, écrit Paul, d'emmener avec moi dans mes voyages une sœur qui soit ma femme, comme le font les autres apôtres et les frères du Seigneur?» (E Cor. 9,4. 5 ;). Parmi ces frères du Seigneur, il nomme

1. Paul veut dire par là que Jésus est toujours resté soumis à la loi. Ceci s’accorde pleinement avec ce que les Évangiles nous apprennent. Il est vrai qu'ils nous présentent Jésus se révoltant contre les exigences du pharisaïsme et opposant l'autorité de sa conscience à celle de la loi (Marc, 2, 23-28 p. ex.), mais le désaccord ici est plus apparent que réel Paul se place à un point de vue très général qui n'exclut pas une protestation de Jésus contre une interprétation trop littérale de la loi.

2 Dans ces polémiques contre les judéo-chrétiens, Paul n'invoque jamais l’autorité de Jésus. On peut toutefois admettre avec PARET (art. cité, p. 34) et DRESCHER (ouv. cifé, p. 21), que Paul devait être certain de n'avoir contre lui aucune parole expresse de Jésus.

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